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Secteur automobile : Deux options pour la voiture de tourisme :

Par L'Economiste | Edition N°:90 Le 29/07/1993 | Partager

L'Administration de l'lndustrie a réalisé en 1992 une étude sur le secteur automobile. Sur la base de cette étude, des discussions sont actuellement en cours afin de réviser la politique de l'industrie automobile. L'Administration a déjà émis des propositions qui sont encore à l'étude.

POUR réaliser des bénéfices dans le secteur automobile, il faut pouvoir produire et vendre à grande échelle: conditions rares dans la majorité des pays en développement. L'exiguïté de leurs marchés n'est pas compensée par la création de régions économiques avec accords commerciaux préférentiels. Néanmoins, quelques pays en développement, pour ne citer que la Corée ou la Turquie, ont réussi à s'affranchir de la règle et faire décoller leur industrie automobile. Ils l'ont fait par le biais d'une collaboration avec les grands constructeurs mondiaux, sous forme d'accords de co-entreprises ou de contrats de licences.

Prix élevés des voitures

Au Maroc, le parc automobile actuel est estimé à I million de véhicules, réparti à raison de 70% en voitures particulières et 30% en véhicules utilitaires. Le taux de motorisation au Maroc est de 25 voitures pour 1.000 habitants' - ) par rapport à 500 dans les pays de l'OCDE, 77 au Mexique et 40 en Tunisie.

L'étude réalisée en 1992 par le Ministère de l'Industrie note que parmi les principales raisons du faible ni veau du marché se trouvent les prix élevés des voitures montées localement (voir tableau).

La Direction des Prix a effectué, de son côté, une étude démontrant que le prix de la R4 a augmenté plus rapidement que l'indice du coût de la vie. Le prix réel de cette voiture a été multiplié par un peu plus de deux entre 1970 et 1990.

En effet, si les acheteurs potentiels de la R4 sont ceux disposant d'un salaire égal à trois fois au moins le SMIG (environ 3.500 DH/mois en 1990), le véhicule représenterait en mois de salaire de cette catégorie en:

- 1969: 12 mois

- 1983: 17 mois

- 1990:25 mois

- 1992:25 mois

La politique se trouve alors devant 2 options: celle du consommateur ou celle du constructeur.

La première, la politique d u consommateur", consiste en une réduction des droits sur les build-up au maximum (25% ou moins) en vue d'offrir sur le marché des véhicules à des prix à la portée d'une population de consommateurs et d'utilisateurs, la plus large possible par rapport aux niveaux de réseaux.

Suppression de 2.000 emplois

Dans ce cas, le montage local des véhicules est condamné à s arrêter.

Par rapport à la situation actuelle, les conséquences de ce scénario seraient: la suppression d'environ 2.000 emplois dans les chaînes de montage et une sortie de devises supplémentaires de 570 millions de DH pour un volume similaire de production qu'en 1990. En contrepartie, les recettes de I'Etat enregistreraient une hausse de 52% soit 600 millions de DH en va leur absolue.

Les prix des véhicules baisseraient. Ainsi, le prix de la R4 serait de 80.000 DH soit 22 mois de salaire de référence, au lieu de 25 mois (C f supra).

Mais cette réduction des droits de douanes, encourageant l'importation massive de voitures neuves, mais sur tout d'occasion (dans le cas où les taux d'abattement demeureraient in changés), engendrerait une "saturation de la capacité d'absorption du Maroc, en termes d'infrastructures routières, de circuit de distribution de carburant, de pièces de rechange et de sécurité routière", note l'étude.

Par ailleurs, dans le cadre de ce scénario, en vue de ne pas privilégier la voiture particulière par rapport aux autres moyens de locomotion (cycles, moteurs, autobus...), les droits de douane sur ces produits devraient également être réduits. Ceci risquerait d'entraîner également la fermeture des unités industrielles fabriquant ces produits.

Limiter marques et modèles

Le deuxième scénario projette de maintenir le cadre actuel qui ne remet pas en cause la politique de libéralisation. Le rapport note que si les pouvoirs publics optaient pour le développement du secteur automobile, "il y a lieu de négocier directe ment avec un des grands constructeurs mondiaux de l'intégration de notre industrie dans son réseau", à l'exclusion donc des autres constructeurs.

En contrepartie, des avantages et des garanties lui seraient offerts: marché, terrain industriel ou financement...

Pour I'instant, au Ministère de I'Industrie, il est question de limiter les marques et les modèles montés localement. Les sociétés étrangères importeraient alors le reste de la gamme en buid-up en exemption de droits de douane.

Néanmoins, elles devraient s'en gager à produire localement en grandes séries et d'exporter vers leurs marchés extérieurs. En effet, l'objectif initial assigné au secteur automobile était de valoriser au maximum la production de véhicules grâce à une limitation stricte des marques et modèles.

Dans ce cadre, il faudrait aussi rendre la loi d'intégration - compensation. dont le taux est actuellement de 60gG, plus effective. En effet, les deux paramètres pourraient être séparés afin de favoriser l'intégration. Jusque là, le taux élevé de compensation couvrait la faiblesse de l'intégration locale.

Ce scénario serait éventuellement accompagné par une baisse des prix des véhicules.

Au Ministère de l'Industrie, c'est plutôt cette proposition qui a été retenue. Concernant, l'importation des voitures d'occasion, "des mesures appropriées doivent être prises", affirme l'étude. Les chiffres ont grimpé de puis 1991. Le nombre des importations était alors de 35.000. Il est passé à 80.000 en 1992 et serait de 100.000 en 1993, avancent les professionnels du secteur.

De plus, l'essentiel de ces véhicules ont plus de 5 ans d'âge.

Question coût, "ces véhicules reviennent plus cher à la collectivité à cause des besoins importants en pièces de rechange et de leur consommation élevée en carburant", renchérit l'étude. Ces deux éléments engendrent une plus grande sortie de devises.

L'âge des voitures importées se rait alors limité à 7 ans avec réduction du taux d'abattement. Celui-ci serait de 45%, selon les responsables du Ministère de l'Industrie.

Ainsi, "il est important de revoir les dispositions en vigueur concernant la réimmatriculation des véhicules d'occasion en vue de rajeunir le parc automobile et pour que notre pays ne devienne pas le dépotoir des vieilles ferrailles", conclut l'étude. Dans le même cadre, les professionnels souhaiteraient que l'importation des véhicules d'occasion ne soit effectuée que par les détenteurs de car tes d'importation, mais il reste la question des RME, considérant la vente de leur voiture comme un complément naturel pour leurs vacances au Maroc

Laïla TRIKI

(1) Le parc automobile fait l'objet de contestations depuis le début des années 80. Le chiffre avancé ici est celui de la Direction de la Statistique.

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