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    Economie

    Séminaire de l'Us Wheat : Blé: Les Américains font le forcing au Maroc

    Par L'Economiste | Edition N°:221 Le 14/03/1996 | Partager

    Avec la prochaine libéralisation de la filière céréalière, les opérateurs américains préparent le terrain. Pour augmenter leur part de marché, ils entretiennent un contact serré avec les importateurs et utilisateurs. L'Us Wheat et l'Ambassade américaine se sont déplacés pour présenter leur marché et les opportunités d'importation.


    La libéralisation de la filière céréalière, notamment celle du blé tendre, est annoncée pour le 1er mai 1996. Les mesures d'accompagnement, prévues et réclamées par les professionnels, minotiers et producteurs locaux, ne sont pas encore en place. Même si rien n'indique que le délai sera respecté, les producteurs étrangers, notamment américains, se préparent activement à cette perspective pour accroître leur part du marché marocain. En collaboration avec l'IFIM (Institut de Formation en Industrie Meunière), la représentation régionale de l'Us Wheat dirigée par M. George Galasso a ainsi organisé le 7 mars un séminaire consacré à la commercialisation des céréales. Il s'agissait pour l'organisme américain de mettre en relief la structure du marché du blé américain, la qualité de l'offre, les opportunités offertes aux industriels pour l'importation de blé américain et de donner quelques informations sur les procédures. Les Etats-Unis constituent en effet "un poids lourd" de la production mondiale de blé. Pour la campagne 1995-1996, ils tablent sur une production de 59,5 millions de tonnes (toutes variétés confondues) et comptent contrôler 36% des exportations mondiales pour un volume de 34,7 millions de tonnes. L'offre américaine de blé sur le marché mondial est variée et le Maroc demeure aujourd'hui le 7ème client de ce pays. Les Etats-Unis y ont installé une solide structure pour y accroître leur part de marché. En effet, outre l'Us Wheat, l'Ambassade américaine abrite un département agricole chargé entre autres d'aider les importateurs marocains dans leurs démarches auprès des fournisseurs américains.

    Le cahier des charges en cause

    Certes, la réunion de Casablanca constitue une opération commerciale, mais de l'avis de M. Ghali Sebti, président du CPM, ce sont ces séminaires qui permettront aux opérateurs de la filière céréalière de se familiariser avec les blés, leurs qualités meunières et boulangères. Dans la foulée, il souligne que le système d'importation et d'achats de blés locaux est un système qui "répond à des critères complètement inadaptés aux besoins des transformateurs de blé tendre, la principale préoccupation de l'acheteur exclusif, à savoir l'ONICL, étant le prix". La libéralisation introduira de nouvelles donnes. En attendant, les minotiers déplorent les contradictions existant entre le manuel d'agréage et le cahier des charges de l'ONICL. Résultat: lorsque ces critères de qualité de blé, entre autres, ne sont pas respectés, les importateurs subissent des pénalités financières (réfaction) qui bénéficient à l'Office mais non aux minotiers.
    Parfois, la qualité des blés spécifiés dans le cahier des charges ne correspond pas toujours aux besoins des utilisateurs et des consommateurs. Pour illustration: le blé "Soft Red Winter", destiné à la fabrication des biscuits aux Etats-Unis, est utilisé au Maroc pour la préparation du pain. Ce qui avait provoqué "l'hilarité de professeurs d'universités américaines" lors d'une visite au Maroc en septembre 1994. Par conséquent, les minotiers souhaitent, à l'instar de leurs confrères tunisiens, participer à l'élaboration du cahier des charges des importations de blé et assister aux appels d'offres afin de pouvoir exprimer leurs besoins, surtout sur le plan qualitatif.
    La filière céréalière a par ailleurs commandé de nouvelles études sur les effets de la libéralisation sur tous les opérateurs et l'environnement de la minoterie. Ces études, qui seront prêtes au cours de ce mois, traiteront également de l'analyse des libéralisations déjà réalisées dans plusieurs pays d'Amérique du Sud.

    Subventions démodées

    La qualité pose donc un problème, l'aspect financier étant un autre. En l'espace d'une année, le prix du blé a en effet doublé sur le marché mondial, grevant considérablement le budget des pays importateurs. A l'origine de cette situation: la sécheresse, avec pour corollaire l'augmentation de la consommation intérieure de pays tels que la Chine qui a tiré la demande internationale à la hausse. Actuellement, ce pays concède un déficit céréalier de 13 millions de tonnes métriques, qui pourrait être porté à 15 millions à la fin de la décennie. La forte demande, conjuguée à la baisse de la production, a mis en mal les stocks mondiaux.
    Autre facteur concourant à cette flambée des prix: la jachère pratiquée au niveau de l'Union Européenne, mais aussi l'arrêt des subventions de certains pays exportateurs. Cette politique a suscité, au cours des dernières années, de fortes divergences entre les Américains d'une part, les Canadiens et les Européens de l'autre. Pour les conférenciers américains, "la tendance actuelle est de renforcer le marché libre et de ne plus accroître les subventions". Et de poursuivre "cette idée de subvention est désormais démodée et révolue". Importateurs et utilisateurs marocains sont ainsi indirectement invités à prendre en compte cette nouvelle évolution du marché international. Dans tous les cas, ils pourront jouer sur la concurrence pour obtenir de la bonne qualité et de meilleurs prix.

    Commercialisation

    Un marché libre, mais bien surveillé

    Plus de la moitié de la production américaine est vendue à l'étranger, ce qui place les Etats-Unis à la tête du peloton des pays exportateurs de blé.
    La vente et la manutention de toutes les céréales américaines sont négociées sur un marché libre, ouvert à la concurrence entre les sociétés privées d'échange et d'exportation et les acheteurs. Le marché extérieur est partagé entre trois catégories d'exportateurs. Il s'agit en premier lieu des grandes sociétés multinationales privées à intégration verticale disposant de représentants dans la plupart des pays importateurs.
    Deuxième catégorie: les sociétés multinationales privées de plus petite capacité qui ne possèdent pas ou n'exploitent pas beaucoup d'installations céréalières mais entretiennent un réseau d'agents ou de représentants dans les pays importateurs.
    Le troisième groupe comprend les sociétés coopératives ou les coopératives agricoles capables de jouer un rôle d'exportateurs viables.

    Cependant, même si le commerce des céréales est totalement libre, le gouvernement des Etats-Unis intervient par le biais d'une politique ciblée portant globalement sur les mesures d'incitation et les programmes d'ajustement de la production, de soutien des prix, d'inspection des exportations reposant sur des catégories et normes officielles pour la certification de la qualité de crédit à l'exportation (programme GSM), notamment. Par ailleurs, les autorités américaines surveillent étroitement les pratiques commerciales menées par tous les pays et octroient des aides aux producteurs si des pratiques discriminatoires gênent leur accès à ces marchés.
    La volonté de protéger les parts de marché se traduit aussi par un strict contrôle de qualité. Il a été ainsi élaboré un système de classification uniforme du blé et des autres céréales avec pour objectif de fournir à l'acheteur, aussi bien local qu'étranger, une évaluation objective et une certification officielle du gouvernement américain. La FGIS (Federal Grain Inspection Service), service fédéral d'inspection des céréales créé en 1976, constitue la pierre angulaire du dispositif. En 1994, cet organisme a été fusionné avec l'administration chargée de superviser le
    conditionnement et les animaux de boucherie mais continue néanmoins de mener ses activités officielles. La quasi-totalité des céréales américaines exportées doivent être inspectées et pesées officiellement par le FGIS qui veille à ce que les livraisons soient conformes aux termes du contrat.
    A.D.N.

    Les caractéristiques du blé américain

    Ces dernières années, les Etats-Unis ont produit environ 60 millions de tonnes de blé annuellement. Le blé est cultivé dans la plupart des 50 Etats, mais les types et quantités varient beaucoup d'une région à l'autre. Les nombreuses variétés de blé d'hiver et de printemps sont regroupées en six catégories officielles. La catégorie dans laquelle une variété se trouve est déterminée par sa dureté, la couleur de ses grains et la saison de semailles.
    · Hard Red Winter: Il représente près de 40% de la récolte et des exportations américaines de blé. Planté en l'automne, il est produit dans les sept plaines des hauts plateaux du centre des Etats-Unis (Texas, Oklahoma, Kansas, Colorado, Nebraska, Dakota du Sud et Montana). Riche en protéines et en gluten, le Hard Red Winter est utilisé pour les pains à la levure et les petits pains. Les principaux clients étrangers pour ce blé sont la Russie, la Chine, le Japon, le Maroc et la Pologne.
    · Hard Red Spring: Il est aussi utilisé pour le pain et possède la teneur protéique la plus élevée. Ce blé semé au printemps est surtout cultivé dans la région centre-nord des Etats-Unis (Dakota du Nord, Dakota du Sud, Minnesota et Montana). Ce blé compte pour plus de 20% des exportations américaines de blé.

    · Soft Red Winter: Cultivé dans le tiers oriental des Etats-Unis, il est utilisé pour les gâteaux, les pâtisseries, les pains sans levain, les crackers et les amuse-gueules. Semé à l'automne, ce blé compte pour environ 14% des exportations américaines de blé. La Chine, l'Egypte et le Maroc restent de grands consommateurs de ce blé.
    · Le blé dur: C'est lui qui donne la farine pour la semoule des spaghettis, des macaronis et d'autres pâtes. Semé au printemps, il participe pour près de 5% aux exportations américaines.
    · Hard White: C'est la plus récente catégorie de blé cultivée aux Etats-Unis. Il sert à faire des pâtes, des pains au levain et des pains sans levain. Il est cultivé en Californie, en Idaho, dans le Kansas et le Montana. A l'heure actuelle, ce blé est surtout utilisé sur le marché national, l'exportation se montant à des quantités très limitées.
    · Soft White: C'est un blé de choix pour les pains sans levain, les gâteaux, les pâtisseries, les crackers et les pâtes et il est essentiellement cultivé dans la région du Pacifique nord-ouest. Il représente un peu plus de 20% des exportations américaines, surtout à destination de l'Asie et du Moyen-Orient.

    Meriem OUDGHIRI.

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