×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Culture

Salon du livre de Tanger
L’écriture, expérience de soi ou du monde?

Par L'Economiste | Edition N°:2226 Le 03/03/2006 | Partager

. Questionnements sur la transcendance de l’écriture en fonction des origines. Les auteurs à la recherche des identités perdues et des cultures oubliéesL’ECRITURE et la littérature d’aujourd’hui sont-elles vraiment à l’écoute du monde? Ou sont-elles le reflet d’un repliement sur soi qui s’érige en réponse à la complexité d’une réalité au rythme de changement qui frôle le chaos? Et qu’en est-il de l’attitude de l’écrivain envers la barbarie et l’exil dans la langue? Telles étaient les questions soulevées par une cohorte d’écrivains ou plutôt d’écrivaines, pendant la première table ronde du SILT de Tanger. Car les voix féminines ont largement dominé pendant cette rencontre, et le seul homme de la partie, en l’occurrence le créateur marocain Youssef Amine Elalamy, témoignait d’une distance considérable avec les attitudes de ses collègues.En fait, il est le seul à affirmer être plus intéressé par les problèmes du monde que par ceux de la subjectivité dans un Maroc ouvert et multiple, et dans un entourage local et international qui évolue beaucoup plus vite que les formes de l’art. La principale préoccupation de ce romancier marocain qui écrit en anglais et en français est donc la recherche d’une forme littéraire qui puisse être en adéquation avec le rythme morcelé et éclaté de l’Histoire contemporaine galopante.Mais les autres intervenantes ne l’entendent pas de cette oreille. Problèmes de la langue et de l’identité perdue ou retrouvée de façon tardive et douloureuse, tel est le credo en vogue pour la majorité des écrivaines qui ont pris part à cette table ronde dédiée à «l’expérience de soi et du monde dans l’écriture». Surtout pour celles qui ont émigré d’une patrie ou d’une langue vers une autre. Et c’est le cas pour beaucoup de créatrices, chez qui l’écriture émane d’abord de la volonté de se protéger des tribulations de l’exil, et du choc entre le passé et le présent, entre les racines et la terre d’accueil.Giselle Pineau dit écrire pour se ressaisir de cette Guadeloupe natale et retrouver la langue perdue et mythique des ancêtres, pour affronter le regard du racisme ordinaire dans les banlieues françaises où elle a grandi. Elle se propose de décrire et d’éclairer le passé douloureux de l’esclavage tout en recherchant une patrie qu’elle sait ne jamais retrouver. C’est la même quête qui anime aussi les écrits de Nicole S. Serfaty, quête impossible d’une Histoire de 2000 ans de présence juive au Maroc, présence qui a été coupée de son arabité par l’occupation française et le départ vers l’ailleurs tout en trimballant l’héritage de ce qui n’existe et n’existera plus jamais. Clémence Boulouque semble, elle aussi, partager cette même quête qui conduit à la recherche des racines, tout en ayant la conscience douloureuse qu’il s’agit d’une mission quasi impossible.Souad Bahéchar pose, quant à elle, le problème différemment. L’écriture serait, selon elle, le résultat d’une fascination et d’un jeu ludique qui permettrait de réorganiser le monde et de pratiquer la liberté. Ainsi le roman ne serait pas un miroir de la société, mais un éclairage qui permet de comprendre certains de ses paradoxes, et de lire la condition de l’homme.De notre correspondant, Rachid MARROUN

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc