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Economie

Safi: De gros chantiers pour protéger l'environnement

Par L'Economiste | Edition N°:1431 Le 07/01/2003 | Partager

. La nouvelle unité de production d'acide sulfurique, qui a nécessité une enveloppe de 540 millions de DH, est l'un des grands projets à fort apport environnemental Le groupe OCP a initié plusieurs chantiers à l'échelle de Safi. Priorité: l'environnement. Une enveloppe budgétaire globale d'environ 800 millions de DH doit servir à la réhabilitation environnementale du site de Safi. Ce chantier initié depuis 1995 se poursuit conformément à la stratégie du groupe OCP. Plusieurs projets sont réalisés, d'autres sont en cours. La mise en conformité des ateliers de production aux normes internationales est inscrite au plan de développement 2001-2005. La prise en compte de l'environnement dans la stratégie du groupe OCP est devenue un impératif à respecter. “Nous faisons de notre mieux pour essayer de causer le minimum de dégâts. Mais il faut savoir qu'un processus industriel ne peut être complètement inoffensif”, tient à préciser Abdelhafid Rerhaye, secrétaire général de l'Office. Le groupe a fixé des priorités pour guider ses actions dans ce domaine et ce par le choix des nouvelles technologies et des procédés les moins polluants, la prévention des pollutions accidentelles et l'écoute des exigences des clients visant à améliorer les caractéristiques environnementales des produits commercialisés. Plusieurs projets de mise à niveau ont été réalisés, d'autres sont en cours de concrétisation: généralisation progressive de la réduction des émissions en SO2 des ateliers de production de l'acide sulfurique, réduction des émanations en fluor, ammoniac et poussières, certification environnementale du complexe selon ISO 14001...Pour réduire l'impact de l'industrie chimique sur l'environnement, plusieurs projets ont été adoptés. La nouvelle unité de production d'acide sulfurique à Safi, conçue pour une enveloppe de 540 millions de DH, est l'un des grands projets à fort apport environnemental. Cette unité accompagne l'augmentation de la capacité de production du groupe en acide phosphorique améliorant ainsi ses parts de marché à l'échelle mondiale. Ce projet a intégré une dimension environnementale au niveau de la conception et du choix des équipements. Ce procédé à double absorption réduit de 80% les dégagements du dioxyde de soufre par rapport au procédé conventionnel. L'installation de deux nouvelles lignes sulfuriques est un projet qui vise la réduction des gaz SO2 de Maroc Phosphore I & II. Ces deux lignes seront en marche début 2004. Cette opération nécessitera une enveloppe de 300 millions de DH. Ce projet anticipe sur le projet de loi marocain relatif aux effluents gazeux sulfuriques, selon les responsables de l'OCP. L'utilisation de ce nouveau procédé va permettre “de réduire la consommation en fuel, ce qui présente un gain énergétique et aussi un gain environnementale, puisque le taux de conversion va passer de 99,7 à 98%”, explique Abderrahim Abdenbaoui, chef de la division Gestion administrative. Le “revamping des unités engrais de Maroc Chimie” est un autre projet qui a démarré en décembre 2002 pour assurer le lavage des gaz et le recyclage des eaux. 185 millions de DH sont le budget qui lui a été consacré. Dans le même but, un projet de traitement d'acide, dont le démarrage est prévu en mars 2003, a été inauguré, bénéficiant d'une enveloppe de 150 millions de DH. “Ce projet vise l'amélioration des conditions de travail, la réduction des gaz et aussi la fidélisation de nos clients”, indique Jalal Berrady, chef du service Environnement et Sécurité.Pour désarséniser l'acide phosphorique, l'OCP a consacré une enveloppe de 15 millions de DH pour le lavage des gaz et le désarséniation de Maroc Phosphore II. L'OCP a ainsi choisi une politique de prévention et d'anticipation “pour jouer son rôle d'entreprise citoyenne qui intègre de nouvelles technologies et remet à niveau ses installations et ce dans l'intérêt commun”, explique Kendili, directeur général des Industries chimiques de Safi. Les projets initiés seront couronnés par la réponse aux exigences normatives en matière de maîtrise du processus environnemental. Ainsi, l'OCP a consacré une enveloppe de 2 millions de DH pour l'accompagnement de la certification selon la norme ISO 14001, qui assurera à l'Office crédibilité et indépendance.. Mesures préventives “L'OCP n'a jamais nié sa responsabilité quant à la pollution de certains sites. Cependant, les choses ne sont pas aussi dramatiques qu'elles en ont l'air”, indique Jalal Berrady, chef du service Environnement et Sécurité. Les industries chimiques de l'OCP ont été pendant une période à l'origine de certaines nuisances. Le traitement de la pyrothine, une substance riche en soufre, se faisait grâce à un procédé qui était à l'époque, selon les responsables, au diapason de la technologie. Ce procédé presentait en revanche l'inconvénient de générer des poussières de soufre. L'unité de traitement de la pyrothine a fini par être rasée complètement en 1981, pour être remplacée par un atelier sulfurique qui utilise un procédé américain “Monsanto”. Ce dernier est muni d'un système de récupération de chaleur (HRS) qui permet de réduire les émissions en dioxyde de soufre. Pour développer davantage sa politique de management de l'environnement et aller de l'avant dans ce domaine, le groupe OCP a récemment adopté et mis en oeuvre une démarche globale. L'objectif est de mettre la question de l'environnement au coeur de sa nouvelle politique et aboutir à une gestion intégrée au niveau de tout le groupe. Aussi l'OCP a-t-il installé plusieurs démarches: constitution du comité Environnement, création de la division Environnement , mise en œuvre de programme de contrôle et suivi systématique…Pour veiller à la protection de l'environnement, l'OCP réalise régulièrement des évaluations environnementales pour évaluer les écarts par rapport aux nouvelles normes. Un effort est certes déployé, mais il reste beaucoup à accomplir. Dans un processus d'industrialisation, l'environnement ne peut être à 100% épargné. L'erreur serait d'instaurer un laisser-aller qui pourrait être destructif. La pollution, conséquence de l'industrialisation, pourrait par contre être contrôlée en intégrant la gestion des risques dans la politique générale de toute industrie.


Audit environnemental

En 1997, un audit environnemental réalisé par des Japonais, en collaboration avec l'Observatoire national de l'environnement du Maroc (ONEM), a révélé des données très importantes concernant la dégradation de l'environnement de la ville de Safi. Cette étude, faite par des experts en environnement, s'est fondée sur des données scientifiques et a suivi une démarche rationnelle d'échantillonnage et d'analyses biologiques et physico-chimiques. Les résultats de cet audit ont démontré que les rejets du complexe chimique dans la mer par le biais de cinq émissaires sont relativement acides. Ces déchets présentent une forte charge en matières en suspension (MES) et un rapport de demande biologique en oxygène (DBO5) élevée. Par conséquent la zone côtière étendue sur un rayon de 10 km connaît un grave déséquilibre de l'écosystème et menace les ressources halieutiques. Les effluents gazeux ont par contre un effet sur l'homme. L'altération du milieu par les divers polluants gazeux pourrait en effet engendrer des maladies respiratoires et olfactives chez l'homme. Une étude médicale internationale, menée en 1998 et associant le Maroc, a démontré que la pollution de l'air en est pour la propagation de certaines pathologies. Les habitants de Safi continuent toujours de se plaindre “Des brouillards de soufre, des odeurs désagréables qui causent des picotements aux yeux et un mal fou à respirer, sont devenus des phénomènes habituels dans la ville”, se plaint un Safiot. Selon les constats des habitants renforcés par ceux de quelques médecins, “les maladies respiratoires, les irritations oculaires, les troubles olfactifs, l'asthme et d'autres formes d'allergies sont devenus des pathologies très répondues à Safi”. Malgré ces témoignages, il reste difficile d'établir une relation de cause à effet en l'absence d'une étude médicale. “Il n'y a aucun indice scientifique qui pourrait prouver que la pollution chimique est la cause de la propagation des maladies respiratoires à Safi. Il n'y a pas de relation de cause à effet”, indique Dr Fouad Bouchareb, délégué médical de la région Abda-Doukkala. L'audit environnemental, bien qu'il s'est penché sur l'analyse de l'impact des industries chimiques sur le littoral et l'atmosphère, n'a pas couvert l'aspect médical. Cette étude supervisée par le ministère de l'Environnement n'a pas été rendue publique: “Nous n'avons pas eu vent de cette étude”, souligne Abdelahafid Rerhaye. Widad GHORBAL

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