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Culture

Salon du livre de Tanger
Le Club de Tanger revisite les relations Maroc-France

Par L'Economiste | Edition N°:2227 Le 06/03/2006 | Partager

. Un espace de réflexion et d’échange entre professionnels des deux pays . Jean Daniel, Jacques Chancel, Hamid Berrada, les parrains du ClubLE gotha du journalisme français a fait le déplacement le week-end dernier à Tanger. Du beau monde, mais aussi des personnalités politiques, des intellectuels de tout bord, des écrivains et des éditeurs ont marqué les temps forts de la 10e édition du Silt (Salon international du livre de Tanger). Hubert Védrine, Jean Daniel (Nouvel Observateur), Jacques Chancel, Frédéric Mitterrand, José Garçon (Libération), Alain Barluet (Figaro), Mireille Duteil (Le Point)… ont tous participé au lancement du Club de Tanger. Nabil Benabdellah, ministre de la Communication et Philippe Faure, ambassadeur de France à Rabat, ont donné le coup d’envoi à ce réseau. Pour eux, la vocation du Club de Tanger est de servir de creuset de réflexion commune pour susciter plus d’échange et de coopération entre les journalistes des deux pays. En clair, du lobbying des deux rives de la Méditerranée. «L’objectif est de créer plus de possibilités d’écriture sur la France, le Maroc et le monde. Et bâtir ensemble un modèle de mutation. Des regards non seulement croisés mais partagés», a tenu à préciser l’ambassadeur de France. Une journée a été consacrée samedi au thème de la liberté d’expression et des enjeux du journalisme dans un processus de transition. La double présidence du Club a été attribuée, côté marocain, à Hamid Berrada journaliste à Jeune Afrique. Côté français, c’est à Jacques Chancel, l’émérite journaliste, homme de télé et de radio français que revient la présidence du Club. Pour Chancel, il ne fait pas de doute que les relations entre le Maroc et la France sont dans un tournant décisif. Il cite d’ailleurs Jean Daniel, témoin permanent des cinquante dernières années d’histoire commune et fervent défenseur de l’indépendance, selon lequel «nous avons des liens qui ressemblent à des racines». Au-delà des passions, les intervenants ont été unanimes: c’est plutôt la raison qui doit désormais dominer les rapports France-Maroc. Et c’est surtout la position de quelques journalistes français et leur perception du Maroc qui ont marqué le débat. Pour José Garçon, «il est difficile pour les médias français d’assimiler le changement qui s’opère au Maroc. D’où des réticences mais aussi beaucoup de scepticisme dans les rédactions françaises pour qui le Maroc se développe à son rythme. Et cela ne peut être couvert que de cette façon». Pour de nombreux médias français, les acteurs politiques marocains leur font beaucoup de pression. «On doit écrire pour la France et pas pour le Maroc», a lâché Garçon. Selon elle, les politiques marocains surdimensionnent le poids des articles parus dans les médias français. D’autre part, les journalistes de l’Hexagone veulent éviter comme la peste un «piège épouvantable, celui de cultiver l’idée d’ami du Maroc».De l’autre côté, leurs confrères marocains, qui se sont livrés à des tirs croisés mais aussi des critiques en cascade ont dénoncé un biais: les stéréotypes que la presse française cultive sur le Maroc. «On s’intéresse plus à la barbe hirsute des islamistes qu’aux grandes mutations que connaît le pays», a lâché un journaliste marocain. D’autres épisodes tumultueux ont été cités. Des zones de turbulence, telles que le traitement de l’affaire Ben Barka ou encore celle récente de Hicham Mandari, dont le meurtrier vient d’être identifié.La liberté d’expression et les dérives journalistiques ont aussi dominé une large partie du débat, surtout chez les intervenants marocains. Pour Ahmed Reda Benchemsi de TelQuel, «le pouvoir lui-même ne sait plus comment gérer cette liberté, ni comment réprimer les dérapages». Le système judiciaire est pointé du doigt, ses compétences en matière de jugement de délits de presse en particulier «sont mises en doute». C’est dire, poursuit Benchemsi, que la justice doit être formée pour trancher sur les délits de presse. Une chose est sûre, les intervenants reconnaissent que le journaliste est justiciable. Mieux encore, que la déontologie est une loi non écrite. Autre son de cloche, celui d’un doyen de la presse, Abdellah Stouky. Certes, l’espace des libertés s’est élargi, mais en même temps, une voix occulte trace des lignes jaunes, sinon rouges. Pour sa part, Mireille Duteil préconise que le journaliste devrait faire comme si ces lignes n’existaient pas. Et c’est aux rédacteurs en chef que revient la responsabilité de publier ou non.


Miser sur l’internationalisation

. La Russie ou le Brésil, futurs invités du SalonEN terme de bilan, Gustave de Staël, directeur de l’IFTT (Institut français de Tanger-Tétouan), qui n’est que le fils de Nicolas de Staël, artiste-peintre français, affiche un satisfecit lors de la clôture de la dixième édition. Il en veut pour preuve la qualité de l’auditoire, un public averti qui sait écouter, les liens et les regards croisés qui sous-tendaient les tables rondes de haute facture autour de thématiques aussi diverses que profondes. L’idée aura été de penser la différence, les divergences et la singularité pour les admettre dans une communauté de pensée Nord/Sud. Ce que certains écrivains ont appelé «une démarche universelle loin de la notion de territorialité». Autre moment fort de la clôture, la signature du livre «Cet étranger qui me ressemble» de l’écrivain et journaliste Jean Daniel. Un livre qui vient d’être traduit en arabe et publié au Liban. Hubert Vedrine, ancien ministre des Affaires étrangères et proche collaborateur de François Mitterrand, a signé hier son dernier livre sur ses mémoires au sujet du président mais aussi des réflexions sur la diplomatie, les rapports franco-marocains.L’hommage a continué lors de la dernière journée du Silt autour du livre «Le poisson conteur», édité par le Bec en l’Air. C’est sur cette note positive que les contours de la prochaine édition ont été esquissés par De Staël. La thématique qui filtre est celle de «l’Homme debout face à la nature et aux grands problèmes de la société», mais à travers un pays qui a une problématique aussi complexe que celle du Maroc. Il s’agira globalement de ratisser plus large et ouvrir le salon sur une vision plus internationale que par le passé. Mais également faire de sorte à rendre hommage à un pays différent chaque année. L’on pense déjà à la Russie ou encore le Brésil, bien entendu en rapport avec des Marocains et la production littéraire de l’année.Ali ABJIOU & Amin RBOUB

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