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    Royal Air Maroc sort de l'épreuve

    Par L'Economiste | Edition N°:9 Le 29/12/1991 | Partager

    Avant l'an 2000, un milliard de Dollars consacrés à la flotte moyen courrier

    Parmi les grandes entreprises nationales la RAM a été la plus affectée par la crise du Golfe et le marasme du tourisme, dont elle dépend à 65%. Son président, M. Mekouar s'est montré confiant pour l'avenir, à l'occasion des cérémonies marquant la livraison de deux nouveaux Boeing 737-500.


    LES 200 compagnies aériennes membres de l'IATA subissent cette année un déficit record de 7 milliards de Dollars et 1991 sera l'année la plus noire de leur histoire.
    Pour la RAM et selon l'expression de M. Mekouar, l'année fut "éprou-vante". Malgré un trafic en régression du 17%, la compagnie a traversé la tourmente "sans trop laisser de plumes" et la stratégie de développement et d'équipement suit son cours. C'est ce qui ressort des déclarations données lors des cérémonies organisées par la RAM à l'occasion de la livraison de deux Boeing 737-500.
    La compagnie qui avait passé commande de dix Boeing 737 de la nouvelle génération, en a déjà reçu quatre (deux 737-400 et deux 737-500). Elle a pris une option sur dix autres appareils.
    Ce programme d'équipement reflète une stratégie sur la flotte moyen courrier qui sera, avant l'an 2000, composée d'une flotte homogène d'une trentaine d'appareils. Ces avions de 100 à 150 places permettront de développer les lignes intérieures et de "voisinage" et d'en multiplier les fréquences. La compagnie estime qu'être équipée en moyen courrier, avec un type d'avion, le 737, et deux modules le 737-400 et le 737-500, qui ont les mêmes réacteurs, et les mêmes postes d'équipage, génère des économies d'exploitation, notamment sur l'entretien, le stock de pièces de rechange communes. Le Président de la RAM a d'ailleurs annoncé que, d'ici un an à un an et demi, la compagnie commencera à réviser les réacteurs après formation de 200 à 250 personnes. Elle maîtrisera l'entretien complet de l'appareil.

    L'autre élément sophistiqué et déjà révisé localement est le poste de pilotage. Le profane y remarque les écrans cathodiques, qui remplacent les petites boules rouges qui tournent et les aiguilles. Les informations données auparavant par la micro-mécanique sont données par l'électronique et l'informatique. Le System Electronic Flight apporte une fiabilité et une aisance de pilotage supplémentaires. De plus le FMS, ou "Flight Management System" est un ordinateur de bord qui contient tous les plans de vol de la compagnie que l'avion est amené à faire, les destinations définies par le département des opérations, les routes aériennes... et toutes les informations de croisière qui permettent d'économiser du temps, du carburant, ou l'attention du pilote. Le mécanicien navigant n'est d'ailleurs plus nécessaire sur le 737. Le traditionnel "manche à balai" avec sa sacro-sainte "check-list" des vérifications avant le vol subsiste néanmoins.
    Le 737-500 peut accueillir 8 passagers en première classe, 18 en classe Atlas et 83 en classe touriste. Certains 737 sont par ailleurs convertibles pour le fret, qui demeure une préocupation majeure. Pour l'instant, la RAM répond à toute la demande et prépare la relève de B.707 qui ont 20 ans mais qui, révisés, donc en état de vol, doivent être quand même remplacés pour motif d'économie à l'horizon 4 à 5 ans. Un 757 cargo pourrait être acheté ou un DC8 acquis en leasing.

    "Air Maghreb encore trop tôt"


    Sur certaines lignes cargo, la RAM cherche des économies d'échelle au niveau maghrébin. Les avions qui chargent les exportations marocaines reviennent vides au tiers. Les avions algériens partent vides dans le sens Sud-Nord. Il est encore trop tôt pour créer "Air Maghreb", ce type de concentration génère des problèmes financiers, techniques et sociaux affirme M. Mekouar lors de sa conférence de presse.
    Le temps n'est pas encore venu pour suivre les mouvements de concentration de l'aéronautique mondiale. Aux Etats-Unis, après la faillite de la Pan.Am, les trois plus grandes compagnies possèdent chacune au moins 500 appareils. A titre de comparaison, la RAM en possède 30 actuellement.
    Il n'en reste pas moins que la compagnie reprend le développement de ses lignes, entravé par la crise du Golfe. Ainsi, les vols sur Istambul, Jeddah et Munich suspendus pendant la crise du Golfe seront réouverts en 1992.
    Sur l'Amérique du Nord, la fréquence a deux vols de base en hiver et quatre vols de base hebdomadaires en été sera rétablie. Les destinations de Londres, avec un vol quotidien en plus, et de Rome seront renforcées.
    La RAM prévoit Paris-Ouarzazate-Agadir sans escale et Casablanca-Stokholm en Mai 1992. Elle étudie Berlin, Prague, et Budapest.

    Khalid BELYAZID

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