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Entreprises

Résultats encourageants pour le mariage tapis-peinture chez "Laines du Maroc"

Par L'Economiste | Edition N°:10 Le 02/01/1992 | Partager

L'opération lancée par "Laines du Maroc", entreprise de fabrication de tapis et Abdellatif Zine, peintre plasticien fondateur de la galerie "Alwane" et Président de l'Union Marocaine des Associations des Artistes plasticiens, se veut une réponse aux besoins de l'art et l'artisanat d'user de leur talent et de leur créativité pour émerger d'une situation difficile pour le tapis et pour l'art.
LE secteur du tapis est actuellement en pleine mutation. "Laines du Maroc" pour sa part, a enregistré une baisse considérable de son chiffre d'affaires alors que " les charges sont restées les mêmes", souligne Latéfa Zniber, Directrice Générale de l'entreprise familiale depuis Avril 1991.
Toute l'activité de "Laines du Maroc" est axée sur l'exportation. "Pour le marché local, nous ne faisons que la filature et quelques tapis destinés à des amis" . Donc un intérêt négligeable pour l'écoulement au Maroc.
Mme Zniber explique les difficultés de ce secteur d'activité par "l'attitude de certaines entreprises marocaines qui a été très préjudi-ciable au tapis marocain. A titre d'exemple, l'Allemagne qui faisait un excellent accueil au tapis marocain ne cessait d'augmenter sa demande. Les entrepreneurs et promoteurs marocains du tapis ont alors commencé à "casser" le produit en fournissant des tapis de qualité médiocre" , précise Mme Zniber, ajou-tant que cette pratique était assortie de prix bas. Les consommateurs allemands se sont naturellement rués vers ces produits "bon marché" et n'ont mis que peu de temps pour s'apercevoir de leur non-qualité. En conséquence, les entreprises allemandes ont réagi en allant s'approvisionner ailleurs. La concurrence népalaise a su s'imposer et profiter des failles dans le comportement de l'offre marocaine.

Les galeries privées nonchalantes

En ce qui concerne les difficultés de l'Art marocain en général, et de la peinture en particulier, A. Zine invoque " les lacunes existantes au sein des structures d'accueil et de promotion de l'art qui ont conduit, en fin de compte, à une certaine margi-nalisation de l'artiste de son environnement économique et social." Il ajoute également "que les galeries privées existantes ont été très nonchalantes et primaires au niveau de l'action, sans doute par manque de moyens mais aussi parce qu'elles n'ont pas su conquérir le marché de l'art."
L'idée de reproduire les oeuvres d'artistes sur tapis n'est pas récente dans l'esprit de A. Zine. Depuis quatre à cinq ans déjà, il a multiplié les propositions aux entreprises du secteur mais sans résultat.
"Ces dernières sont dirigées par des hommes de formation traditionnelle, peut-être, conservateurs et donc moins enclins aux idées novatrices", explique Latéfa Zniber, qui fut immédiatement séduite par l'idée, et ce, pour de multiples raisons. D'abord la publicité pour l'entreprise, ensuite le lancement de l'idée "tapis-cadeau", enfin la promotion d'artistes en même temps qu'une pénétration du marché local.
L'idée lui ayant été soumise en juin 1991, Latéfa Zniber précise qu'il "a fallu faire une véritable course contre le temps pour réaliser l'étude de faisabilité et surmonter les difficultés notamment techniques pour la reproduction quasi-fidèle des oeuvres sélectionnées".
Sur les trois ateliers de Fes, Meknès et Salé (Bouknadel), seules quelques ouvrières "spécialisées" étaient aptes à réaliser le travail demandé. Des primes spéciales leurs ont été allouées pour les motiver puisque l'usage dans la profession est le paiement à la tâche.
Les oeuvres retenues l'ont été en fonction de la notoriété de leur auteur (Chaïbia, Bennani, Habbouli, Bimich, Nabili, Kirch, et Zine) mais également en fonction des impératifs techniques de reproduction. Cependant, les "jeunes" artistes tels : Fatna, Medkour et Bouziane n'ont pas été oubliés.
Pour la direction de "Laines du Maroc",le mariage art-artisanat donne des résultats "encourageants" puisque les ventes réalisées lors de la première exposition qui a eu lieu dans les locaux de l'usine (Bouknadel) le 17 Décembre 1991 et celles réalisées durant l'exposition dans la galerie "Alwane" du 21 au 27 Décembre 1991, ont couvert les investissements de départ (publicité, royalties versées aux artistes et frais inhérents à la fabrication du tapis).
Les organisateurs attendent beaucoup de l'exposition qui a lieu depuis le 28 Décembre 1991 et qui dure jusqu'au 5 Janvier 1992 au Palais des Congrès de Marrakech.
A. Zine dont le vu le plus cher reste la création d'une Banque Maghrébine Culturelle chargée de promouvoir l'art, estime que la première retombée de l'opération "art-fonctionnel" c'est l'hétérogénéité du public franchissant l'entrée de la galerie.
La seconde retombée s'empresse-t-il d'ajouter, c'est que "la publicité joue un rôle déterminant auprès du public et on n'a pas hésité à mettre le paquet. L'art doit être vendu comme une voiture et avec les mêmes moyens promotionnels. De même qu'il serait temps d'envisager un marketing culturel."

N.H.

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