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    Economie

    Rocade méditerranéenne : Les TP explorent les pistes de financement

    Par L'Economiste | Edition N°:259 Le 19/12/1996 | Partager

    Le Ministère des Travaux Publics (TP) projette de réaliser une rocade méditerranéenne devant relier Tanger à la ville balnéaire de Saïdia, située à la frontière maroco-algérienne. Le coût du projet s'élève à 2 milliards de DH.


    M. Abdelaziz Méziane Belfkih, ministre des TP, n'a pas eu de difficulté à convaincre les membres de la Commission parlementaire chargée des Infrastructures, des Postes et des Télécommunications (le 17 décembre) de la viabilité de son projet. Le département entend construire une rocade méditerranéenne, longue de 560 km, qui devra relier Tanger à Saïdia, petite ville balnéaire située à la frontière maroco-algérienne. L'idée est de construire une route côtière de première catégorie à double voie (large de 7 mètres), n'épousant pas les reliefs. Il sera donc nécessaire de creuser des tunnels et bâtir des viaducs pour traverser les reliefs accidentés des provinces du Nord.
    En fait, seuls 260 km sont à construire puisqu'une partie du trajet existe. Les 300 km qui restent sont dans un tel état qu'il faudra engager des travaux d'aménagement. Ils consisteront à renforcer et à élargir la chaussée à 7 mètres et à rectifier le tracé en certains endroits.

    En d'autres points, il sera indispensable de traiter l'environnement de la route afin d'atténuer les risques d'éboulements et de glissements de terrain.
    Le coût global des aménagements et de la construction du chaînon manquant est estimé à 2 milliards de DH.
    Afin de montrer le caractère prioritaire du projet, le Ministère des TP compte lancer simultanément, au cours de l'année prochaine, les travaux par les deux extrémités de la liaison. Il s'agit des tronçons de Tanger-Ksar Séghir (28 km) et de Saïdia-Cap de l'Eau (23 km). Le montant nécessaire à cette première opération est estimé à 200 millions de DH financé par le budget du Ministère.

    Impacts


    De même, le Ministère a lancé un appel d'offres international pour les études de ce projet dont le montant est fixé à 30 millions de DH financé par l'Espagne.
    En attendant de sélectionner le bureau d'études qui aura la charge d'effectuer ces études, le ministre affiche un optimisme quant aux sources de financement de la rocade. Il l'a d'ailleurs affirmé en réponse à une question d'un parlementaire : «Je ne connais pas de projet écono-miquement viable, utile à la collectivité et bénéficiant d'une volonté de faire des pouvoirs publics qui ne trouve pas de solution de financement».
    Pour l'instant, le Ministère explore toutes les pistes pour lever les fonds nécessaires. Celle qui est privilégiée amène à l'Union Européenne. Cette piste a en effet des chances d'aboutir en raison du développement économique et social que va générer la réalisation du projet. Le désenclavement du Rif en est le premier impact. De même, cette rocade donnera un coup de fouet à la promotion du tourisme et de la pêche artisanale sur la côte de la Méditerranée. L'Agence de Développement des Provinces du Nord a d'ailleurs inscrit ce projet parmi ses priorités.
    En outre, un rapport de la Banque Mondiale a évalué l'impact socio-économique des routes rurales sur le bien-être des populations. Ses conclusions font apparaître l'augmentation des principales cultures dans les zones concernées par le programme des routes rurales.

    Route ennemie du cannabis


    Ainsi la production fruitière a augmenté de 31% entre 1985 et 1995. D'ailleurs, les agriculteurs ont accru leurs investissements dans les cultures intensives et l'élevage de cheptels de race, s'orientant ainsi de plus en plus vers des activités à forte valeur ajoutée.
    La lutte contre le chômage n'a pas été en reste puisque le nombre des emplois dans ces zones a été multiplié par 6. Le taux de scolarisation est passé de 28% en 1985 à 68% dix ans après. Pour les filles, ce taux a triplé durant cette période. La fréquentation des centres médicaux a doublé.
    Ces niveaux de développement ne manqueront pas de susciter l'intérêt de l'UE, très sensible à la lutte contre l'émigration clandestine par la fixation des candidats dans leur pays d'origine. D'ailleurs, les discussions au sein de l'UE tournent autour d'une idée force, à savoir que la diminution de la pression du flux migratoire passe nécessairement par le développement économique et social des pays d'origine. La lutte contre la culture du cannabis, spécialité par excellence des profondeurs du Rif, pourrait être un argument auquel l'UE serait sensible. D'ailleurs, un adage dit: «la route est l'ennemi numéro un du trafic de drogue».
    Cette rocade présentera à coup sûr un avantage pour la communauté marocaine établie à l'étranger, particulièrement l'été à l'occasion du retour en vacances. Les émigrés originaires de Nador et de l'Oriental seront soulagés d'éviter ainsi tout le détour par Fès que suppose la traversée par Tanger ou Sebta.

    Mohamed CHAOUI

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