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    Enquête

    Selon une enquête de la CFCIM : Les hausses des salaires au ralenti en 1994

    Par L'Economiste | Edition N°:160 Le 29/12/1994 | Partager

    Les hausses des rémunérations se fixent traditionnellement à la fin de l'année. L'an dernier, les entreprises n'ont que très peu ouvert les vannes avec en moyenne 6% d'augmentation des salaires. Par secteurs, le textile apparaît comme celui qui rétribue le moins correctement ses employés.

    Les entreprises se sont montrées globalement parcimonieuses au courant de l'année qui s'achève. Elles n'ont concédé que très chichement des augmentations de salaires à leurs employés. C'est ce que rapporte l'enquête annuelle de la Chambre Française de Commerce et d'Industrie du Maroc (CFCIM). Avec les temporaires (+17,5%), les cadres apparaissent comme la catégorie qui a profité de la hausse des salaires. En effet, le salaire mensuel moyen d'un cadre est passé à 17.332 DH en 1994 contre 15.906 DH en 1993, soit une amélioration de 8,2%.

    Pour les autres catégories de salariés, la rétribution moyenne n'a que très faiblement évolué. La moyenne des augmentations des salaires s'établit à 6% en 1994 alors qu'elle était de près de 7% une année plus tôt. D'après les prévisions, la tendance devrait se maintenir pour 1995. Les ouvriers et les employés devraient voir leur traitement augmenter de 6%. Quant aux cadres, ils se contenteraient en moyenne de 5% de hausse de leur rémunération.

    Textile, mauvais payeur

    Par secteurs, il ressort également de l'enquête que c'est le secteur textile qui rémunère le moins correctement la main-d'oeuvre, alors que le groupe mines-énergie et bâtiment semble celui qui, dans la moitié des cas, se montre le plus généreux. Le tableau ci-après confirme par ailleurs que les rémunérations moyennes de l'ensemble des catégories de salariés ont connu une augmentation, à l'exception de celles des agents de maîtrise et de contremaîtres. Ce qui peut paraître paradoxal, alors qu'il est établi que pour cette catégorie de cadres intermédiaires il y a une relative pénurie sur le marché de l'emploi.

    Cette ambiguïté, constate M. Armand Giancona, premier vice-président de la Chambre Française de Commerce et d'Industrie du Maroc, découle du fait qu'il y a des situations où les demandeurs d'emplois concèdent à travailler pour des rémunérations très en deçà de leurs qualifications. Le risque de se retrouver au chômage est passé par là.

    Les entreprises, plus chiches

    La baisse de la part des charges sociales dans la masse salariale constitue une autre indication importante relevée par l'enquête. En effet, celles-ci ont représenté en moyenne 23,8% de la masse salariale des entreprises en 1994 contre 26% en 1993. Le taux moyen d'augmentation de la masse salariale (salaires et charges salariales) s'établit à 7% en 1994 contre 11,2% l'année précédente. Il apparaît en outre que les entreprises consacrent 3% de la masse salariale aux diverses indemnités versées au personnel.

    La plus grosse part des indemnités revient au transport (47% du total), suivi juste après par le logement (46%). Dans leur grande majorité, les entreprises accordent à leurs employés la prime dite de treizième mois de salaire. L'enquête révèle que ce système de gratifications est devenu quasi-généralisé. Dans certaines entreprises, notamment les banques, ces primes traditionnellement accordées à la fin de l'année, peuvent aller jusqu'à trois, voire quatre mois de salaire pour certaines catégories d'employés. Vus sous l'angle sectoriel, les résultats de l'enquête montrent que c'est dans le secteur textile que les salariés sont le moins bien rémunérés, ce qui dénote les difficultés et la régression connues par ce secteur. Il semblera également que ce soit l'activité la plus fragilisée par la concurrence internationale, celle de pays de l'Europe centrale et orientale et de la Chine dont les coûts salariaux sont très faibles. Les employeurs n'y observent pas toujours la réglementation en matière de salaires. De très nombreux employés dans la confection seraient rémunérés en dessous du SMIG. Pour le reste, le résultats de l'enquête font ressortir l'évolution du coût de la vie des cadres (vivant en couple avec deux enfants à charge). Sur la période de six mois couverte par l'enquête, on constate une hausse de 3,2% du coût de la vie, soit 6,4% en rythme annuel. L'augmentation moyenne des rémunérations de cadres (8,2%) en 1994 devrait compenser ce renchérissement du coût de leur quotidien.

    Abashi SHAMAMBA

    Evolution des salaires moyens en 1993-1994
    Catégories
    Salaire moyen 93
    Salaire moyen 94
    Variation (%)
    Ouvriers temporaires

    Ouvriers spécialisés

    Ouvriers qualifiés

    Employés

    Secrétaires

    Contremaîtres et agents de maîtrise

    Cadres

    Ingénieurs

    1.619
    3.336
    3.622
    4.404
    4.432
    8.921

    15.906
    19.838
    1.903
    3.434
    3.651
    4.485
    4.537
    8.215

    17.332
    20.706
    17,5
    2,9
    0,8
    2
    2,4
    -8

    8,2
    4,2

    Source : Chambre Française de Commerce et d'Industrie du Maroc

    Echantillon de l'enquête

    Réalisée avec le concours du Junior Club, entreprise de l'Ecole Française des Affaires, l'enquête a porté sur un effectif de 748 entreprises adhérant à la C.F.C.I.M. Le chiffre d'affaires minimum de 5 millions de DH est le second critère retenu dans la sélection. Au total, 89 entreprises ont répondu à l'intégralité du questionnaire. L'enquête a couvert huit branches d'activités: textile et cuir, commerce, électricité-électronique, imprimerie et édition informatique, agro-alimentaire, services, mines-énergie, bâtiment et IMME. II est à noter que seule la région de Casablanca est concernée par l'enquête. L'objectif visé est d'appréhender l'évolution des salaires et autres primes et avantages s'y rapportant et de dégager les tendances pour 1995.

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