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    Sel alimentaire : Les omissions de la stratégie de l'iodation

    Par L'Economiste | Edition N°:217 Le 15/02/1996 | Partager

    Les inquiétudes persistent toujours parmi les producteurs de sel alimentaire. En effet, à quelques mois de rentrée en application du décret relatif au sel iodé, seuls 17 producteurs, sur les 30 concernés par l'iodation, ont pu bénéficier des machines financées par l'UNICEF. Des clients ont pourtant déjà commencé à émettre des commandes de sel iodé.

    La campagne de communication relative à l'iodation du sel n'a pas encore démarré. Et pour cause, tous les producteurs ne sont pas encore parvenus à acquérir le matériel nécessaire: machines et produits d'iodation. Jusqu'à présent, seuls 17 producteurs de sel alimentaire, sur les 30 concernés par l'iodation, ont reçu les machines promises par le Ministère de la Santé Publique (MSP) et financées par l'UNICEF.

    A quelques mois de l'entrée en application du décret du 12 décembre 1995 relatif à l'iodation du sel alimentaire, les critères retenus par le MSP au niveau de l'octroi des machines suscitent toujours des interrogations parmi ceux qui n'en ont pas bénéficié. Notamment des producteurs installés dans la région de Taza. Ils ont pourtant formulé des demandes de machines.

    D'après le Ministère de la Santé Publique, seules "24 demandes ont été formulées". Ces demandes devaient répondre à des critères établis conjointement par le MSP et le Ministère de l'Energie et des Mines. A cet effet, un questionnaire était proposé aux producteurs. Parmi ces critères figure tout d'abord le lieu de distribution du sel produit par l'exploitation. En fait, ce critère est déterminé par l'objectif qui a justifié au départ l'enclenchement de l'opération d'iodation. Il s'agit de l'éradication des troubles dus à la carence en Iode (TDCI). Les informations recueillies à ce niveau devaient permettre de savoir si l'exploitant allait vendre son sel dans une région à moyen, à bas ou à haut risques. Les autres critères énumérés par le MSP correspondent au délai de mise en oeuvre de l'opération d'iodation, à la capacité de production, à l'électrification du site d'exploitation ainsi qu'au prix de vente du sel iodé. Par ailleurs, les producteurs, qui avaient à remplir les questionnaires, étaient également interrogés sur "leur disponibilité à participer financièrement à la promotion du sel iodé au Maroc".

    Les 17 demandes "qui ont satisfait aux critères" correspondent à des unités installées dans les villes de Souk EI Arbaâ (2), Tanger, Laâyoune, Rabat, Meknès, Essaouira, Beni-Mellal, Casablanca (2), Taza, Demnat, Marrakech El Haouz. S'y ajoutent les trois unités pilotes qui avaient pu bénéficier au départ des machines d'iodation. Ces unités sont localisées dans les villes de Taza, Marrakech et Azilal.

    "Des négociations en cours entre le MSP et l'UNICEF devraient permettre d'obtenir des machines pour les producteurs qui restent". Sur ces négociations, les producteurs ne comptent pas trop. "Nous avons déjà commencé à nous enquérir sur la possibilité de fabriquer localement les machines", indique un producteur à Taza. Des démarches ont également été entamées sur la possibilité d'importation de l'iodate de potassium.

    En fait, les producteurs ne sont pas seulement préoccupés par l'acquisition de matériel et le démarrage de l'iodation avant la date butoir du 20 juin 1996.

    Les inquiétudes portent également sur la dimension commerciale de l'opération d'iodation. En effet, la campagne de communication sur l'iodation du sel n'a pas encore démarré. Elle ne le sera que lorsque la production sera effective chez la plupart des exploitants.

    Des clients ont pourtant déjà commencé à émettre des commandes auprès des fournisseurs. Actuellement, ces demandes peuvent être satisfaites auprès des unités qui ont déjà démarré la production".

    Le cas concerne en particulier les trois unités pilotes qui avaient pu bénéficier de la logistique d'iodation depuis l'été dernier. L'une d'elles a déjà commencé à approvisionner en sel iodé certaines régions du Maroc. Fait étrange, cette unité emballe son produit dans des sachets identiques à ceux utilisés par une société casablancaise créée récemment. A l'instar de l'unité pilote, la société casablancaise a également pu bénéficier d'une des machines financées par I'UNICEF.

    Conséquence de cette situation: les producteurs chez qui l'opération d'iodation n'a pas encore abouti précisent voir leurs parts de marché s'effriter au fil des jours. "J'ai perdu des clients à Rabat. D'autres vont suivre", indique un industriel du sel. Ses clients, informés de la perspective d'iodation du sel alimentaire, ont préféré changer de fournisseur.

    Les producteurs estiment que la manière dont cette stratégie d'iodation est menée risque de perturber le fonctionnement du marché du sel alimentaire ainsi que les libres lois de la concurrence. Le MSP, en revanche, précise que "l'objectif de l'iodation est purement médical et qu'il n'a pas à se préoccuper des aspects commerciaux de l'opération".

    M.B.

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