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Culture

Safi célèbre l'art de l'aïta

Par L'Economiste | Edition N°:2588 Le 10/08/2007 | Partager

. Coup d’envoi du festival ce vendredi. Objectif: Réhabiliter poésie orale et musique traditionnelle LA VIe édition du Festival de l’art de l’aïta s’ouvre aujourd’hui à Safi. Jusqu’au 12 août, cette manifestation réunira les plus prestigieuses troupes de chikhates, ces fameuses chanteuses et danseuses populaires. Cette édition organisée par le ministère de la Culture rend hommage à Hajja Latifa al-Makhloufi, une des figures de proue de cet art ancestral. Hajja Hammounia et Mustapha El Bidaoui sont également à l’honneur. La manifestation se déroule aussi sur le thème «L’art de l’aïta, origines et prolongements». Les organisations proposent, cette année, un programme riche et varié qui se décline en trois soirées. Pour ce faire, une grande scène a été érigée place Moulay-Youssef près des remparts portugais. La première représentation verra la participation de trois groupes. Il s’agit des Houariate de Safi, des Laabat de Settat et de la troupe des Slimaniate. D’autre part, Ouled Ben Aguida, suivi de Mustapha El Bidaoui et de Khout Lâalam se produiront durant la mégasoirée de samedi. Les spectateurs, certainement très nombreux, pourront apprécier également les prestations du groupe Mazagan, de Khadija Margoum et de Mustapha Bourgogne, dimanche lors de la soirée de clôture.   Et en marge du festival, une conférence, qui reprendra le thème de cette édition, verra la participation de plusieurs intervenants historiens et chercheurs. Il s’agit notamment de Hassan Bahraoui, universitaire, d’Ali Essafi, journaliste à la SNRT, de Salem Kouindi et Khaled Khodari, tous deux chercheurs. Le choix de la ville de Safi par le ministère de la Culture, pour promouvoir et sauvegarder cet art populaire, n’est pas un hasard. La région est connue par l’une des fameuses aïta, nommée «hasbaouiya» Cette appellation tire son origine du toponyme Al-Hasba. C’était une localité commandée jadis par le célèbre caïd Aïssa Ibn Omar al-Abdi. D’ailleurs, les paroles de plusieurs « ayoutes » (poèmes chantés) relatent l’histoire des conflits entre ce caïd et des tribus de cette région au début du XXe siècle. Cette partie de l’Histoire marocaine fait aussi l’objet d’un film que le cinéaste Hamid Zoughi tourne actuellement. Il s’agit de «Kharboucha, ou May Doum Hal » (Kharboucha ou rien n’est éternel). Kharboucha est un personnage légendaire de la région de Safi. C’est une chikha qui « n’avait pas froid aux yeux » et qui n’hésitait pas à chanter contre l’injustice. Ses chansons avaient pour cible principale le tyrannique caïd Aïssa Ben Omar. Ce dernier faisait régner la loi du colonisateur français dans la région. Seule rescapée d’une tuerie menée par une tribu adverse et qui décima toutes les femmes de son clan, Kharboucha garda une rage et une force qui s’exprimaient dans sa prose chantée. Cette femme n’était pas belle car elle avait le visage marqué par la petite vérole. Mais sa voix la rendait envoûtante. Par ses chants, elle appela les hommes de sa tribu – les Ouled Zid- à se rebeller contre le despotisme. La riposte, en 1922, du caïd Aïssa fut terrible. Il fit emmurer vivante Kharboucha, le jour même de ses noces. C’est cette histoire devenue mythique qui a été reproduite au théâtre et maintenant adaptée pour le grand écran. De son côté, Hassan Najmi a réalisé un essai en langue arabe, aux éditions Toubkal, intitulé « Al-Aita, poésie orale et musique traditionnelle au Maroc ». Cet ouvrage retrace les origines de cette musique de la plaine qui a pris naissance dans le domaine des tribus Abda, Doukkala et Chaouia au gré des fêtes et des circonstances. Il s’agit par ailleurs de reconstituer l’histoire de cet art de la fête depuis l’installation des Arabes parmi les tribus amazigh, et la naissance du «darija» (dialecte) sur le littoral atlantique entre Casablanca et Safi. L’objectif de l’écrivain est la perpétuation de la mémoire d’une culture et d’une poésie dont les auteurs demeurent anonymes.De notre correspondant, Mohamed Ramdani

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