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    Sel alimentaire : Des résistances à la stratégie d'iodation

    Par L'Economiste | Edition N°:239 Le 18/07/1996 | Partager


    Le décret relatif à l'iodation du sel alimentaire est en vigueur depuis le 20 juin dernier. Pourtant, le sel iodé tarde à se généraliser. Le retard concerne en particulier les producteurs qui n'ont pas pu bénéficier des machines financées par l'Unicef. Des mesures de contrôle sont prévues pour 1997. Tout sel alimentaire qui ne comporte pas d'iode sera alors retiré du marché.


    Le sel iodé commence à envahir discrètement les grandes surfaces et les épiceries. Le décret relatif à l'iodation du sel est en effet entré en vigueur le 20 juin dernier. Il sera rendu exécutoire par un arrêté d'application actuellement en cours de publication au B.O. La phase suivante consistera dans l'entrée en vigueur des mesures de contrôle prévues pour 1997. Tout sel alimentaire vendu au Maroc devra alors comporter une dose d'iode. A défaut, il sera retiré du marché par le service de la répression des fraudes.

    Pour l'instant, la généralisation de l'iodation du sel n'est pas encore achevée. En effet, les producteurs de sel sont toujours confrontés au problème de logistique d'iodation. Le Ministère de la Santé Publique avait décidé l'octroi de machines d'iodation à 17 unités de production de sel. Les autres producteurs avaient décrié, il y a quelques mois, leur exclusion du cercle des bénéficiaires.

    Le Ministère de la Santé Publique maintient toujours sa position, à savoir que "le MSP ne peut pas fournir des machines à tout les producteurs. Les 17 machines distribuées ne faisaient partie que d'un processus d'amorçage de la stratégie d'iodation".

    Sous-traitance


    A quelques mois de l'entrée en vigueur des mesures de contrôle, deux solutions existent pour ces producteurs.
    La première est de sous-traiter l'iodation du sel auprès d'une des 17 unités ayant bénéficié, gratuitement, des machines. Le MSP précise avoir sensibilisé ces unités sur la question. Par ailleurs, un des deux groupements professionnels(1) de producteurs de sel qui se sont constitués cette année compte également organiser une journée d'information sur ce thème. Sous-traiter l'iodation du sel entre producteurs risque d'engendrer quelques difficultés d'application. En effet, au problème de coût de transport et d'iodation à supporter par le donneur d'ordre s'ajoute celui des délais de production qui seront déterminés par le degré de disponibilité des machines. Il est difficile dans ce cas d'imaginer que ces producteurs puissent vendre leurs produits à des prix raisonnables.

    Approvisionnement


    Rappelons à ce niveau que, selon les premières estimations du Ministère de la Santé Publique, le prix du sel alimentaire ne sera que très faiblement affecté à la suite de l'opération d'iodation. En effet, il était prévu que le prix du kilogramme atteigne après iodation entre 1,40 et 1,50 DH contre un prix moyen actuel de 1,30 à 1,40 DH.

    Autre solution que peuvent adopter les producteurs qui n'ont pas pu bénéficier des machines de l'Unicef: les acquérir par leurs propres moyens. Cette solution serait plus facile à mettre en oeuvre. Et pour cause de nombreux opérateurs du sel précisent que les appareils d'iodation ne requièrent pas une grande technologie et peuvent être fabriquées de manière très artisanale.

    Les soucis de ces producteurs ne seront pas terminés pour autant. Ils devront aussi résoudre le problème de l'iodate de potassium, produit destiné à ioder le sel. En effet, contrairement à la machine qui sera amortie au bout d'un certain temps, le producteur doit continuellement s'approvisionner en iodate de potassium. Or ce produit coûte cher: 120 Dollars le kilogramme.
    Les unités qui avaient reçu des machines avaient en même temps pu bénéficier de l'iodate de potassium, fourni également par l'Unicef.

    Un autre arrivage d'iodate est attendu par le MSP. Il sera cette fois-ci distribué au producteurs qui n'ont pas reçu de machines. Une donnée atténue heureusement l'impact du problème d'approvisionnement en iodate de potassium: les doses d'iode requises dans le sel pour prévenir contre les TDCI (troubles dus à la carence en iode) sont heureusement faibles. Eradiquer ces troubles est l'objectif escompté à travers la stratégie d'iodation du sel. Il s'agit en particulier de toucher les populations de montagne, plus affectées par la carence en iode. Une enquête nationale menée en 1993 sur les enfants âgés de 6 à 12 ans estimait à 22% la prévalence moyenne du goitre, un des TDCI.

    Les besoins en iode chez l'adulte sont en effet de 100 à 150 microgrammes par jour. En conséquence, les quantités d'iodate à ajouter par les producteurs sont faibles.
    Pour leur part, les producteurs ayant reçu les machines financées par l'Unicef ont pour la plupart commencé à produire du sel iodé. Seule l'unité de Demnat n'a pas démarré, faute d'électricité.

    M. B.


    (1) Deux groupements professionnels de producteurs de sel se sont constitués cette année: la "Colombe" et l'Association marocaine des producteurs de sel.


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