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    Economie

    Santé : Sauver 18000 enfants chaque année en luttant contre les maladies diarrhéiques

    Par L'Economiste | Edition N°:89 Le 22/07/1993 | Partager

    La lutte contre les maladies diarrhéiques est l'une des priorités que s'est fixées le Ministère de la Santé Publique. La sensibilisation sur le fait qu'il s'agit d'une véritable maladie est importante pour permettre une prévention efficace. Associé à d'autres Ministères, le MSP à démarré sa campagne le 19 juillet.

    Les maladies diarrhéiques sont les premières causes de mortalité infantile. Elles sont à l'origine de 26% des décès des enfants de moins de 5 ans. Selon l'OMS et l'UNICEF, chaque année la diarrhée est responsable du décès de 4 millions d'enfants dans le monde.

    20.000 pour le Maroc en 1992. 95 % des décès surviennent avant l'âge de 2 ans.

    Dans le cadre du renforcement de son programme de lutte contre les maladies diarrhéiques, le Ministère de la Santé Publique lance une campagne de sensibilisation et d'éducation qui devait démarrer le 19 juillet.

    Son but est de réduire du tiers la mortalité liée aux maladies diarrhéiques durant les 3 prochaines années, soit éviter 18.000 décès chez les enfants de moins de 5 ans. D'autre part il s'agit de diminuer de 30% la morbidité associée aux diarrhées.

    L'enfant malade, se comporte normalement

    Cette campagne sera axée sur deux principaux points.

    Le premier point concerne la sensibilisation de la population sur la gravité potentielle de la diarrhée, surtout lorsqu'elle est associée à une déshydratation.

    La diarrhée est définie par l'émission d'au moins 3 selles liquides par jour. Pour beaucoup de personnes, elle n'est pas vraiment une maladie. C'est pour cette raison qu'elle est banalisée et souvent non ou mal soignée.

    Et dans ce cas, elle est la porte ouverte aux maladies du fait de la dénutrition et de l'affaiblissement de l'organisme qui s'en suivent.

    Si la plupart du temps la diarrhée est annoncée par des symptômes tels que les vomissements, les maux de ventre, parfois, il n'en est rien. Très rapidement les selles deviennent plus fréquentes, et de moins en moins consistantes. L'enfant garde néanmoins un aspect et un comportement normaux, ce qui trompe les parents et rend les malades, diarrhéiques dangereuses.

    Des mesures diététiques prises à ce stade permettent d'arrêter la maladie. Si ces mesures n'ont pas été prises ou si la diarrhée est d'emblée très importante, l'aspect est différent. L'enfant est alors agité, ce qui correspond à une soif vive, les yeux sont enfoncés, l'intérieur de la bouche est sec et la production d'urine est faible. Ces signes indiquent une déshydratation de l'organisme, avec pour conséquence une perte de poids de 10%.

    S'il n'est pas traité correctement, l'état de l'enfant déshydraté s'aggrave rapidement. D'agité, il devient léthargique. Il gémit, son regard est vague. Il refuse de boire.

    Le second axe de la campagne concerne la prévention. Il s'agit de mettre en relief les mesures à adopter, afin de diminuer la fréquence des épisodes diarrhéiques qui reste encore élevée (entre 4 et 8 épisodes par enfant et par an). Parmi ces mesures, il faut citer le rôle protecteur de l'allaitement maternel exclusif jusqu'à l'âge de 4 à 6 mois, l'hygiène des mains, de l'eau, des aliments et de l'environnement, la pratique d'un sevrage approprié, avec l'introduction progressive, au-delà de 6 mois d'une alimentation diversifiée et équilibrée, la vaccination contre les maladies cibles avant l'âge d'un an.

    Thérapie à domicile

    Cette campagne préconise aussi trois règles de thérapie à adopter à domicile:
    - une augmentation des boissons;
    - le maintien d'une alimentation énergétique;
    - le moment où consulter un agent de santé.

    Les traitements avec les sels de réhydratation orale ont prouvé leur efficacité. Ils permettent non seulement de remédier à la déshydratation, mais aussi de neutraliser les effets des microbes responsables de la diarrhée localement, au niveau de l'intestin.

    En effet, la diarrhée se transmet par des agents microbiens, bactéries mais aussi virus et parasites.

    Ces agents vivent dans l'intestin et sont éliminés par voie fécale et véhiculés par les mains sales et l'eau.

    L'hygiène permet de rompre ce cercle.

    En début de maladie, un remède efficace et simple consiste à faire beaucoup boire à l'enfant et à lui administrer une alimentation correcte.

    Une alimentation correcte non seulement évite la malnutrition, mais aussi aide à la réparation de la muqueuse digestive.

    La dernière stratégie vise à la prise en charge correcte des cas au niveau des formations sanitaires à travers la formation et le recyclage du personnel de santé, l'uniformisation de la conduite à tenir face à un cas de diarrhée. Cette stratégie s'adresse aux agents de santé au niveau de toutes les provinces.

    Pour la réussite de cette campagne, le Ministère de la Santé Publique a sollicité la participation des Ministères de l'Intérieur et de l'Information, de la Jeunesse et des Sports, des Affaires Sociales, de l'Agriculture et de la Réforme Agraire, de l'Education Nationale et d'autres organismes non-gouvernementaux.

    Une maladie aux causes sous-estimées

    Le service des maladies infectieuses pédiatriques du CHU de Casa a effectué une enquête en 1990. Elle a permis d'évaluer le niveau des connaissances, attitudes et pratiques des mères en matière de traitement de la diarrhée: 88% des mères ont défini la diarrhée par un nombre plus fréquent de selles, 49% seulement des mères l'ont rattaché à une modification de la consistance des selles. Seules 20% des mères connaissent la signification de la dysentrie. Parmi ces dernières, 96% ont reconnu que la diarrhée aiguë est une maladie, et 92% ont affirmé qu'elle est grave.

    Les causes de la gravité de la diarrhée aiguë selon les mères sont la dénutrition à 78% et le décès par déshydrations à 72%.

    D'après ces mêmes mères, la diarrhée peut être causée à 81% par la consommation des fruits de saisons, à 73% par la poussée dentaire, et à 46% par la sorcellerie. Les mains sales n'ont été évoquées que par 7,8% des mères.

    Pendant la phase initiale de la diarrhée, 87% des mères donnent à leurs enfants des boissons en quantité accrue, dont 9% d'entre elles avec des sels de réhydratation orale. L'automédication reste fréquente (84%). 11% des mères donnent à leur enfant des recettes traditionnelles constituées le plus souvent d'infusions. Certaines recettes (tel que le Takouat) peuvent s'avérer dangereuse dans le cas d'hématotoxique. Le délai moyen de consultation est de 5 jours. L'alarme est dans 90% la persistance des selles, 15% les vomissements, 47% la fièvre, 4% du sang dans les selles, et enfin 4% les convulsions.

    Les facteurs de cette maladie sont diverses. Ils peuvent être liés au milieu ou à la physionomie de l'enfant.

    Les facteurs liés au milieu sont: l'approvisionnement insuffisant en eau potable; la contamination de l'eau par les matières fécales; l'élimination non hygiénique des excréta; la mauvaise hygiène personnelle et domestique; la préparation et la conservation inadéquate de la nourriture.

    Les facteurs liés à l'hôte sont: l'enfant de moins de deux ans est beaucoup moins résistant à la maladie diarrhéique surtout s'il est malnutris; l'enfant nourris au sein a 15 fois plus de chance de ne pas faire de diarrhée par rapport à l'enfant allaité artificiellement; Les mauvaises pratiques du sevrage.

    F.M.

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