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    Courrier des Lecteurs

    Ristourne sur les taux: Les effets pervers

    Par L'Economiste | Edition N°:273 Le 27/03/1997 | Partager

    La dernière remise de taux en faveur des PME s'inscrit dans un mouvement de baisse généralisé puisque même le Trésor a réduit d'un demi-point l'intérêt servi sur l'Emprunt National. Cependant, elle engendre bien des paradoxes.


    Quelques jours après l'annonce officielle de la baisse de 2 points sur les taux des crédits d'investissement en faveur des PME, à compter du premier mars, une note du GPBM adressée aux banques vient préciser les critères d'éligibilité. Cette ristourne sera appliquée à toute entreprise dont l'actif net est inférieur à 10 millions de DH et dont l'investissement ne dépasse pas les 10 millions de DH. Autre précision: il n'est nullement question de réduire le taux du CMTR de 11 à 9%, celui-ci étant fixé par circulaire de Bank Al-Maghrib.
    Cette ristourne, obtenue à l'arraché par les autorités monétaires en faveur de la création ou de l'extension de projets, peut avoir des retombées positives sur les coûts de production. La baisse des charges financières peut en effet se traduire par une amélioration de la compétitivité, si l'entreprise arrive à optimiser son endettement. "Les chefs d'entreprise doivent penser leur projet d'abord en termes de rentabilité avant de considérer le coût de financement", estime un banquier. Le succès d'une telle mesure suppose donc une évaluation juste de la rentabilité de l'investissement(1) . A court terme, cette ristourne de 2 points devrait se traduire par un recours massif des PME au crédit bancaire. Il est attendu que les grandes entreprises durcissent la négociation des taux avec leurs banquiers. "Avant l'entrée en vigueur de cette mesure, les grandes entreprises faisaient déjà jouer la concurrence sur la place pour grignoter sur nos marges", est-il-précisé.

    Désormais, elles vont être tentées d'aller plus loin, estimant que la marge laissée à la banque le permet.
    Autres conséquences: alors que la PME était plus ou moins convoitée par les banques puisqu'elle leur offrait la possibilité d'appliquer le taux plafond, elle risque aujourd'hui d'être marginalisée par le circuit bancaire.
    De plus, même si elle accède au crédit d'investissement à un taux promotionnel, en présentant un projet viable et rentable, la PME paiera son crédit de fonctionnement au taux plein. Ainsi, l'entreprise se retrouvera avec un taux de crédit à court terme plus élevé que celui lié à l'investissement.
    Le maintien de cette mesure peut même provoquer à terme un mouvement de filialisation par les grandes entreprises. Ce phénomène de multiplication artificielle de PME éligibles à cette ristourne de taux renvoie aux effets provoqués dans le passé par le Code des Investissements.
    "Les grands groupes seront en effet tentés d'utiliser les leviers réglementaires pour bénéficier du différentiel du taux de crédit".

    Pour l'heure, une question se pose: le handicap au développement de la PME réside-t-il véritablement au niveau du taux d'intérêt?
    Si la réponse est affirmative, alors la ristourne supplémentaire se traduira par une amélioration de la compétitivité et une réduction du coût de production. Elle aura donc une répercussion directe sur le résultat d'exploitation de l'entreprise.
    Dans le cas contraire, il faudra revoir la copie et identifier les véritables goulots d'étranglement. Deux constats irréfutables: les PME sont dans leur majorité sous-capitalisées et surendettées.
    Les solutions se trouvent notamment du côté du capital-risque.
    Banquiers comme industriels dénoncent l'absence de visibilité à moyen terme et l'application de mesures par à-coups.

    Mouna KABLY

    (1) Cf L'Economiste N°272 du 20 mars 1997.

    Marge et risque


    Le taux de sortie doit être égal au coût de la ressource plus une marge. Le coût de la ressource étant supposé commun à toutes les banques, le problème réside dans l'analyse de la marge. Celle-ci est fonction de l'évaluation du risque compte des facteurs suivants:
    · l'incidence du crédit sur le ratio Cooke;
    · la nature du crédit et sa durée: Le risque s'élève avec la durée et la marge augmente d'autant pour compenser la mobilisation des fonds;
    · la qualité des promoteurs et leur cotation;
    · la marge bénéficiaire escomptée par la banque.

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