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    Economie

    Settat: Du gaz butane pour l’irrigation

    Par L'Economiste | Edition N°:2924 Le 19/12/2008 | Partager

    . 4.000 hectares irrigués par des moteurs à gaz. Une pratique qui s’est vite développée dans la région. Pourtant, le gaz est subventionné pour usage domestique uniquementIngénieux, les fellahs? Certainement. Depuis ces dernières années, ils ont, en effet, trouvé la parade pour réduire le coût de l’irrigation. Qui de nous n’a pas constaté les amoncellements de bonbonnes de gaz butane sur les champs notamment de la région de Settat? Il faut reconnaître que le phénomène, ou plutôt cette pratique, est apparu d’abord dans la région de Chichaoua. Curieusement, c’est dans cette région que l’on trouve le plus grand nombre de voitures roulant au gaz butane. Plus de 90% des taxis de la région sont effectivement équipés de systèmes pour alimenter les moteurs en gaz. Après, la «formule» a été adaptée aux moteurs diesel servant dans l’irrigation. Dans la région de Settat, ce sont quelque 4.000 hectares qui sont irrigués de la sorte, soit 90% de l’ensemble du périmètre irrigué. Les agriculteurs, principalement les maraîchers, ont muni leurs moteurs diesel du système d’alimentation en gaz. «Cela coûte beaucoup moins cher que le gazoil», souligne un fellah. Les coûts d’irrigation sont, en effet, réduits de 40% en utilisant le gaz. Mais il n’y a pas que cela. Les agriculteurs ont été encore plus encouragés par les sociétés d’embouteillage et de production de gaz butane. Ces dernières assurent la livraison à «domicile» sans frais supplémentaires. C’est-à-dire sur les champs mêmes. Là encore les fellahs font l’économie du transport de carburant. Mieux encore: les distributeurs accordent aux agriculteurs des facilités de paiement. Echelonnement des factures ou encore attente jusqu’après la récolte.A noter que pour irriguer un hectare de maïs, il faut 100 bonbonnes de gaz butane. Les agriculteurs de la région affirment qu’ils ont recours à cette «technique» parce que les coûts de l’électricité et du gazoil sont élevés. En plus du fait, que leur livraison n’est pas régulière. La solution est donc l’utilisation des moteurs transformés. Il suffit seulement de changer une petite pièce mécanique pour «convertir» un moteur diesel en moteur alimenté en gaz butane. La pièce en question ne coûte pas plus que 400 DH. Elle est généralement «importée» d’Europe, principalement d’Italie. Et il se trouve que de nombreux agriculteurs ont leurs enfants installés dans ce pays. Cependant, la durée de vie des moteurs ainsi équipés ne dépasse guère les deux années. Mais, entre-temps, l’agriculteur aura eu le temps d’amortir son investissement et de s’assurer de grandes marges bénéficiaires. Toutefois, il y a le revers à la médaille. En effet, le fellah prend de sérieux risques en gardant son «stock» de bonbonnes tout près du moteur. Celles-ci peuvent effectivement subir des avaries et exploser à tout moment. Certes, en l’absence d’une véritable stratégie d’encouragement de l’irrigation dans cette région qui ne profite nullement des barrages qui y ont été construits, l’agriculteur cherche à exercer son activité à moindres frais. Surtout que le forage d’un puits nécessite un investissement de plus de 80.000 DH, auquel il faut ajouter tous les frais d’équipement en moteur et pompe immergée. Cela pour un puits dont la profondeur ne dépasse pas 70 mètres. Au-delà, les coûts augmentent sensiblement. Quand on sait que dans la région, il faut forer en moyenne une centaine de mètres pour arriver à la nappe phréatique, on se rend compte du «lourd» investissement qui doit être supporté par le fellah. Ceci étant, une question reste cependant en suspens: le gaz butane est subventionné par l’Etat uniquement pour un usage domestique. Et au moment où l’on parle d’un stock de gaz de seulement 25 jours, voilà qu’ici et là, fellahs et grands exploitants se mettent en porte-à-faux de l’intérêt national. Tout aussi bien que les distributeurs de bonbonnes de gaz. En fait, ont-ils le droit de vendre autant de bouteilles à la fois et à la même personne tout en sachant que les bonbonnes sont destinées à un usage non domestique? Difficile de répondre par l’affirmative à cette question. Parce qu’il n’y a pas un texte précis réglementant cette activité. Aucune loi ne stipule, en effet, qu’il est interdit de vendre du gaz butane en grande quantité à des particuliers, fellahs ou autres. «Tout ce qui intéresse les distributeurs, c’est le profit et ils ont un sacré marché avec les moteurs à gaz de la région de Settat», affirme un responsable local. Avant d’ajouter que «du moment que personne ne s’est plaint de cette pratique, les choses continueront ainsi». Au grand dam de la Caisse de compensation, bien sûr.Jihad RIZK

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