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    Economie

    Résultats du tourisme en 1994 : Les arrivées chutent de 22,1%

    Par L'Economiste | Edition N°:168 Le 23/02/1995 | Partager

    Après un bon début en 1994, les événements de Marrakech ont donné un grand coup de frein à la croissance. Les recettes sont cependant en stagnation par rapport à 1993.


    Le tourisme traverse une période difficile. Depuis la guerre du Golfe, il n'arrive pas à redémarrer. Pratiquement tous les marchés traditionnels ont affiché une baisse en 1994. D'un peu plus de 2,9 millions en 1993, le nombre d'arrivées de touristes est tombé à 2,3 millions en 1994, soit un recul de 22,1%. Cette régression est imputée au marché maghrébin qui a plongé de -42,5% "suite à la fermeture des frontières terrestres avec l'Algérie et l'instauration d'un visa", explique le Ministère du Tourisme. Le marché européen n'a guère été dynamique non plus. Dans l'ensemble, il a baissé de -8,1%, passant de 1,4 million d'arrivées en 1993 à 1,3 million. Les arrivées de Français ont décru de -10,1%, alors que les Espagnols chutent de -20,6%. Quand aux Allemands et Italiens, ils ont baissé de -3 et -13,8% entre 1993 et 1994.

    Les nuitées progressent

    Ce recul important est toutefois amorti par des marchés tels que l'Angleterre, la Hollande et la Belgique qui ont progressé respectivement de 17,1, 8,5 et 5,4%. Les pays scandinaves ont suivi la même tendance avec des hausses de 19,3% pour le Danemark, 10,1% pour la Suède et 24,9% pour la Norvège. Globalement, le nombre d'arrivées a augmenté pour les autres provenances comme l'Amérique, le Moyen-Orient, l'Afrique et le Japon.

    En ce qui concerne les nuitées (nombre de nuits passées à l'hôtel), le recul a été de -0,5%, soit une quasi-stagnation: 11,6 contre 11,5 millions en 1994.
    Avec près de 2,6 millions de nuitées, l'Allemagne prend la première place. La réduction du nombre d'arrivées a été ainsi compensée par le prolongement de la durée de séjour. Le nombre de nuitées a progressé de 11,4% entre 1993 et 1994, passant de 2,3 à 2,6 millions. Suit la France qui perd pour la première fois le premier rang avec un peu plus de 2,5 millions, en recul de -1,4% par rapport à l'année précédente. L'Angleterre confirme sa bonne tenue marquée par une croissance de 25,2%.

    Selon le Ministère du Tourisme, la progression entamée en 1993 a été "freinée par la régression du tourisme des nationaux (-3,2%) conjuguée à celle des marchés espagnol (-34,8%) et maghrébin (-20,3)". Il ajoute que, par rapport à 1993, le tourisme international a enregistré de bonnes performances se traduisant selon les mois par une hausse continue de 10 à 25%. La tendance s'est inversée en août avec un premier recul de -1,2%. Cela s'explique en grande partie par les événements de Marrakech qui ont créé une certaine psychose en Europe. La descente a été alors plus que brutale. D'environ 1,2 million en août, les nuitées se sont ancrées à moins de la moitié à fin décembre. La même situation prévaut si l'on fait abstraction du tourisme maghrébin. Il est à préciser que les nuitées internationaux dépassaient légèrement 9 millions en 1994 contre près de 8,9 l'année d'avant, soit une progression de 0,9%.
    Pour le tourisme national, les nuitées sont bloquées à un peu plus de 2 millions. Le recul des nuitées sur l'année est de -12,5% en janvier, -36,6 en février et -12,8 en mai. En juillet, la baisse est de -5,8%. Elle est plus prononcée en août (-9%), la période habituelle de vacances pour les nationaux. Le nombre de nuitées est tombé à 346.348, contre 380.489 pour l'année d'avant.

    Stratégie promotionnelle

    Du point de vue financier, le Ministère annonce que les recettes sont de l'ordre de 11,409 milliards de Dirhams selon les premières estimations. Il ajoute qu'elles sont en stagnation par rapport à 1993. Les virements bancaires atteignent 5,8 milliards de Dirhams, en baisse de -6,8% par rapport à 1993. Quant aux billets de banque, ils ont crû de 6,7% à 5,6 milliards de Dirhams.
    L'année 1994 a donc été bloquée par l'attentat de l'hôtel Asni. Pour éviter que les retombées ne deviennent plus graves, les responsables du tourisme annoncent avoir changé de stratégie promotionnelle en Espagne, pays qui a connu la plus grande baisse. A cet effet, des séries de réunions ont été tenues avec les tours opérators ainsi qu'avec les leaders de la presse espagnole de manière à éclaircir la situation. La même démarche a été effectuée en France, le marché émetteur le plus important pour le Maroc. Le Ministère fait remarquer que l'état d'esprit commence à changer dans ces pays et il est attendu une reprise au printemps prochain.

    Dans la foulée des mesures destinées à protéger le tourisme, les autorités de tutelle ont décidé de s'attaquer avec plus de virulence à l'éternel problème du harcèlement touchant particulièrement la ville de Marrakech. En collaboration avec le Ministère de l'Intérieur, une brigade du tourisme sera ainsi créée pour cette ville ainsi que pour Tanger, annonce-t-on auprès du Ministère.

    Alié Dior NDOUR

    Tourisme à Marrakech en janvier

    Les hôtels en dessous du tiers de leur capacité


    Près de 44.000 personnes sont descendues dans les hôtels, villages de vacances (VVT) et résidences touristiques (RT) de Marrakech en janvier 1995, selon la Délégation Régionale du Tourisme de la même ville. Un an plus tôt, les établissements touristiques avaient reçu 50.750 personnes, soit 13,7% de plus. Les deux principaux marchés émetteurs sont la France, pour environ 31,5% des arrivées et 40,7% des nuitées, et les résidents (24,9% et 19,6% respectivement). Le premier flux a enregistré une hausse de 5,2% par rapport à janvier 1994 alors que le second a fléchi de 23,8%.
    La régression des arrivées a retenti aussi bien sur les nuitées que sur le taux d'occupation moyen de ces établissements.
    En terme de nuitées, la baisse s'est révélée plus importante que celle des arrivées puisqu'elle atteint 17,8%. Les hôteliers ont ainsi vu leurs nuitées passer de 153.710 en janvier 1994 à 126.360 en 1995.

    Qu'ils soient vus sous l'angle des arrivées ou des nuitées, ce sont les hôtels 4 Etoiles qui ont affiché les plus forts résultats: 48% des arrivées totales et 46% des nuitées. Les hôtels 5 Etoiles ont concentré, eux, 23% des arrivées et 22,5% des nuitées.
    S'agissant du taux d'occupation moyen de l'ensemble des établissements, celui-ci s'élève à 26,7% contre 32,1% en 1994. Ce taux est orienté à la baisse depuis novembre 1994 où il avait atteint 29,7% avant de tomber à 26,2% le mois suivant. Dans la catégorie 5 étoiles, le taux le plus fort a été réalisé par l'hôtel Es Saâdi (37,9%) alors que le plus faible correspond au Semiramis.
    Concernant les 4 Etoiles A et B, les taux d'occupation varient entre 53,5% pour Les Idrissides et 4,8% pour Ourika. Les taux d'occupation enregistrés par les VVT, catégories 1, 2 et 3 confondues, sont compris dans une fourchette de 10,9 à 53,4%. Ce dernier taux a été affiché par le Club Med. Pour ce qui est des résidences enfin, le niveau le plus haut, soit 42,3%, a été relevé au niveau de Ezzahia tandis que le plus bas l'a été à El Hamra.

    Le recul du taux d'occupation "a complètement faussé les prévisions aussi bien d'investissements que d'embauches", déclare la Délégation Régionale du Tourisme de Marrakech. Conséquence: les hôteliers ont adopté une politique de baisse des prix à tel point que "le produit Marrakech est complètement bradé aujourd'hui", est-il indiqué.
    L'année dernière, le taux d'occupation moyen des établissements touristiques est ressorti à près de 39,5% avec une pointe de 63,2% en avril. Une pointe qui s'explique par la tenue de la conférence du Gatt. Curieusement, le taux d'occupation n'a pas complètement chuté malgré les événements d'août (attaque de l'hôtel Atlas Asni). Les deux mois qui ont suivi l'attaque ont enregistré des taux d'occupation de 37,9% et de 40,3% (la moyenne sur l'année est de 39,5%) Toutefois, les Espagnols sont venus beaucoup moins nombreux qu'en 1993 (-38%).
    Sur les 66 hôtels, VVT et RT, 15 ont utilisé plus de la moitié de leur capacité alors que 23 étaient en dessous d'un tiers.
    Les arrivées se sont, quant à elles, établies au nombre de 840.808 (-0,55% par rapport à 1994) et les nuitées à 2.349.721 (-1,2% environ). Avec le Gatt, le mois d'avril a bien évidemment présenté les plus grosses parts d'arrivées (13,4%) et de nuitées (13,1%) de l'année.

    Hakima EL MARIKY

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