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    Politique Internationale

    Saddiki: Le théâtre, entreprise de spectacle

    Par L'Economiste | Edition N°:325 Le 09/04/1998 | Partager

    Acte 1, scène 1, entracte. Après 60 jours, Tayeb Saddiki fait le point sur son Espace de spectacles créé à Casablanca sous le chapiteau. Chaque jour, des classes d'enfants y trouvent déjà leur bonheur. Pour les adultes, il y aura plus de spectacles, et mieux ciblés.


    Bilan! Il a dit bilan. Voilà notre dramaturge national qui n'a jamais juré que par Molière et les poètes arabes, converti au langage de l'entreprise. C'est un signe des temps. L'art et le théâtre en particulier ne peuvent plus vivre au crochet de l'Etat et de mécènes. Il ne doit plus être assisté, mais économiquement viable et Tayeb Saddiki montre la voie avec son théâtre privé... de moyens, comme il dit.
    Car privé ne veut pas dire riche et tout de suite. Toute entreprise commet des erreurs de démarrage et il faut avoir l'humilité de les reconnaître pour apprendre. "Nous nous sommes ramassés sur deux spectacles et nous n'en avons pas organisé assez", reconnaît-il lors d'une conférence de presse happening: il explique, taquine, fidèle à lui-même, flatte, tire sur son cigare. Derrière lui Rajae, sa fille, toussote, chahute, affalée sur un fauteuil tapissé du portrait de Molière. Un hommage permanent au maître. Ce sont d'ailleurs les enfants qui ont été les premiers à trouver leur bonheur dans cet Espace. Deux ou trois fois par semaine, il en vient 60 à 120, par classes entières, pour jouir de spectacles, mais aussi pour découvrir l'éducation corporelle, avec Mohamed Zouhair, les métiers du théâtre, les décors, l'éclairage, les masques.

    Une troupe de clowns- acrobates, les Bahlawane, a été montée pour eux. C'est Abdelmajid Laânigri qui l'anime. Son rêve secret est de monter un jour un cirque; il y a une demande pour cela, une "cible", selon l'expression de Tayeb Saddiki, qui fait du marketing sans en avoir l'air, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose. Il faut savoir toucher sa cible. "Rien ne sert d'accrocher des affiches en arabe devant le lycée Lyautey", dit sans complexes l'homme qui a redonné vie à tant de beaux textes de Al Majdoub ou de Al Hamadani.

    Une cérémonie des Farid


    Si, sur la cible des enfants, l'homme de Mogador estime avoir réussi, il reconnaît qu'il reste beaucoup à faire pour l'adulte. Dès ce mois d'Avril, une journée sera consacrée au masque et une autre à la poésie. Les poètes chevronnés seront honorés tout comme les jeunes talents. Un hommage particulier sera rendu à feu Mohammed Khaïrdine.
    Une autre manifestation sera consacrée au théâtre. C'est encore une journée qui commémorera en mai La lettre Royale adressée à la profession. Le peintre Farid Belkahia a déjà construit les répliques des Oscars ou des Césars. Ce sont de petites statuettes de bronze représentant des masques entrelacés, qui récompenseront 14 professionnels de différents métiers du théâtre. Le rendez-vous est pris pour une cérémonie des Farid. Pour ne pas isoler l'Espace, l'opération sera réalisée avec le Théâtre Mohammed V , L'ISADAC et le bon vieux Conservatoire de Casablanca. Mai connaîtra les premières représentation du 4ème Bsat, "Le caftan d'amour cousu de passion".

    Arrive le mois de juin avec sa Coupe du Monde qui ravira toutes les attentions. L'Espace Saddiki sera de la partie, installera des écrans géants. Il donnera simultanément de petits spectacles de marionnettes pour les petits qui accompagnent leurs parents et de petites scènes pour agrémenter les mi-temps.
    Ce mélange des genres et des spectacles a toutes les faveurs de Saddiki, heureux de voir des groupes de Rock, de Jazz, et de Rap et même les Boy's Band au Maroc. Ainsi Alliage se produira à Casablanca le 24 avril, au Complexe Mohammed V, pour le bonheur de toutes le midinettes de la ville. Un jeune homme, bon chic bon genre, qui distribuait des affiches du spectacle devant un lycée a été pris d'assaut par les jeunes qui l'ont pris pour un des quatre éphèbes d'un groupe: Quentin le fonceur, Steven le battant, Brian le charmeur et Roman le romantique, représentent chacun un trait de caractère, ce qui permet à tous les jeunes du monde de s'identifier à eux. "Des spectacles à encourager pour cultiver l'ouverture d'esprit de notre jeunesse, endiguer l'obscurantisme et le fanatisme", dit en substance Saddiki.

    Khalid BELYAZID

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