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    Rosh Ha-Shana, Yom Kippour et le mois sacré du Ramadan

    Par L'Economiste | Edition N°:2123 Le 05/10/2005 | Partager

    La date du lundi 3 octobre au soir marque le Nouvel An pour les Juifs qui célébreront le premier jour de l’an 5766 par la fête de “Rosh Ha-Shana” (la tête de l’année). Le mot fête y prend toute sa signification car l’on célèbre un événement empreint d’une spiritualité extrême. “Rosh Ha-Shana ” ouvre un compte à rebours très particulier qui culmine, huit jours plus tard, à “Yom Kippour”, le Grand Pardon. Pratiquement tous les juifs jusqu’au plus laïcs observent à leur manière ce jour de jeûne qui coïncide comme tous les sept ans et pour des raisons de calendrier lunaire avec le mois sacré du Ramadan. Dans le judaïsme comme dans l’islam la notion de gestation liée à cette période est primordiale. Elle translate le concept objectif du temps pour l’intérioriser en une notion de temporalité interne. A travers le jeûne et l’élévation de l’âme, la conscience doit se déterminer par rapport à Dieu, au Monde et à l’autre. Elle va réduire l’importance de l’espace et donc de la matérialité pour privilégier le temps. Les musulmans vont vivre ce mois lié à la révélation du Coran au rythme du jeûne, de sa rupture et de longues réflexions et discussions dont Leïlat Al Kadr (Nuit du Destin) est l’aboutissement. Pour les Juifs, le processus est similaire. Il est tout simplement concentré en quelques jours. La signification consiste en une entière remise en question de soi. Suis-je un bon juif ou un bon musulman? Quelle est ma croyance, qui suis-je en face de l’Univers? Quel est le sens de ma vie? Où est le bien et où est le mal? Il ne s’agit pas de savoir si l’on a fait l’aumône ou si l’on a convoité la femme de son voisin. La remise en question est plus structurelle.Ces interrogations vont tellement loin dans certaines élégies rabbiniques citées par Elie Wiesel dans ses “Célébrations hassidiques” que l’on parle de Yom Ha Kiporim et donc du jour des pardons parce qu’il va tellement loin dans son questionnement que tout en demandant pardon à Dieu il exige que Dieu demande pardon à l’Homme pour les souffrances qu’il lui a infligées… La quête de la vérité est absolue et le doute qu’elle engendre doit raffermir la foi, comme s’il fallait commencer une nouvelle année sur des bases nouvelles. Mais prenons garde au sens du pardon. La coutume veut que l’on demande avant Yom Kippour à son prochain de le pardonner. Le téléphone sonne: “Bonne fête, je te demande pardon si je t’ai fait du mal. Réponse: oui, je te pardonne”. Le pardon vient de l’Autre car Dieu ne peut pardonner que les manquements à sa loi. Il pardonne celui qui aurait transgressé les rites alimentaires ou la sainteté du shabbat.L’enjeu est de taille, il s’agit comme lors de la Nuit du Destin de présenter au Juge Suprême non seulement des faits mais une dynamique dont la finalité est l’inscription sur le “livre de la vie”. D’ailleurs les juifs disent avant Yom kippour “Hatima Tova” ce qui signifie “bonne inscription”.Les exigences spirituelles sont placées au centre de la vie sociale. Le repas de Rosh Ha-Shana va décliner une symbolique de la fécondité de la douceur et de l’abondance. On retiendra la pomme trempée dans le miel, symbole propitiateur d’une année de douceur, la tête du poisson posée sur la table “pour que nous soyons toujours à la tête et pas à la queue”, la grenade, roumane en arabe et rimone en hébreu, dont la multitude des grains évoque les qualités infinies de la femme. Ne sommes-nous pas à cet instant revenus à une forme de paganisme où la matérialisation des symboles consacrés renvoient à une forme d’animisme. Mais cette intensité du questionnement ne reflète-t-elle pas elle aussi une forme d’obsession païenne de la transe?La morale et le social prennent alors la relève de la métaphysique. Car ces rites codés et pour ainsi dire secrets pour les non-affranchis forcent d’emblée une cohésion sociale unique. Les familles musulmanes réunies pour le “ftour” pendant les soirées de Ramadan, comme les familles juives réunies autour de la table de Rosh Ha-Shana consolident leurs liens et perpétuent les valeurs sociales fondatrices du consensus social et politique. Même chez les plus démunis, une certaine opulence caractérise la rupture du jeûne. Souvent les gens modestes font un effort pour que la table du ftour soit un vrai moment de joie.Certains excès dénatureraient la signification de la fête et deviendrait l’expression de la décadence. Il n’y a pas grande élévation spirituelle à se goinfrer et à passer la nuit à jouer aux cartes. La synagogue, le jour de Kippour peut aussi se transformer en un défilé de mode où les femmes exposent sans vergogne leurs bijoux et leurs fourrures. Loin de nous l’idée de juger ou de condamner. Même s’il fait 28 degrés à l’ombre,  cette fourrure, il faut bien la sortir une fois par an. Et puis ces femmes trop apprêtées ont une vulgarité attendrissante! Mais comme il y a une signification de l’ascèse par le jeûne conçu comme une source de purification, pour une fois et uniquement parce que cette purification a un côté empirique, alors purifions! Le judaïsme souligne la nécessité de ne pas jeûner à tort et à travers et de ne pas réinventer pour des raisons qui ne participent plus de la quête spirituelle des rites ou des comportements ouvrant la porte à l’anarchie. Il y a des règles simples. Le jeûne commence à la tombée de la nuit et prend fin le lendemain à la tombée de la nuit. Interdiction de manger et de boire pendant environ 26 heures. Interdictions de se laver et de se raser et d’avoir des rapports sexuels.Les fidèles passent leur journée à prier à la synagogue. Le paroxysme de l’intensité s’exprime en ce dernier chant intitule la “Neila”. La fin du jeûne est annoncée par le son du “chofar”, une corne de bélier dont sort un son plaintif et saccade. En Israël, le pays tout entier s’arrête de fonctionner. Quelques très rares véhicules déambulent comme des étoiles perdues d’une galaxie lointaine. Les enfants et les jeunes adolescents prennent possession des rues désertées par les automobiles et arpentent les voies désertes en bicyclette ou en patin à roulettes. Il y a l’irréalité de la solidarité réelle de tout un peuple. Irréel aussi car il se referme sur lui-même et oublie qu’un monde extérieur et souvent hostile l’entoure. Souhaitant lui “Shana Tova, Mabrouk l’Aid”. Comme Dieu avait décillé les yeux de Sara dans le désert pour qu’elle puisse s’abreuver, espérons que cette période d’intense remise en question ouvre d’autres yeux et trouve son accomplissement dans une solution juste et durable du conflit israélo-palestinien. Pour que les militaires et les militants comprennent qu’il est temps de trouver d’autres voies que celle de la confrontation et de la violence et que les peuples se parlent pour finir par s’aimer. Que les militants palestiniens confirmeront la trêve à laquelle ils se sont engagés, que les Israéliens mettront un terme immédiat à cette déplorable politique des exécutions ciblées et que peut-être (pourquoi pas) le Ramadan sera le prétexte d’un élargissement de prisonniers palestiniens. Voilà qu’elle est notre prière.


    Message d’espoir

    Les déclarations du Hamas sur son engagement à respecter la “hudna” ne sont pas la conséquence des raids israéliens mais seulement la poursuite de leur stratégie pour la conquête du pouvoir. D’ailleurs, Israël est en état d’alerte dans la crainte d’un attentat. Alors ce serait à nouveau des représailles sanglantes. La reconstruction de Gaza doit réussir pour le bien des Palestiniens et pour la suite des événements. La communauté internationale doit se remobiliser comme elle l’a fait pendant le retrait de Gaza et si elle ne donne pas des signes forts dans les heures qui viennent, elle manquera à ses devoirs en face du conflit. Un signe fort serait l’envoi d’un émissaire à Gaza qui soit autre que le très respectable Omar Sulaiman chef des Moukhabarat égyptiennes. Un émissaire avec un message d’espoir qui contribuerait au désarmement nécessaire des milices. Comment les services spéciaux les plus sophistiqués du monde peuvent penser que l’on peut désarmer par la force les milices palestiniennes sauf de s’engager dans un véritable massacre. C’est un leurre. Israël n’y parviendra pas sans l’aide de la communauté internationale qui tarde singulièrement à venir. Une dynamique de paix doit se constituer à partir de projets économiques importants à l’échelle d’une nation. Ce ne sera que par la création de grands chantiers nationaux impliquant l’ensemble de la population de Gaza que l’on pourra stabiliser durablement cette situation. C’est ce que le président Mahmoud Abbas ira plaider dans quelques jours à Washington.Claude SENOUF

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