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    Entreprises

    Sea-Mer, : L'Espagne présente malgré les tensions

    Par L'Economiste | Edition N°:181 Le 25/05/1995 | Partager

    C'est sur fond de crise des négociations sur la pêche que s'est déroulé le Sea-Mer. Cette tension n'était cependant pas perceptible.La présence espagnole a pour objectif de montrer les multiples intérêts existant entre les deux pays.


    "Il est presque possible de négocier les accords de pêche sur place", fait remarquer un visiteur. "Tous le monde est présent".
    Très professionnel et très ciblé, ainsi fut le 3ème Salon International de la Mer qui s'est déroulé du 18 au 21 mai à la Foire Internationale de Casablanca. Très représentatifs également, plus de 100 entreprises de divers secteurs de l'activité de la pêche ont exposé au Sea-Mer. Le Salon se voulait un échantillon représentatif de tous les domaines d'activités relatifs à la mer.
    Le Salon a réuni sur un espace de 4.395 m2 les administrations marocaine, espagnole et portugaise, les associations professionnelles ainsi que certaines des entreprises les plus représentatives de la place. Ces dernières sont venues des secteurs de la construction navale, des transports maritimes, des ports, des pêches maritimes, des industries des produits de la mer, du sport et des loisirs de la mer et des services afférents.

    Les retards dans les négociations sur la pêche n'ont pas empêché la présence espagnole (5 entreprises). Il s'agissait principalement de fournisseurs de matériel à la recherche d'un partenariat et quelques entreprises de réparation navale. L'Espagne est l'un des principaux fournisseurs de matériaux de pêche. La présence du Ministère espagnol de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Alimentation au Salon avait pour objectif de démontrer que les relations maroco-espagnoles sont "positives" et de supprimer l'effet négatif des tensions existant dans le secteur de la pêche.
    Le but était de prouver que des intérêts multiples unissent les deux pays. La volonté des entreprises espagnoles exposantes était de trouver des partenaires marocains. C'est le cas de la société Electronica Trepat S.A. spécialisée en équipement électronique d'aide à la navigation. Cette entreprise dérangeait quelque peu par sa présence la société marocaine Soremar, distributrice du même type d'appareillage. "Nous disposons déjà de cartes exclusives pour le même type d'appareillage que ceux proposés par cette société espagnole", précise le dirigeant de Soremar.
    Outre l'Espagne, près de 28 entreprises de 4 pays étrangers ont exposé, à savoir le Portugal, la France, le Royaume-Uni et les USA.

    Salon qualitatif


    Concentré de toute l'activité qui touche à la mer, le Salon a étalé toutes les technologies anciennes et nouvelles en la matière.
    L'étalage de ces nouveaux produits a offert au secteur tous les instruments nécessaires à sa modernisation.
    "L'objectif de ce Salon n'était pas quantitatif, mais qualitatif", fait remarquer un professionnel. Tous les visiteurs ciblés étaient présents.
    Si le thème choisi pour cette manifestation était la préservation des ressources halieutiques, les vacances n'ont pas été oubliées. En effet, par d'imposants stands, les entreprises d'activités de plaisance ont manifesté leur présence. C'est le cas de Mifa et de Marina Marbella Maroc. Cette dernière a choisi des bateaux de plaisance pour l'invitation au rêve.
    Pour la modernisation du secteur de la pêche, le Salon a offert toutes les nouvelles technologies en matière de communication, orientation et prospection. Ainsi, les appareillages dernier cri sont exposés: radar, sonar pour détecter les bancs de poissons, radio...
    Les conserveurs et les entreprises de commercialisation du poisson ont profité du Salon pour promouvoir le produit sous toutes ses formes. L'Office National des Pêches a annoncé à l'occasion de ce Salon la création de son logo, marquant une volonté d'identification et de dynamisation de l'Office. Il a affiché également sa nouvelle stratégie. Un film promotionnel de 7 minutes a été conçu à cet effet pour montrer la proximité de l'Office avec les professionnels.

    Gel des investissements


    Comparativement à la dernière édition, Sea-Mer 95 a enregistré un accroissement notable du nombre d'exposants qui est passé de 90 exposants en 1992 à 103 en 1995 et, côté superficie, de 3.691 m2 à 4.395.
    En nombre, les entreprises de réparation navale ont été les plus importantes, une vingtaine environ. La raison en est simple. Les investissements dans le secteur de la pêche étant " gelés", il faut procéder à la réparation des bateaux existants. Il existe au Maroc près de 111 sociétés de réparation navale.
    Toujours quantitativement, ce sont les industries des produits de la mer qui s'imposent avec 18 entreprises. Le secteur des industries de la pêche et activités annexes réalise un chiffre d'affaires de plus de 1.700 millions de DH et emploie près de 40.000 salariés. Les industries de la pêche composées de 4 types de valorisation ont traité en 1993 plus 300.000 tonnes de poisson industriel débarquées par la flotte de pêche côtière. Il s'agit du secteur de la conserve de poisson, de la semi-conserve, des sous-produits et de la congélation.

    Fatima MOSSADAQ.


    L'Apapham refuse le principe de partenariat


    L'Association Professionnelle des Armateurs de Pêche Hauturière du Maroc (Apapham) a donné sa position concernant l'état des négociations sur la conclusion d'un nouvel accord de pêche entre le Maroc et l'Union Européenne lors d'une conférence durant le Sea-Mer. Pour ces professionnels, le meilleur accord pour le Maroc serait un non-accord. D'une voix ferme, leur représentant affirme: "nous n'avons pas besoin de ces gens-là, ni pour pêcher, ni pour vendre du poisson, ni pour gérer les sociétés de pêche. Nous avons l'expérience pour, et les hommes pour le faire".
    Selon ces professionnels, jusqu'à présent le Maroc n'a reçu aucune réponse concrète sur les possibilités de pêche qu'il offre à l'Union Européenne. A leur connaissance, la proposition européenne faite à la partie marocaine le 17 mai ignore l'offre marocaine et porte essentiellement sur des possibilités de pêche dans le cadre de ce qu'appellent les Européens "le partenariat".

    "Il ne s'agit pas de quelque chose de nouveau", souligne un responsable de l'association. "Il a été développé systématiquement à chaque fois que nous étions à la veille d'un nouvel accord."
    Ce partenariat devant s'effectuer dans le cadre de sociétés mixtes, l'activité de la pêche s'exercerait dorénavant dans le cadre de sociétés mixtes maroco-européennes. Cette décision impliquerait une modification par le Maroc de sa législation interne en ce qui concerne la répartition du capital. En d'autres termes, cela favoriserait un contrôle systématiques par les Européens, des sociétés de pêche marocaines, ce que les professionnels refusent. De plus, l'exercice de la pêche dans le cadre de sociétés mixtes selon les Européens se ferait dans le cadre de transfert de technologie. Pour les professionnels de la pêche hauturière, le Maroc s'autosuffit dans ce domaine.
    Pour l'Apapham, le quota proposé par l'administration marocaine demeure en deçà des exigences des professionnels du secteur. Mais en tout état de cause, l'offre marocaine doit rester ferme. Le fait qu'elle soit assortie d'un débarquement obligatoire de l'ensemble des prises dans les ports marocains est nécessaire. En effet, il permet un meilleur contrôle de la production et des retombées économiques et sociales pour le Maroc. De plus, ce contrôle s'impose du fait des "violations constantes des règles du maillages, des zones de pêche et des catégories de poisson à pêcher par la flotte espagnole".

    Fatima MOSSADAQ.



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