Economie

Salon AéroExpo
Le transport régional pour relancer l’activité

Par L'Economiste | Edition N°:3201 Le 29/01/2010 | Partager

. Le modèle économique RAM Express, laboratoire régional. 3e rencontre des ministres du Transport d’AfriqueL’engouement pour le salon aéronautique de Marrakech se confirme. La seconde journée a été riche en visiteurs et en animation. Voltiges aériennes, sauts de parachutes, visites guidées des stands, jeux… un programme chargé. Loin de la frénésie régnant sur la base militaire de Marrakech-Ménara, où sont exposés les plus beaux appareils civils et militaires, Royal Air Maroc a organisé une rencontre sur le thème du «Transport aérien régional, outil de désenclavement et de développement». 16 délégations africaines emmenées par leur ministre du Transport et/ou leur directeur de l’aviation civile et des experts internationaux étaient au rendez-vous de la 3e rencontre des ministres africains du transport. Parmi eux, Karim Ghellab, ministre de tutelle, et des professionnels du secteur aéronautique dans le continent. Pour le ministre guinéen, Elhadj Mamady Kaba, «la mise à niveau est incontournable, que l’on ait un pavillon aérien ou non, car l’on accueille sur nos terres des compagnies étrangères. Celles-ci exigent de nous des conditions de navigation irréprochables». A tout seigneur, tout honneur. C’est le modèle économique de RAM Express qui servira d’exemple aux représentants des 16 pays d’Afrique de l’Ouest présents. Un modèle qui sera défendu par le DGA de la compagnie en charge de l’exploitation, Abderrahman Sadoq. Ce modèle remplace le réseau domestique de Royal Air Maroc parce qu’«il ne répondait pas aux attentes de la clientèle nationale du fait de son offre inadaptée», relève-t-il d’emblée pour pointer les problématiques qui ont entraîné à ce virage à 180°. Entre autres justifications, les avions Boeing de RAM, surdimensionnés pour certaines routes aériennes. De plus, le contrat outsourcing de 2 ATR 42 de RAM, signé du temps de Régional Air Lines, a expiré en juillet 2009. Ce qui devrait aboutir, si rien n’est fait, à «la fermeture de plusieurs lignes intérieures». Suffisant pour justifier la création d’une compagnie régionale dédiée au développement sectoriel et l’aménagement du territoire, en offrant aux régions des liaisons aériennes pour renforcer leur attractivité. Pour la phase de lancement (intérimaire), la compagnie a loué 4 ATR turbo propulseurs et passé une commande ferme pour 6 autres, livrables en 2011. Les limites du modèle résident dans la capacité (rentabilité) des ATR dont l’étape moyenne est de 450 km. Ce qui fait dire au PDG de RAM, Driss Benhima, que «l’activité d’une compagnie publique domestique est structurellement déficitaire». Des mesures d’accompagnement accordées par les pouvoirs publics devraient assurer sa pérennité. Notamment la suppression pour RAM Express et de toutes les compagnies intérieures des taxes aéroportuaires de survol et atterrissage. Et cerise sur le gâteau, selon Benhima, c’est la facilitation de son équilibre économique en adossant la compagnie aux liaisons internationales de RAM. Car, «plus de la moitié de ses passagers sont en transit», est-il indiqué. «Il faut des astuces pour tirer son épingle du jeu dans une compagnie comme RAM Express», confie Benhima, sachant que l’aide de l’Etat est assortie de conditions que doit remplir la compagnie nationale. Voilà qui justifie les tarifs promotionnels sur les vols aller/retour, de 30 à 50%. Aujourd’hui, de nombreux vols sont inférieurs à 1.000 DH. Il faut rappeler qu’avec le passage des Boeing aux ATR, les taxes qui étaient de 80 millions de DH par an ont beaucoup diminué. En plus de l’augmentation de capital de RAM accordée par l’Etat pour la création de RAM Express. Ainsi, sur 1,3 milliard de DH d’investissement que représente la flotte, l’Etat prend en charge 300 millions de DH par le biais de l’augmentation de capital. La question du Pr François Vellas de l’Université de Toulouse «le transport aérien régional est-il une nécessité pour assurer le désenclavement et le développement d’un pays» a trouvé sa réponse. D’autant plus «qu’il n’existe pas d’autres alternatives pour les régions enclavées du fait des carences concernant les autres modes de transport».


Shows aériens

LE salon de l’aéronautique de Marrakech, c’est aussi des shows aériens. Des prestations appréciées du grand public et des militaires toutes nationalités confondues. Le clou du spectacle, la Marche Verte, une patrouille aérienne marocaine très talentueuse et qui a donné la réplique aux GI’S américains. Les généraux Abdelaziz Bennani et Ahmed Boutaleb avaient toutes les raisons d’afficher la mine des grands jours. L’opération de ravitaillement en basse altitude, un jeu d’enfants pour ces hommes de troupes, a beaucoup séduit les visiteurs civils. La grand-messe de l’aéronautique affiche des perspectives intéressantes. «En deux éditions seulement, l’activité du salon a quasiment doublé. Une vingtaine de délégations ministérielles, renforcées par leur direction générale de l’aviation civile de toute l’Afrique, ont fait le déplacement, ainsi que de nombreux états-majors», se réjouit le commissaire général du salon, Fréderic Le Henaff.B.T.

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc