×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Risque pays
    Comment lever les freins à l’investissement
    Entretien avec Thierry Apoteker, fondateur du cabinet consulting TAC

    Par L'Economiste | Edition N°:3312 Le 05/07/2010 | Partager

    . Attractivité: «le Maroc a des atouts particuliers». Intérêt réel d’externaliser sa production pour plus de compétitivité C’est le cabinet français de recherche économique et financière (TAC) qui a réalisé l’enquête «risque pays» pour le compte d’Attijariwafa bank (AWB). Les résultats qui ont été présentés la semaine dernière à Casablanca avaient, selon AWB, pour objectifs «de donner la visibilité nécessaire aux opérateurs économiques marocains dans cette conjoncture mouvementée» (cf. www.leconomiste.com). Thierry Apoteker, directeur du cabinet TAC et consultant économiste pays émergents, explique la démarche - L’Economiste: Quel est l’objectif d’une étude risque pays orientée vers les marchés émergents?- Thierry Apoteker: C’est pour répondre aux besoins exprimés par nos clients de manière générale. Dans le cas présent, la demande vient d’Attijariwafa bank. Mais l’étude peut intéresser également les entreprises européennes que notre cabinet encourage à aller sur des marchés plus compétitifs. Car on croit qu’il y a un potentiel considérable autour de la zone euro, du pourtour méditerranéen. Le Maroc, de ce point de vue-là, a des atouts particuliers. - Qu’est-ce qui ressort du zoom fait sur le Maroc?- Pour nous Français, ce sont les aspects langue, proximité et infrastructures qui attirent les investisseurs. Je pense qu’il y a un vrai intérêt pour les entreprises européennes de réaliser tout ou une partie de leur production dans des pays plus compétitifs. Ce qui est une réelle opportunité pour réduire les coûts et répondre à une demande des consommateurs et des entreprises. Demande qui, dans un contexte de crise forcément durable, est logiquement orientée vers des produits où le prix est déterminant. Pour ces entreprises, on leur recommande d’investir à l’étranger. En cela, le Maroc est une destination tout à fait attractive. Même un risque pays élevé ne doit pas être un frein à l’investissement.- Votre classement est donc favorable au Maroc… - Tout à fait. Notre étude le classe parmi les pays les plus recommandables de la zone. Elle permet également aux entreprises marocaines, qui ont à la fois une stratégie vis-à-vis des pays développés et pays émergents, d’avoir plus d’informations précises sur les marchés qu’elles ciblent. Il n’empêche qu’elles doivent regarder très attentivement le marché américain. Même s’il est plus distant, il y a un accord commercial, donc des conditions qui permettent de faire de bonnes affaires. De plus, ce marché sera plus dynamique que le marché européen pour les 4 ou 5 ans à venir. - Et les marchés d’Afrique subsaharienne?- Là par contre les statistiques sont plus compliquées. Mais, en tant qu’entreprise marocaine, intervenir en Afrique subsaharienne, tout en gardant sa production au Maroc, suppose avoir des relais, des agences, une présence commerciale… De toute évidence, on ne recommande pas à des entreprises de pays émergents d’avoir une stratégie de développement international qui soit fondée sur des à-coups. C’est-à-dire, j’y vais, je pars. Car, on considère qu’on est face à un basculement du monde, de manière durable. Pour cette conjoncture, il faut bien que les entreprises comprennent que si elles veulent développer des parts de marché durables, en tout cas pour les enseignes, il faut qu’elles établissent une présence commerciale dans un premier temps. - Au regard de la difficulté du modèle économique espagnol fondé en partie sur le tourisme et l’immobilier, le Maroc est-il exposé à ce genre de danger? - Pour le tourisme, l’Espagne n’a sûrement pas d’avantage comparatif par rapport au Maroc, donc il y aura une captation sans doute. Ceci dit, le Maroc fait face à d’autres concurrents que l’Espagne. En l’occurrence la Croatie qui a tiré son épingle du jeu et de la Grèce qui, aujourd’hui, coupe les prix de façon sauvage pour attirer à nouveau les flux de touristes. Ceci dit, sur le tourisme, le Maroc a des atouts considérables. Sur l’immobilier c’est totalement différent, sachant que l’Espagne était devenue la Floride de l’Europe où les retraités achetaient des résidences secondaires. Pour eux la question de l’appartenance à l’Union européenne a quand même beaucoup de sens, du point de vue de la sécurité juridique, des règles de droit de propriété, de transmission, etc. Au Maroc, c’est un peu plus compliqué. Acquérir un bien immobilier, c’est être propriétaire d’un actif. Pour un particulier, contrairement à une entreprise qui gère ses risques, le risque lié à la construction ou la politique au sens large, par exemple, n’est pas de même nature pour un ressortissant européen installé dans l’Union ou en dehors.Propos recueillis par Bachir THIAM

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc