×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

    Entreprises

    Retraite des marins à Agadir: Les malversations confirmées

    Par L'Economiste | Edition N°:288 Le 10/07/1997 | Partager

    L'enquête relative à l'assassinat du secrétaire général des marins de la pêche côtière à Agadir se poursuit. Les inspecteurs du Ministère des Finances ont confirmé l'existence de malversations dans la gestion de la Caisse de Retraite des Marins.


    Le secrétaire général des marins pêcheur d'Agadir, retrouvé mort le 31 mai dernier au port de la ville, avait mangé des fraises une heure avant son décès. Par ailleurs, il aurait reçu un coup dans le coeur. C'est ce qui ressort des conclusions de la seconde autopsie pratiquée sur le corps d'Abdallah Mounassir. Ces nouvelles donnes relancent l'enquête judiciaire sur les circonstances de ce mystérieux décès. Surtout qu'il remettent en question les observations données par le premier rapport autopsique selon lequel Mounassir avait été privé d'alimentation pendant trois jours et que la mort avait été provoqué par suffocation.
    Pour les autorités locales, les nouvelles pièces qui s'ajoutent au puzzle ne remettent nullement en cause la piste des malversations qu'aurait connues la gestion de la Caisse de Retraite des Marins la Pêche Côtière. Les détournements de fonds ont d'ailleurs été confirmés par l'enquête des inspecteurs du Ministère des Finances dépêchés sur les lieux. Abdallah Mounassir avait en effet été au centre d'un conflit généré par la gestion de la Caisse de Retraite des Marins de la Pêche Côtière. Selon deux sources différentes, le montant des malversations est estimé entre 1 et 10 MDH.

    Rappelons qu'en 1990 les marins avaient décidé de souscrire un produit de retraite par capitalisation, contrat groupe auprès d'une compagnie d'assurances. La souscription concernait plus de 5.000 marins. Les cotisations (3% de la vente de chaque bateau) étaient centralisées auprès du bureau du FOM (Forces Ouvrières Marocaines), le principal syndicat des marins pêcheurs avant que ces derniers ne décident de se rallier à l'UMT dont Mounassir était le représentant. Les marins affirment avoir constaté dès 1994 que les capitaux versés en cas de décès ou en cas de rachat des cotisations ne correspondaient pas aux droits dus. Ils ont donc cessé de cotiser en cette année. Mounassir voulait faire en sorte que la gestion des cotisations soit retirée du FOM. Ce qui aurait, d'après les marins pêcheurs, fait de lui une cible privilégiée.

    Pressions


    Outre les conclusions rendues par le second rapport autopsique, un autre élément nouveau complique aussi les circonstances de la mort: le dernier contact d'Abdallah Mounassir serait de moins en moins identifié. Selon les premiers éléments de l'enquête, son dernier contact remonte au mardi 27 mai. Il avait alors averti, par téléphone, une collègue du bureau du syndicat, l'informant qu'il était filé. Le coup de fil venait d'Aït Melloul, une bourgade située à quelques kilomètres d'Agadir. Cette hypothèse est de plus en plus exclue. Pour les enquêteurs, il semble improbable que la victime ait eu le temps d'alerter sa collègue de travail mais pas la gendarmerie. «Surtout dans une ville aussi petite qu'Aït Melloul» .
    Si l'enquête a confirmé l'existence de malversation dans la gestion de la Caisse de Retraite des Marins Pêcheurs, l'identification des auteurs de l'assassinat de Mounassir piétine. Pour l'heure, les interpellations se poursuivent.

    Dans un communiqué de presse daté du 3 juillet 1997 et produit par la famille d'Abdallah Mounassir, celle-ci se plaint des circonstances du déroulement de l'enquête. La famille affirme être l'objet de «pressions et de menaces» de manière à enterrer rapidement le corps de leur parent. L'on rappellera qu'elle avait refusé d'enlever le corps et exigé une contre-expertise. Leur requête avait en définitive été acceptée
    Toujours selon la famille de la victime, les membres du bureau syndical des marins pêcheurs auraient été sommés de ne plus se rendre au domicile des Mounassir. Par ailleurs, la même source affirme qu'Ahmed Mounassir, frère du défunt, «a eu les yeux bandés, été déshabillé et menacés de torture et de prison» .

    Mohamed BENABID

    • SUIVEZ-NOUS:

    1. CONTACT

      +212 522 95 36 00
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]

      70, Bd Al Massira Khadra
      Casablanca, Maroc

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc