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Economie

Sécheresse: l'élevage touché : · Baisse des prix des animaux sur pied

Par L'Economiste | Edition N°:22 Le 26/03/1992 | Partager

Au cours des deux derniers mois, les prix des animaux sur pieds a baissé. Cette baisse est comprise entre 20 et 30% des prix pratiqués début Janvier. Par contre les cours des animaux engraissés restent fermes. Cette situation montre que les marchés ne spéculent pas (encore) sur l'abattage, version 1982. Cependant, les spécialistes du MARA redoutent de voir se reproduire les coupes claires d'oeil y a dix ans dans le cheptel, dont le déclenchement sera la baisse générale des prix. Depuis le début de la semaine dernière ils suivent de très près le comportement des souks et des criées. Une série de mesures ont été prises pour soutenir le cheptel.

Les actions pour protéger le cheptel des effets de la sécheresse se font à partir d'un système d'intervention créé en 1982: le Programme de Protection et de Sauvegarde du Cheptel, dont le coeur financier est le Fonds de Sauvegarde du Cheptel. S'y ajoute un autre compte spécial, le Fonds Orge, constitué par l'ONICL et alimenté par des taxes sur les importations de maïs et de son.
En année normale, le programme de sauvegarde est déclenché au cas où une région viendrait à être touchée par une sécheresse locale. L'action se déroule à travers le Fonds pour la Sauvegarde et la Protection du Cheptel.
Pendant deux ans, seules les provinces du Sud et des hauts Plateaux ont bénéficié de subventions sur les aliments composés. Cette année, ses moyens et son spectre d'interventions ont été considérablement accrus et étendus à l'ensemble des marchés.

Fonds de sauvegarde renforcé

Pour l'année 1992, la Loi de Finances avait prévu des ressources de 65 millions de DH pour le Fonds de sauvegarde du cheptel; ce qui était insuffisant pour couvrir la stratégie engagée. Le plafond des engagements a donc été relevé à 130 millions de DH, mais il aurait été préférable d'avoir environ 200 millions de DH, estime le Ministère de l'Agriculture pour bien faire face à la situation. Le Fonds est alimenté par les taxes d'abattage et un prélèvement sur la pulpe sèche de betterave. Les emplois de ce Fonds consistent en des subventions sur les aliments simples pour le bétail. C'est le cas de l'orge, en année de pluviométrie normale.
Cette année, la pluviométrie a été inférieure d'un quart par rapport à la normale, dès la mi-Janvier, et ce alors que des précipitations précoces, en Septembre-Octobre, avaient favorisé un rapide démarrage du couvert végétal. L'extrême rareté des pluies depuis, couplée au froid, ont accentué la dégradation des parcours, qui avaient en outre été exploités prématurément.
Un "programme additionnel" à l'intervention du Fonds a donc été lancé. Il nécessite une enveloppe de 430 millions de DH, dont 170 millions de DH ont été employés dès les trois derniers mois de 1991. Le reste, 260 millions de DH, est affecté à la première phase du programme de sauvegarde de 1992.

Interventions multiples

Les interventions se font sur les divers modes d'alimentation du cheptel:
- subventions aux aliments composés: 120 millions de DH, en provenance du compte Spécial Orge de l'ONICL;
- subventions aux aliments simples: 33 millions de DH;
- couverture des frais de transports des aliments du bétail: 30 millions de DH;
- aménagement et équipements de points d'eau pour 15 millions de DH;
- création de réserves fourragères sur pied (travaux de sol, plantations) pour 12 millions de DH;
- achat de camions citernes pour 10 millions de DH;
- véhicules et carburants: 15 millions de DH;
- vaccins, aliments médicamenteux et produits vétérinaires pour 25 millions de DH.
Pour sa part, le Ministère des Travaux Publics participe à la stratégie en accroissant très sensiblement son effort de recherche d'eau et de forage des puits.

Mises en pratique

Les mesures centrales du programme, sont donc les subventions d'aliments composés, la suppression des droits de douane et taxes à l'importation des principaux aliments destinés au bétail, et la prise en charge des frais de transport des autres aliments.
Près de 1 million de quintaux d'aliments composés, subventionnés à hauteur de 50%, seront distribués. Une première tranche de l'ordre de 120.000 tonnes d'aliments composés, a déjà été mise sur le marché. Le prix est de 1,20 DH rendu chef-lieu de la Province. Il s'agit d'un prix moyen. Les prix de ces aliments varient entre 1,09DH le kg à Casablanca et 1,25DH le kg à Figuig.
Les droits de douane et taxes sur les principaux aliments importés pour le bétail, sont supprimés. Ainsi la pulpe sèche (taxée à 37%) la luzerne déshydratées et le son (47%) sont libres à l'importation. Le manque à gagner budgétaire est estimé à 33 millions de DH.
En outre, depuis le début du mois, le MARA, par le biais de l'ONICL, procède à la distribution d'orge importé à "guichets ouverts", sans "bons" ou autre forme de régulation.
Ces importations sont destinées aux utilisateurs directs comme à l'industrie de la provende. Près de 400.000 quintaux d'orge, au prix fixe de 1,60 DH le kg rendu chef-lieu de province, sont disponibles auprès des points de distribution, SCAM (Société Coopératives Agricoles Marocaines) et CMA (Coopérative Marocaine Agricole).
Le prix de l'orge arrivé au Port de Casablanca s'élève à 1,50 DH le kg.
Les frais de transport de l'orge sont pris en charge, ainsi que ceux des pailles et fourrages nécessaires à l'alimentation des ruminants. L'ONT a été sollicité pour soutenir ces opérations.
Le point délicat du programme reste l'encadrement sanitaire. c'est ainsi que la lutte contre la fièvre aphteuse ovine, arrivée d'Algérie, requiert un budget plus important.
Il en va de même pour la campagne de vaccination contre la peste équine, prévue pour le mois d'Avril.
L'enveloppe supplémentaire nécessaire pour la conduite de ces deux campagnes, est estimée à 110 millions de DH.
"Une partie des fonds générés par les prélèvements sur le maïs pourrait être la solution" estime-t-on au MARA.

Encore deux semaines

La situation est cependant jugée préoccupante pour le cheptel. Les spécialistes de l'élevage surveillent de très près le comportement des souks, le point par où passera l'abattage massif.
Le cheptel a une valeur estimée, au niveau national, à 18 milliards de DH. Il comprend 3,5 millions de bovins, 16,7 millions d'ovins, 5,8 millions de caprins et 1,7 million de camélins et équidés. En année normale, Il produit 900 millions de litres de lait et 370.000 tonnes de viandes. Il est localisé essentiellement en montagne, dans l'Oriental et les Hauts Plateaux. "S'il n'y pleut pas dans les deux semaines qui viennent, indique-t-on au Ministère de l'Agriculture, il est inévitable que les prix s'effondrent".

10 ans pour reconstituer le cheptel ...

En 1991, le cheptel avait retrouvé les niveaux d'avant la grande sécheresse, en 1979 ou 1980 suivant les cas.
La réduction du nombre de têtes, avant 1982, doit être interprétée avec prudence. Il y avait déjà certes la sécheresse, laquelle avait été insidieuse de 1976 à 1981. Cependant les troupeaux avaient aussi commencé à évoluer qualitativement: introduction de races plus performantes, amélioration de l'état nutritionnel, ...
Les dix années qui ont été nécessaires pour reconstituer le cheptel ont été des années où l'élevage s'est considérablement transformé, éliminant les producteurs marginaux et peu performants.
C'est ce qui explique qu'avec des troupeaux numériquement moins importants la consommation de viandes et laits ait continué à s'accroître (cf L'Economiste du 12 Mars 1992).
Le rapprochement du cheptel et de la production des viandes montre clairement l'augmentation des rendements du troupeau.

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