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    Settat: Un inquiétant taux de mortalité!

    Par L'Economiste | Edition N°:2747 Le 02/04/2008 | Partager

    . Record: une cinquantaine d’unités en friche . Problème numéro 1: le foncierD’année en année, le site industriel de Settat perd ses unités. A lui seul, le nombre d’usines en friche est inquiétant dans la capitale de la Chaouia. Concrètement, sur les deux tranches que compte la ZI, le taux de valorisation est aux alentours de 40%. Sur la première tranche de la zone par exemple, 34 lots seulement sont en activité, alors que 49 sont en friche. Parmi les usines fermées à l’entrée du site, Steve Diffusion, une manufacture de Joseph Marciano. Homme d’affaires actuellement en procès contre les héritiers de Guédira, l’ex-conseiller de feu Hassan II (www.leconomiste.com). Dans le détail, l’on ne compte plus que 10 unités opérationnelles dans cette tranche située à la sortie de la ville et qui longe la RN 9, menant vers Marrakech. Pour les deux tranches, à ce jour, les lots complètement en arrêt de production sont au nombre de 39 unités. A ceux-là s’ajoutent des lots attribués restés nus au nombre de 15 et 5 autres attribués mais qui n’ont jamais fonctionné. Pour leur part, 13 lots sont en arrêt de construction depuis des années. De nombreux industriels sont en état de fuite ou recherchés, et la lenteur des procédures de liquidations judiciaires dissuade tout investisseur potentiel, se plaint-on à Settat. En attendant, pas de lots disponibles tant que la justice n’a pas encore tranché sur le sort des unités fermées. «A eux seuls, les litiges fonciers non résolus coûtent quelque 23 millions de DH à la ville», déduit une étude récente. Des démarches sont entreprises pour apurer au cas par cas la situation des usines fermées. Rappelons que dans les années 80-90, Settat -dont est originaire l’ex-homme fort du régime, décédé, Driss Basri- avait connu une grande attractivité et des incitations fiscales. Il s’agissait notamment d’incitations étatiques pour impulser l’investissement dans cette région. En plus de lignes de crédit débloquées et des facilités dans l’acquisition de lots. Une générosité qui a produit l’effet inverse 20 ans plus tard. Pourtant, des fleurons de l’industrie nationale sont basés à la ZI de Settat. Parmi eux, Settavex, Cristalstrass, Roca, Beldinde (Koutoubia), Indusalim, Capsolaire (chauffe-eau), Béton Ingineering... Des success stories devenues en si peu de temps une fierté nationale. Aujourd’hui, les grandes opportunités industrielles de Settat sont dans les possibilités d’extension de ces leaders. Sauf que, là encore, le problème de saturation se pose avec acuité. L’on étudie la possibilité d’une extension de la réserve foncière. La commune vient d’ailleurs d’acquérir 20 ha à cet effet à proximité de la ZI. Notons que la région de Settat compte un grand nombre de zones: Berrechid, Sahel, Had Soualem, Ben Ahmed, Bouznika, Lakhyayta, Tamedrosst... Pour réanimer le site industriel (chef-lieu) qui pâtit déjà de la vive concurrence de Tanger, perçue plus comme une menace, une étude a été réalisée afin de renouer avec l’attractivité et booster le potentiel de développement dans la région. Un diagnostic a été établi pour les besoins d’une stratégie de repositionnement de la ZI. Selon les résultats du diagnostic, de nombreuses menaces planent: à leur tête, la vive concurrence que livrent les zones de Tanger plus attractive, Berrechid, Marrakech, Nouaceur et Mohammédia... Cette dernière dispose de l’avantage logistique (proximité du port sec de Zénata). En l’absence d’un plan de sauvetage économique, «la taille de la ville risque de s’éclipser face aux autres», précise l’étude. La dynamique économique est très faible ces dernières années, ce qui se traduit déjà par des taux importants de chômage de jeunes diplômés ainsi qu’une inadéquation de la formation avec les nouveaux métiers. La saturation des lots industriels et des lots prêts à l’usage bloque complètement le potentiel d’investissement. Selon l’état des lieux, les rejets et autres effluents chimiques en plus de l’absence de plateforme logistique sont devenus plus préoccupants.Pour sortir de cette léthargie économique et s’adapter aux nouveaux besoins industriels (services, commerce...), la délégation de l’industrie et du commerce de Settat a élaboré une stratégie de développement économique et social pour plus de visibilité sur 3 ans. La stratégie porte sur la création de 3.000 emplois, deux grandes entreprises industrielles par an, 150 établissements métiers, 60 établissements BTP. . StratégieEn outre, l’on compte créer en moyenne 600 entreprises (PME-PMI) par an. Pour accueillir ces investissements et pallier le déficit foncier, l’ambition est de trouver 15 hectares par an jusqu’ à 2010 afin d’abriter les futurs lots. Un plan d’action a été mis en place pour identifier de nouveaux sites, pour les besoins de l’extension. Le redéploiement de la ZI offre la possibilité de développer des grappes industrielles autour du textile et du câblage automobile. «Le redéploiement n’aura d’intérêt que s’il s’inscrit dans une cohérence avec les orientations du plan Emergence», tient à préciser Hassan Moumarin, délégué du commerce et d’industrie. C’est la raison pour laquelle un appel d’offres sera lancé incessamment pour valider le positionnement des sites, annonce Moumarin. Il faut dire que de nombreux observateurs sur place sont très sceptiques quant à la convergence entre les décisions centrales de Rabat (stratégies ministérielles) et la réalité sur le terrain. «On est à des années lumière des recommandations du plan Emergence», renchérit-on sur place. Dans la logique du repositionnement industriel, l’agro-industrie a été identifiée comme étant un pôle de développement. «Nous tenons à garder la vocation agricole car la région regorge de potentiel. Elle compte plusieurs unités agroalimentaires (ndlr: minoteries, beurre, boissons, charcuteries...)», précise le délégué régional du MCI. Dans le sillage de la convergence avec Emergence, la région de Settat a identifié de nouveaux pôles de développement qui seront arrimés à des projets locomotives. Ainsi par exemple, Lakhyayta sera positionnée dans l’agroalimentaire, Fiasset (sortie Settat vers Marrakech) dédiée à un pôle logistique, Tamedrosst sera pour sa part une plateforme de composants automobiles. Enfin, Ben Ahmed abritera les industries du cuir. De sources sûres, un opérateur européen de renommée mondiale est en pourparlers avancés avec les autorités de Settat. L’investissement portera sur un parc industriel intégré. «Il s’agit d’une délocalisation sur ce site d’un opérateur dans l’aéronautique en plus de délocalisations espagnoles dans l’agroalimentaire et l’automobile. Une nouvelle ville qui nécessite des investissements en sites intégrés», précise un responsable sur place qui requiert l’anonymat. La concurrence entre zones industrielles est très acerbe. La moindre indiscrétion peut coûter l’annulation d’un projet. Les industriels étrangers requièrent une grande confidentialité pour éviter des polémiques liées aux délocalisations en Europe.


    Fiche technique

    La 1re tranche de la zone industrielle de Settat a été créée en 1989. Aujourd’hui, le site est en pleine réhabilitation (enclenché en 2006, l’état d’avancement à ce jour est de 90%). Restent la signalisation et services en commun. Les principaux atouts de la ZI résident dans son tissu industriel assez diversifié et sa situation géographique: desservie par le rail et la route, la ville est à trois quarts d’heure de Casablanca, du port, proche de l’aéroport de Benslimane, à 25 minutes de l’aéroport de Casablanca. Un réseau autoroutier et ferroviaire assez important avec le dédoublement de la voie ferrée et le projet de train à ligne rapide (grande vitesse avec des investisseurs italiens) Settat-Marrakech qui sera opérationnel dès 2012. Par contre, l’autoroute Casa-Marrakech fait que l’on ne s’arrête plus à Settat. La ville est généralement contournée. D’où le projet d’un échangeur au niveau de Machraâ Benabbou. La vision consiste à multiplier les accès à la ville.Le coût du mètre carré est des plus bas à la ZI de Settat: 90 DH le m2 pour la 1re tranche et 160 DH pour la seconde partie.


    Quand Berrechid fait de l’ombre à Settat

    Paradoxalement, Berrechid est mieux lotie que Settat. Elle emploie plus que le double comparée au chef-lieu de la Chaouia (10.000 postes contre seulement quelque 4.000 à Settat). En même temps, le terrain est plus cher à Berrechid qu’à Settat compte tenu de la proximité avec Casablanca (250 DH/m2). Le taux de valorisation à Berrechid est de 67,5% contre seulement 44% à Settat. A l’origine de cette dynamique, une situation géographique avantageuse, une proximité avec les grands fournisseurs, en plus d’importantes infrastructures (aéroports, voie ferrée, autoroutes et route nationale, proximité des ports de Casablanca et de Jorf Lasfar...) et un programme de réhabilitation en cours d’achèvement (digues, assainissement, voirie, éclairage... soit 29 millions de DH). La main-d’oeuvre qualifiée est un autre atout de taille à Berrechid. Ce qui a valu à la ZI l’implantation de grands opérateurs industriels (Scania, Valeo, Sews Cabind, Savola, Nivea, CFCA...)Aujourd’hui, la zone rencontre de sérieux problèmes: la saturation des lots. Toutes les nouvelles demandes restent insatisfaites, signale-t-on. Le site industriel étant bloqué par la voie ferrée d’un côté et la route nationale de l’autre. D’où l’impossibilité d’une extension sur le même site. Or, l’avenir de la ville de Berrechid est intimement lié à sa zone industrielle. «Si Berrechid existe en tant que ville c’est bel et bien grâce à son activité industrielle», précise Hassan Moumarin, délégué du commerce et de l’industrie.Outre le foncier, les rejets industriels et le réseau d’assainissement sont une autre problématique de taille à Berrechid vu le risque de pollution de la nappe phréatique. Pour la survie du tissu industriel, une stratégie récente réalisée à Settat en partenariat avec les industriels de Berrechid prévoit des extensions de la ZI (à raison de 50 ha/an en lots industriels jusqu’à 2010), la création de 15 PME pendant 3 ans, l’implantation de 2 à 3 grandes entreprises industrielles par an et, par ricochet, la création de pas moins de 3.500 emplois directs par an. A. R.

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