Economie

Résultats annuels
ONA double son résultat net

Par L'Economiste | Edition N°:2244 Le 29/03/2006 | Partager

. Chiffre d’affaires en hausse de 7,6%. Résultat d’exploitation en baisse de 17,2%. Effort d’investissement qualitatif et quantitatifCOMME à son habitude, Saâd Bendiddi, PDG de l’ONA, n’a pas usé de la langue de bois lors de la présentation des résultats de son groupe le 27 mars à Casablanca. Preuves chiffrées à l’appui il a pu justifier à la fois les prouesses et les contre-performances de l’ONA en 2005. Ainsi, les activités financières prennent les rênes des métiers du groupe, les mines et l’agroalimentaire sont, elles, en perte de vitesse. Le pôle financier est le principal vecteur de la progression du résultat net. La distribution poursuit pour sa part son essor couvrant en partie le retard de certains domaines d’activités stratégiques (DAS).Le chiffre d’affaires consolidé de l’ONA croît de 7,6% à 26,1 milliards de DH. En 2005, cette légère hausse résulte des difficultés qu’ont connues les deux DAS phares du groupe. Le chiffre d’affaires des activités minières recule de 3,6% à 1,64 milliard de DH, suite, notamment, à la dégradation du cours du cobalt de 19 dollars à près de 12 dollars, en absence d’un mécanisme de couverture. Les performances des autres minéraux ont, néanmoins, atténué ce recul, mais sans pour autant éviter la baisse d’activité.L’agroalimentaire réalise une hausse timide de 1% à 13,3 milliards de DH. Le bon comportement de la pêche et des produits laitier n’a pas couvert l’effet de la concurrence dans le segment des huiles. En revanche, la distribution préserve son essor avec des ventes de 10,5 milliards de DH en hausse de 17%. Les ouvertures de l’année dernière étaient un tremplin important pour ce DAS.Par ailleurs, le résultat d’exploitation (REX) du groupe dégringole de 17,2% à 1,43 milliard de DH. Une contre-performance liée à l’extension de la capacité de production de la sucrerie de Sidi Bennour et à l’amortissement des sites d’exploitation minière (Drâa Lasfar, Guemassa…). Pour autant, le groupe ne reste pas les mains croisées devant cette chute. Il s’engage dans un programme de réduction des coûts opérationnels sur chaque DAS. Un projet de développement des synergies intragroupe est dans le pipe. Elles concernent à la fois l’accroissement des revenus et la réduction des coûts par le biais des économies sur les achats et la logistique. «Ce travail a commencé avec des résultats modestes en 2005, nous le poursuivrons en 2006 et il donnera son plein effet à partir de 2007», indique Bendidi. Le résultat net part de groupe (RNPG) de l’ONA se distingue par rapport aux autres indicateurs puisqu’il double sa performance à 774 millions de DH. La forte contribution du DAS activités financières (632 millions de DH) pilotée par Attijariwafa bank qui comble le retard des autres filières et compense sa contribution négative de 2004 (-4 millions de DH). Même constat pour les mines, qui sortent du rouge en 2005 avec une contribution à hauteur de 142 millions de DH, grâce à la cession de Semafo. En revanche, la contribution de l’agroalimentaire baisse en raison de la dégradation des marges et du REX. A noter le déficit énorme essuyé par les holdings appartenant à l’ONA à cause notamment de l’apurement de 416 millions de DH d’impôts différés. Outre la participation des DAS, le RNPG a largement bénéficié des cessions opérées en 2005. Le groupe s’est débarrassé de plusieurs entreprises peu ou pas rentables. Les deux opérations-phares sont Semafo (285 millions de DH), Pingouin (19 millions). En outre, ONA cède pour 172 millions de DH des titres Centrale Laitière et Lesieur Cristal, sans oublier les pas-de-porte de la grande distribution vendus pour 66 millions. S’agissant des chiffres sociaux, le résultat d’exploitation perd 93%. Cette chute est à relativiser compte tenu de l’effort d’investissement fournit par le groupe. Une série d’études et de processus de restructuration sont menées, générant des honoraires en forte progression (59,5 millions de DH). Ces travaux concernent le Risk management, les synergies et le passage aux normes IFRS. Outre ces investissements «qualitatifs», ONA a déployé plus d’un milliard de DH pour renforcer l’arsenal de ses métiers. Les relais de croissance (télécoms et Utilities) accaparent presque la moitié de cette somme après les augmentations de capital de Nareva Holding (267 millions de DH) et Maroc Connect (450 millions). Le reliquat est investi dans des acquisitions concernant La Monégasque (175 millions de DH), Centrale Laitière (84 millions) et Cosumar (30 millions) qui s’est offert quatre sucreries publiques (cf. www.leconomiste.com).


Le pourquoi des allers-retours

«L’ENDETTEMENT représente actuellement 39% des fonds propres contre 55% en 2004 grâce à la valorisation de nos fonds propres via les opérations d’allers-retours de décembre dernier», explique Bendidi. Le PDG de l’ONA justifie, sans complexe, ces opérations par la volonté de se soustraire à la taxation des plus-values, programmée dans la loi de Finances 2006. Selon lui, le régime d’imposition des plus-values constitue un obstacle au même titre que le régime fiscal des groupes marocains qui les pénalise par rapport à leurs concurrents étrangers.Nouaim SQALLI

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