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Economie

«Safi encore pénalisée par son enclavement»
Entretien avec Abdellah Bakrim, président du CRT

Par L'Economiste | Edition N°:3326 Le 23/07/2010 | Partager

. Le projet de station balnéaire d’Urbagolf en stand-bye. «Ouvrir le site à d’autres investisseurs»- L’Economiste: On dit que la ville de Safi est une ville morte. Est-elle en train de se réveiller?-Abdellah Bakrim: Je ne suis pas d’accord avec ce terme de ville morte. Safi est une ville historique, qui a toujours été vivante. Elle a connu un temps de pause, ce qui va lui permettre de mieux se repositionner. Safi est également située en plein milieu du triangle Marrakech-Essaouira-Casablanca. Pour s’imposer, je crois qu’il faut être agressif sur la communication. Dans cette optique, nous avons validé un programme de communication avec l’ONMT (Office national marocain du tourisme). Nous avons également lancé des appels d’offres et reçu trois propositions d’agences de communication. Nous n’attendons maintenant plus que la validation de l’ONMT. Par ailleurs, nous avons déjà planifié d’assister à plusieurs salons avec une charte visuelle qui va habiller le box. - Quelles sont les niches sur lesquelles vous comptez vous positionner?- Le tourisme de croisière va nécessairement se développer, car le port minéralier de Safi va se délocaliser. Sa délocalisation va donc drainer une nouvelle clientèle et créer de la valeur ajoutée. Il y aura des quais à louer pour le tourisme de croisière. D’ailleurs, nous avons déjà pris quelques contacts avec des agences spécialisées dans ce sens. A côté du tourisme de croisière, il y a le tourisme d’affaires qui est en pleine croissance. Des conférences et des séminaires commencent à se dérouler à Safi, ce qui nous permet d’accueillir des groupes en incentive.- L’enclavement de la ville est-il un frein important?- Il est vrai que la ville est encore trop enclavée. On attend avec impatience l’autoroute El Jadida-Safi programmée pour 2015. Par ailleurs, Safi ne dispose malheureusement pas d’un aéroport. Or, le touriste est actuellement de plus en plus exigeant, notamment sur le timing. Si le trajet prend une journée à l’aller et une au retour, c’est trop. Pour combler ce manque, un projet est en cours de discussion, mais il n’en est encore qu’à un stade embryonnaire. Actuellement, les touristes arrivent via l’aéroport de Casablanca ou Marrakech. Nous sommes également une destination de passage pour les gens qui vont de Casablanca à Agadir, mais notre ambition, c’est d’accrocher encore plus le touriste. - Le projet de station balnéaire, lancé par Urbagolf, est-il actuellement en stand-by?- Ce projet, qui a pour but de mettre en place une station balnéaire plus grande que les cinq stations du plan Azur, a été lancé par la société espagnole Urbagolf il y a maintenant trois ans. Actuellement, les travaux n’ont pas encore commencé et le projet traîne. Pour ma part, je pense qu’il ne faut pas se focaliser sur les seuls investisseurs espagnols, mais ouvrir la région à d’autres investisseurs, notamment des pays du Golfe. On a là un site vierge vraiment fabuleux, situé dans un emplacement idéal. Il ne fait aucun doute qu’il va intéresser des aménageurs développeurs. Propos recueillis par Marie-Noëlle RASSON

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