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Richbond emménage dans sa nouvelle usine

Par L'Economiste | Edition N°:98 Le 07/10/1993 | Partager

Son nom est associé au matelas, mais Richbond a développé plusieurs activités en amont et arrive jusqu'à la filature. C'est d'ailleurs cette activité qui sera d'abord installée dans la nouvelle usine.

Les nouveaux bâtiments de Richbond sont prêts et l'entreprise, dont le nom est associé au matelas, commence ces jours-ci à emménager. La nouvelle usine jouxte l'ancienne et se trouve dans la zone industrielle des "grands", entre la Smoa, la Somaca, le long de l'autoroute.

L'unité aura coûté 70 millions de DH (20 millions pour les terrains et bâtiments, et 50 millions pour les équipements), pour une superficie couverte de 20.000 m2, sur 5 niveaux.

Le projet est autofinancé sur les fonds propres. "Le coût du crédit est trop élevé. La rentabilité industrielle ne peut être plus élevée pour le supporter", affirme un des directeurs.

Dans l'immédiat, et à l'horizon fin octobre, ce ne sera pas l'activité du matelas mais l'extrusion du polypropylène qui y sera mise en démarrage. Cette activité consiste à produire du fil, à partir de cette matière première qui est un dérivé du pétrole.

Les 250 tonnes/mois sont d'abord destinées pour 30% aux activités de tissage de Richbond, installée dans la première usine. L'entreprise, qui a progressivement intégré ses activités, a entrepris de tisser, à partir du fil de polypropylène, les housses qui habillent ses matelas de mousse.

"Les 70% restants seront vendus aux "grand tisseurs" locaux spécialisés dans le tissu d'ameublement, et aux passementiers (cordons de meubles et rideaux) et à l'export. Ce ne sera pas la première unité de fil de polypropylène; Richbond disposait elle-même, depuis 2 ans, d'une unité pilote produisant 30t", affirme Karim Tazi, un des directeurs.

L'innovation est néanmoins que ce fil est destiné à la trame, alors que celui des extrudeuses existantes est destiné à la chaîne.

Matelas: Première contrainte de volume

L'extrusion est un process en 3 étapes qui consiste à faire passer une matière première à l'état de granulés (le polypropylène) en fil. Il se décompose en 3 étapes:

- l'extrudeuse fait fondre la matière grâce à des résistances, placées dans le corps de la machine. En fusion, la matière est comprimée dans une "vis sans fin" à la manière du hachoir du boucher, qui pousse des lamelles de viandes. Ici, la matière emprunte des "filières", au sens propre, pour aboutir au fil, bobiné automatiquement;

- les kopseuses effectuent le retordage ou le moulinage des 34 filaments qui constituent le fil;

- les moulineuses enroulent le fil autour d'une bobine conique ou cylindrique, en fonction des besoin du client.

L'équipement tire 1.200 KVA et nécessite 9 h pour sa chauffe. C'est un processus en continu dont l'arrêt brusque entraîne le durcissement des matières en fusion. Ce qui cause des dégâts et nécessite le démontage des machines. Le contexte de restriction et de coupures électriques est délicat. "Nous attendons que les autorités soient compréhensives pour la survie du projet, qu'elles reconnaissent la spécificité de l'activité", expliquent les dirigeants.

A terme, et dans la nouvelle usine, cette activité d'extrusion sera rejointe par l'activité matelas, dès que la conception du circuit sera définitivement arrêtée. Un Américain, venu dans le cadre du CISE(1) apportera son expertise. Le matelas ne présente pas de difficulté technologique particulière, mais il pose, plus que toute autre activité, le problème de la gestion de l'espace. Le matelas est volumineux et c'est la contrainte de fabrication première. Quand ces deux activité seront installées, la première usine continuera a abriter la fabrication de la mousse (appelée éponge, dans le langage commun). "Les autres activités textiles y seront réaménagés en de meilleurs flux; il s'agit de maîtriser les cessions internes, d'un atelier à l'autre, et même d'une branche à l'autre", expliquent les dirigeants. Richbond en effet, qui se destinait au matelas mousse, s'est étendue peu à peu à différentes branches, des filières textiles jusqu'à se retrouver avec un atelier de Sweatshirt.

La brosse Tazi

A l'origine, M. Abdelaziz Tazi s'était fait un nom dans le plastique, matière industrielle, à contre-courant de notre artisanat, mais pratique et si bon marché. Les bassines sont entrées dans tous les foyers, et les seaux dans tous les hammams, suivis par la "brosse Tazi", ronde, et qui se prend à deux doigts. Conçue pour cheveux drus et crépus, elle se vend à des millions d'exemplaires.

Dans le plastique, M. A. Tazi apprend sans savoir le marketing de masse qu'il utilisera dans la mousse. Le produit doit être d'usage courant, d'un prix abordable pour le consommateur de base. La distribution empruntera les souks, et la promotion le bouche-à-oreille.

C'est la voie du produit populaire à grande série et de diffusion massive. Le matelas mousse, appelé "éponge" entre dans les années 60 dans tous les foyers. Il ouvrira la voie au matelas à ressort, dans les lits et les salons.

Ces produits à l'usage évident aujourd'hui ne l'étaient pas au Maroc il y a 30 ans.

La consistance du matelas était une frontière sociale et une caisse d'épargne. Les pauvres n'avaient que l'alfa, les riches avaient la laine : un patrimoine qui se valorisait avec le temps et dont les femmes surveillaient les cours, comme elle le faisait pour l'or. A leur mariage, c'était leur dot, à leur divorce, c'était leur butin. La mousse va perturber cet ordre social, peu à peu, en pénétrant la société par les plus défavorisés.

En quelques mois, les villes sont conquises. Le vieux marché Koréa de Casablanca devient distributeur. Mais les campagnes, plus conservatrices résistent. En fait, elles sont surtout plus poussiéreuses et ne se contentent pas de "tranches" de mousse nue, débitées à la scie. Les campagnes veulent du "prêt à s'asseoir". Richbond habillera ses matelas de housses en toile qu'elle fabriquera. C'est l'origine de l'intégration.

A la fin des années 70, alors qu'il s'installe à Aïn Sebaâ dans sa première usine (36.000 m2 au sol et 40.000 couverts), Richbond connaît le premier recul des ventes, sur le matelas. Il faut un autre produit, ce sera l'extension vers le tissu. La nouvelle activité permettra "d'échapper à l'arbitraire des tisseurs" Richbond utilise une partie de ces tissus d'ameublement, vend le reste sur le marché. Mais en devenant tisseur, on devient dépendant des filateurs: l'entreprise cède à la tentation et finit dans l'acrylique coton et le polypropylène. Une habitude s'est créée :

"A chaque niveau, l'entreprise produit plus qu'elle ne consomme et met sur le marché ses excédents. C'est un moyen de se frotter à la réalité du marché. L'intégration n'est pas un moyen de s'abriter", explique Karim Tazi. La concurrence reste le meilleur moyen pour rester compétitif, éveillé. Pas question pour le fabricant de matelas de s'endormir sur ses lauriers.

Khalid BELYAZID

(1) Cise: le "Corps International de Service des Experts" est un organisme américain installé à Casablanca-Financé par l'USAID, son objectif est de mettre à la disposition des entreprises marocaines les expertises pointues d'Américains à la retraite. Le CISE se trouve à la Tour Atlas à Casablanca au 30.58.59.

Carte de visite

Richbond n'a rien d'américain. Le mot est sorti de l'imagination de M. Abdelaziz Tazi, sans doute inspiré par la consonance de Richmond. Créée en 1964, l'entreprise emploie désormais prés d'un millier de personnes (dont près de 9% de cadres). Elle dispose de deux sites adjacents à Aïn Sebaâ, d'un autre Bd Hassan El Alaoui à Casablanca, et d'une unité d'effilochage à Marrakech. Cette ville, Tanger, Fès et Agadir abritent des dépôts. Le chiffre d'affaires réalisé en 1992 est de 250 millions de Dirhams. Les dirigeants prévoient une légère progression cette année. Le groupe Tazi est par ailleurs fortement présent dans le plastique, son activité d'origine. Simec-Atlas Plastic (à l'origine de la brosse plastique) produit 350t/mois, par injection (articles ménagers), 40t/mois par soufflage (flaconnage industriel), et 20t/mois par extrusion. OMEGA fabrique des sachets en polyéthylène, Durcoplast des assiettes décorées en mélanine.

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