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Economie

Richard Weiss, DG de Gestion et Titrisation Internationales en France : «Le marché marocain est prêt»

Par L'Economiste | Edition N°:397 Le 10/12/1998 | Partager

Le Maroc est le premier pays du Maghreb qui va recourir à la titrisation pour relancer le financement du logement. Richard Weiss, expert en marché hypothécaire, a répondu aux questions de L'Economiste sur ce projet qui suscite maints débats.

- L'Economiste: Comment voyez-vous l'avenir de la titrisation au Maroc?

- M. Richard Weiss(1): Le financement du logement était dominé jusque-là par le CIH pour des raisons historiques, mais petit à petit les banques commerciales ont commencé à pénétrer ce marché en accordant des crédits à leur clientèle. Pour l'heure, l'abondance de ressources, surtout à partir de dépôts, permet à ces banques de financer le développement initial de cette activité. Mais au fur et à mesure, le besoin que l'on perçoit chez le CIH de trouver des sources nouvelles de refinancement se fera sentir chez les autres. Je crois qu'à moyen terme technique de la titrisation comme outil de refinancement sera de plus en plus utilisée au Maroc.

- La mise en place du système suscite tellement de débats qu'on se demande si le marché est véritablement prêt.
- C'est le cas dans tous les pays qui ont mis en place un marché hypothécaire. C'est que l'introduction de techniques nouvelles dans un monde financier est au départ perçue comme une perturbation. La meilleure façon de dépasser cette phase d'anxiété est de commencer à monter une opération en collaboration avec les cédants, les investisseurs et les intermédiaires financiers. Il faut arriver à un système où les contraintes de toutes les parties sont équilibrées. Le nombre élevé de questions prouve que les gens s'y intéressent et qu'ils sont prêts.

- Quels sont les risques encourus et les principales contraintes?
- Comme dans tout échange, il faut qu'il y ait un équilibre. Le cédant doit trouver des avantages au même titre que l'investisseur. Ceci pour les contraintes du marché.
Il y a aussi les contraintes juridiques qui sont imposées par la réglementation et qui visent à éviter les excès. Mais le véritable danger vient de l'absence d'une partie indépendante dans une opération, qui jouerait le rôle de gendarme pour éviter que l'une des deux parties ne trompe l'autre. Sans cela, un cédant pourrait par exemple vendre toutes ses mauvaises créances sans que l'investisseur ne s'en aperçoive.

- Comment déterminer les gains issus de la titrisation?
- Ils se situent à plusieurs niveaux. D'abord au niveau des établissements qui disposent des encours hypothécaires, donc des encours à long terme, qu'ils cherchent à refinancer. Pour eux, c'est un moyen pour atteindre deux objectifs: d'abord obtenir des liquidités sur des prêts qu'ils ont déjà mis sur leur bilan, ensuite accorder de nouveaux prêts sur ces liquidités et par là augmenter leur marge sans alourdir le bilan. C'est donc un moyen de développer un nouveau segment d'activité sans qu'il n'y ait un besoin proportionnel en fonds propres. Au niveau des investisseurs et intermédiaires, la titrisation apporte un nouveau produit, une nouvelle modalité d'investissement et donc une nouvelle opportunité de mieux investir. Enfin, au niveau de l'économie en général, c'est un moyen de mieux exploiter l'épargne à long terme.

- Comme tout nouveau produit, il faut en faire la promotion et en créer le besoin.
- Tout à fait. Une fois que la loi est prête, le vendeur de créances doit prêter beaucoup d'attention à définir les besoins des investisseurs finaux, l'objectif étant de créer un véritable dialogue pour optimiser la transformation de cette matière première que sont les créances en un produit financier intéressant.

- Vous avez vécu les deux expériences, l'Américaine et la Française, qu'est-ce qui les distingue?
- En Amérique, des contrats entre parties suffisent à régler leur relation, alors qu'en France, dans un cadre de Code Civil, il faut se soumettre en plus à des contraintes légales et réglementaires. Sinon, le principe est le même, c'est uniquement le contexte qui change.

- Laquelle des deux expériences est la mieux adaptée au contexte marocain et pourquoi?
- C'est incontestablement l'expérience française. Parce que les structures juridiques et l'univers financier se ressemblent énormément.
Sinon je pense que le Maroc est un des premiers pays du Maghreb à introduire la titrisation et c'est très bien. Cela fait partie des modes de refinancement nouveaux qu'il faut développer de plus en plus.o

Propos recueillis par Hanaâ FOULANI

(1) Richard Weiss a 17 ans d'expérience dans la titrisation aux Etats-Unis et en France. Il a débuté sa carrière chez McKinsey et assure actuellement la présidence de GTI et TFI depuis 1990.


Carte de visite


Gestion et Titrisation Internationale (GTI) a été créée en octobre 1990 sous l'égide du Crédit Foncier de France. Son capital s'élève à 1,5 million de Francs dont les deux tiers sont détenus par Titrisation et Finance Internationales, une SA de droit commun dont les activités diversifiées complètent l'objet social de GTI. Le tiers restant appartient au groupe Crédit Foncier.


Lexique


· Titrisation: Opération financière qui consiste pour un Fonds de Placement Collectif en Titrisation (FPCT) à acheter des créances hypothécaires dont le prix est payé par le produit de l'émission de parts représentatives de ces créances et, le cas échéant, par le produit de l'émission d'un emprunt obligataire adossé auxdites créances.

· Actifs d'un FPCT: Ce sont les créances hypothécaires acquises par le FPCT, le surdimensionnement, le produit de placement des liquidités momentanément disponibles du fonds, le produit de la réalisation des hypothèques liées auxdites créances, le produit des indemnités d'assurance, le montant des cautions, les pénalités de retard ainsi que tout autre produit affecté au fonds dans le cadre de son objet.

· Créances hypothécaires: Ce sont les créances représentatives de prêts garantis par hypothèque de premier rang sur des immeubles et octroyés pour l'acquisition, la rénovation ou l'extension de logements individuels; la construction individuelle de logements ainsi que la construction ou l'acquisition de logements destinés à la location.

· Débiteur: Le bénéficiaire d'un prêt hypothécaire octroyé par l'établissement initiateur et dont ledit prêt a été cédé dans le cadre d'une opération de titrisation.

· Etablissement gestionnaire-dépositaire: Toute personne morale chargée de la garde des actifs d'un FPCT et de la gestion du fonds.
Selon l'article 5 du projet de loi, cette fonction peut être exercée par les banques, la caisse de dépôt et de gestion ou tout autre établissement agréé par le Ministère des Finances.

· Etablissement initiateur: Tout établissement de crédit agréé conformément à la législation qui le régit possédant des créances hypothécaires dont il veut se départir en tout ou en partie dans le cadre d'une opération de titrisation.

· Liquidités: Les rentrées de fonds dérivées des créances acquises dans le cadre d'une opération de titrisation. Elles peuvent comprendre les rentrées de fonds au titre de capital, d'intérêts, de primes ou de pénalités liés à ces créances et tous autres montants de quelque nature que ce soit, payables par ou pour le compte des débiteurs de créances cédées conformément aux dispositions de la présente loi. Cette expression comprend également les liquidités afférentes aux actifs qui sont cédés au FPCT à titre de surdimensionnement.

· Surdimensionnement: La cession au FPCT d'un montant de créances hypothécaires excédant le montant des titres émis, en vue de couvrir les risques de défaillance des débiteurs.

(Source: Projet de loi)

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