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Salon du livre de Casablanca
Ces «militants» du livre

Par L'Economiste | Edition N°:1704 Le 13/02/2004 | Partager

. L'édition, un métier où l'on vient par amour. Hormis le manuel scolaire, l'activité est plutôt morose. A peine une dizaine d'éditeurs opèrent dans le culturelLa passion. C'est ce qui anime les professionnels du livre et c'est surtout ce qui fait leur raison malgré tous les handicaps et insuffisances dont souffre le secteur. Etroitesse du marché, absence d'une tradition de la lecture (ou d'une «culture de la culture», comme disent des professionnels), d'une stratégie incitative de la part des pouvoirs publics, et surtout l'insuffisance du soutien gouvernemental sont les principaux maux pointés du doigt. Dans un pays à tradition orale et à fort taux d'analphabétisme (autour de 49%), la demande reste en effet très faible et le marché du livre peine à décoller. D'autant que «les habitudes de lecture ne sont données ni à la maison ni à l'école», déplorent des éditeurs qui stigmatisent le peu d'ouvrages marocains intégrés dans les programmes scolaires. «L'acte de lire reste donc lié à l'«utile» (livres scolaires ou d'enseignement professionnel). Du coup, les amoureux du «culturel» et du «littéraire» ne sont pas légion», analyse Nadia Essalmi, éditrice (Editions Yomad). En témoigne la production qui ne dépasse guère, selon des éditeurs, les 1.000 à 1.100 titres/an pour une population de 30 millions d'habitants. Dérisoire face à la France par exemple qui peut se prévaloir d'une production annuelle de 44.000 titres pour une population de 60 millions d'habitants. Et les failles au niveau du réseau de diffusion ne sont pas pour arranger les choses. «L'absence d'un circuit de distribution performant et couvrant tout le pays constitue un véritable frein au développement du marché du livre au Maroc», souligne le PDG des Editions Eddif, Abdelkader Retnani. Selon lui, la promotion du livre ne peut se faire en l'absence de libraires professionnels. «Le lecteur a besoin d'être informé et conseillé par un connaisseur. Le libraire doit donc être un vrai professionnel», renchérit Camille Hoballah, éditeur-imprimeur, Edtitions Afrique-Orient. Or, aujourd'hui, selon lui, mises à part une dizaine de librairies spécialisées, les autres font office de simples points de vente où les livres sont souvent éclipsés par les fournitures scolaires, les cigarettes ou autres gadgets. Sans oublier des villes où les librairies font tout simplement défaut ou, quand elles existent, menacent de baisser rideau faute de clientèle. C'est le cas entre autres de Béni-Mellal où l'unique librairie est en train d'agoniser, indique Retnani. Pareil pour Fès, ajoute-t-il, où les quatre librairies existantes lancent les derniers signaux de détresse. Qu'ils soient éditeurs, libraires ou imprimeurs, les professionnels du livre sont unanimes: s'imposer dans de telles conditions relève d'une vraie gageure. Il va sans dire que ce constat ne s'applique pas au livre scolaire qui est, lui, mieux loti. «Assez développé», comme l'affirment des éditeurs, ce segment juteux et sûr n'en est pas moins accaparé par une poignée d'éditeurs. «La même depuis plusieurs années», soulignent des professionnels. Ce n'est pas le cas pour les autres créneaux «littéraire» ou «culturel». Là, les éditeurs doivent fournir beaucoup d'efforts pour émerger. D'ailleurs, aujourd'hui, à en croire les professionnels, à peine une dizaine d'éditeurs arrivent vraiment à s'imposer dans le créneau du culturel, avec une production régulière et soutenue. Même si celle-ci ne dépasse guère une trentaine de titres/an dans les meilleurs des cas et pour les plus performants des éditeurs. L'édition du roman, essai, livre pour enfant, beau-livre… souffre en effet d'une morosité chronique faute d'un lectorat assidu. «L'activité stagne, avec le même chiffre d'affaires depuis une dizaine d'années», souligne Hoballah. Ce type de production cherche toujours son public. En témoignent les faibles tirages. «Le plus courageux des éditeurs ne dépasse pas les 2.000 exemplaires en français et 3.000 pour les publications arabophones», indique le patron d'Eddif. L'étroitesse du marché incite les éditeurs à être prudents. Beaucoup d'entre eux avouent mettre plusieurs années pour écouler des livres pourtant à faible tirage!


SIEL 2004: L'Amérique latine à l'honneur

La dixième édition du Salon international de l'édition et du livre (SIEL) démarre aujourd'hui et se poursuit jusqu'au 22 février à la foire de Casablanca. Ce rendez-vous (biannuel auparavant) aura désormais lieu chaque année en février, affirme-t-on au ministère de la Culture. Près de 682 exposants participent à cet événement, qui prend visiblement une envergure internationale. Cette dixième édition sera en effet marquée par la participation de 46 pays avec un hommage à l'Amérique latine (le Mexique invité d'honneur). Le salon s'étend pourtant sur une surface de 18.000 mètres carrés dont 7.259 occupés par les stands et 2.500 consacrés aux activités d'animation. Un programme culturel accompagnera en effet les dix jours du salon avec moult expositions, spectacles musicaux, conférences…


Merci la presse

La presse joue un rôle très important pour les éditeurs. Chaque fois qu'un livre est publié, l'attaché(e) de presse de la maison d'édition envoie aux journaux sélectionnés un exemplaire de l'ouvrage. Les journaux font paraître soit un résumé, soit une petite annonce. Parfois, ils publient aussi la couverture du roman ou de l'essai. «Heureusement pour nous, ils jouent tous le jeu», fait remarquer Retnani. «Nous n'avons pas les moyens de faire de la publicité», soutient pour sa part Leïla Chaouni. Tous les éditeurs rencontrés se plaignent du manque d'émissions littéraires à la télévision. «Alors qu'en France, des émissions littéraires de qualité incitent à la lecture, très peu d'importance lui est accordée par les responsables marocains», se plaint Retnani. Et pourtant… lorsqu'un ouvrage passe à la télé, les ventes augmentent de 15 à 20%, est-il souligné. Quand un livre ne marche pas, des éditeurs montent des animations (rencontres littéraires) dans des complexes ou clubs, en présence de l'auteur. Khadija EL HASSANI

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