×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    International

    Roumanie et Bulgarie dans l’UE
    Le Maroc devra réagir

    Par L'Economiste | Edition N°:2433 Le 29/12/2006 | Partager

    . La Roumanie, le vrai concurrent du Maroc. Un pays «industriellement francophone». Des coûts de production similaires, voire inférieursQU’ADVIENDRA-t-il de la compétitivité marocaine à la suite de l’adhésion de pays concurrents comme la Bulgarie et la Roumanie à l’Union européenne (UE)? L’élargissement et l’accélération de la libéralisation des échanges mondiaux constituent effectivement des faits marquants de la nouvelle économie internationale auquels le Maroc n’échappe pas. Les principaux secteurs où notre compétitivité sera mise à mal seront principalement ceux du textile, du tourisme et de l’agriculture. Les recettes tirées de ces secteurs à l’exportation connaissent déjà une certaine volatilité due à une perte de compétitivité du Royaume face à des pays comme l’Asie. Mais, aujourd’hui, avec l’entrée dans la compétition des pays de l’Est sur le marché européen, l’affaire se corse. Car si le niveau d’investissement est en augmentation avec une inflation maîtrisée, la faible performance du commerce extérieur constitue toujours un handicap de taille. Nos exportations permettent uniquement de couvrir la moitié de nos importations. L’équilibre de la balance commerciale se présente donc comme une priorité pour les autorités, qui à défaut, ne pourront exploiter la bonne croissance marocaine dans ses conditions optimales. Il faut avouer que, dans le cas du Maroc, ce rehaussement de la concurrence ne pousse pas à l’optimisme. C’est que le Royaume n’est pas abondamment armé en termes de commerce extérieur. Nous restons traditionnellement et structurellement un pays importateur. Les raisons de ces angoisses reposent principalement sur un taux de couverture du commerce extérieur qui n’a pas cessé de dégringoler ces dernières années. Depuis janvier 2006, il stagne à 52%, démontrant une dégradation de la performance du commerce extérieur du pays dominé par des exportations à faible valeur ajoutée. A noter qu’en matière du commerce international, le taux de couverture représente un indicateur déterminant de la compétitivité d’une économie et également de sa capacité d’intégration aux échanges internationaux. Le Maroc est considéré comme pays émergent; son taux devrait en principe se rapprocher plus des 70%. Alors que doit on en conclure ? Le Maroc serait-il en train de se reposer sur ces lauriers sous prétexte que son économie globale respire la croissance? Si c’est le cas, sa compétitivité à l’extérieur risque bien fort de trépasser face à celle de pays dont la future croissance économique dépend entièrement de leur adhésion à l’UE. En effet, si la santé économique de la Bulgarie et de la Roumanie n’égale peut-être pas le PIB du Maroc, estimé en 2006 à 7,3%, ces pays n’en restent pas moins des prédateurs à la main d’œuvre qualifié et aux coûts de production offrant des avantages compétitifs certains, en plus de leur proximité culturelle et linguistique avec l’Europe occidentale qui pèse en leur faveur. Républiques parlementaires depuis 1991, ces régimes profitent également de l’appréciation de leurs risques pays et financier qui explique le regain et la croissance des échanges commerciaux entre l’UE et ces ex- régimes soviétiques.La Roumanie de Traian Basescu, un réformateur libéral qui a habilement négocié l’entrée du pays dans l’UE, représentera le 7e marché de l’UE. Il ne faut pas la sous-estimer, d’autant plus que l’on considère que la plus grande part de son activité industrielle se fait en français et que les coûts de production sont similaires, voire inférieurs à ceux du Maroc. Quant à la Bulgarie du socialiste Sergueï Stanichev, elle sera le membre le plus pauvre des 27 Etats de l’Union. Mais c’est sans compter sur le potentiel explosif de ces principaux secteurs d’activité que sont l’agroalimentaire (30% de la production mondiale d’huile de rose), le tourisme et la pétro-chimie. Plusieurs pays européens tels que le Luxembourg et la Belgique ont déjà des projets d’outsourcing en Roumanie et en Bulgarie. Et ce, dans des secteurs aussi variés que l’informatique, les bureaux d’études et la transformation des métaux. Il faut dire que la croissance de ces deux pays, oscillant entre 5 et 6% par an, a de quoi attirer les investisseurs. Le taux d’investissement en Bulgarie a ainsi été de 9,5% en 2005-2006, et de 12,5% en Roumanie en 2006.


    Diplomatie économique

    DÉVELOPPER une diplomatie économique qui se base sur un organisme unique de promotion économique à l’étranger, cela semble déterminant pour l’avenir du pays. Car s’il vrai que le Maroc jouit de relations économiques avec l’UE historiquement solides, cette position risque d’être sérieusement remise en cause en raison de la tendance à la généralisation des accords de libre-échange de l’UE avec d’autres pays, notamment de l’Amérique latine (Mexique, Mercosur, etc.), et de l’intégration totale de plusieurs autres pays de l’Europe de l’Est dans l’UE. C’est pourquoi développer des pistes d’intégration au niveau régional de l’UE mais aussi dans le cadre de l’Union du Maghreb arabe ou de la Zone arabe de libre-échange permettrait du moins de diversifier les risques pour le Maroc.


    Compétitivité sectorielle

    AU niveau de la compétitivité sectorielle, les indicateurs sur lesquels le Maroc devra travailler en priorité restent les différentiels des taux de taxation, les différentiels de productivité globale des facteurs (main-d’œuvre comprise), et les coûts des principaux services : transport interne et international, frais portuaires, télécommunications, eau et électricité, etc. Tous ces avantages ont permis jusqu’à présent au Maroc de se tailler une position certes minime en termes de commerce extérieur, mais solide sur le long terme. Il s’agit donc d’investir plus intelligemment dans une stratégie de diplomatie économique qui prenne en compte ces modifications du contexte international.Najlae NAAOUMI

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc