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Economie

Résignés, les profs

Par L'Economiste | Edition N°:2759 Le 18/04/2008 | Partager

. Comment vivent-ils leur métier . Peu motivés mais ne veulent pas changer de fonction pour autantL’école marocaine est dans le collimateur. Carences pédagogiques, manque de moyens, peu de motivation, triche, indiscipline, absentéisme… Les déficits sont légion! Pour bien cerner la problématique de l’éducation, le Conseil supérieur de l’enseignement (CSE) a donné la parole au corps enseignant. Une enquête nationale a été menée auprès des enseignants du primaire et du secondaire par un bureau d’études spécialisé. L’enquête commence par des aspects liés à la formation initiale des enseignants. Elle révèle «une progression significative entre le diplôme à l’entrée et celui actuel». Pourtant le résultat ne se reflète pas chez les élèves. Le constat est unanime, le niveau des élèves baisse d’année en année. De la comparaison des chiffres relatifs aux niveaux d’instruction à l’intégration et ceux de l’actuel niveau, il en ressort une nette évolution. Ceci étant, les enseignants sondés restent très critiques envers la qualité de leur encadrement. Ils estiment que «la qualité de l’encadrement est insuffisante au sein des centres de formation pédagogique». En même temps, le corps professoral reste très peu ouvert à d’autres formations. La majorité des sondés déclare ne pas avoir connu d’autres expériences pédagogiques que celles de leur établissement. Un constat plus courant chez les instituteurs. Par ailleurs, les formations à l’étranger restent homéopathiques et pratiquement méconnues: seule une minorité (13% dans le secondaire contre 4% dans le primaire) déclare «avoir eu connaissance de ces expériences» ou stages de formation à l’étranger. Les motivations du choix du métier d’enseignant divergent: les réponses diffèrent selon que l’on enseigne dans le primaire ou le secondaire. Pour les instituteurs, la sécurité de l’emploi constitue le principal facteur de choix de cette profession. En revanche, pour le secondaire, la principale motivation réside dans l’attrait de la discipline enseignée. La motivation liée à la sécurité de l’emploi n’est pas tant ce qui inquiète lorsque l’on apprend que plus de 32% des instituteurs ont choisi ce métier simplement parce qu’ils «n’ont aucune vocation». De plus, 20% des enseignants du secondaire parlent d’absence de vocation. L’enquête du CSE révèle une «faible prédisposition chez les enseignants à changer de métier». Mais est-ce là un indicateur de satisfaction ou un signe de résignation? La question reste posée. En tout cas, en termes de carrière et des possibilités d’évolution interne, les enseignants sont moins attirés par les postes administratifs. A contrario, ils sont nombreux (60% dans le secondaire et 58% dans le primaire) à manifester un grand intérêt pour la fonction d’inspecteur! La charge de travail révèle pour sa part de grandes disparités selon que l’on enseigne dans le primaire ou le collège et lycée. En général, la charge horaire hebdomadaire moyenne dans le primaire est de 30 heures pour les instituteurs. Mais dans les collèges, l’horaire varie entre 16 et 25 heures pour 86% des professeurs. En même temps, près de 50% des enseignants travaillent entre 21 et 25 heures. D’autres encore travaillent un peu moins (entre 16 et 20 h). La charge hebdomadaire moyenne dans les collèges est de 20 heures. Dans les lycées, la majorité des enseignants (64%) y travaille entre 16 et 20 heures/semaine. La moyenne hebdomadaire étant de 17 heures dans les lycées. A ces disparités dans le volume horaire, s’ajoutent des écarts liés aux classes prises en charge. Dans le primaire, la quasi-totalité des sondés (94%) prennent en charge deux classes au maximum (44% ont une classe et 50% en ont deux). Quant aux collèges, la charge y est plus lourde. «Le cas le plus répandu (50%) est de 6 à 10 classes par professeur». Cette charge est toutefois moins lourde au lycée: 65% des profs ont 1 à 5 classes. En même temps, 32% ont un nombre de classes plus important, entre 6 et 10. Les conditions d’exercice méritent également que l’on s’y arrête. 28% des instituteurs et 31% des enseignants du secondaire jugent «leurs conditions d’exercice inconfortables».


Méthodologie

AU total, l’enquête a été menée auprès d’un échantillon constitué de 2.062 enseignants réparti comme suit: 748 du primaire, 708 du secondaire collégial et 606 enseignants du secondaire qualifiant. L’échantillon a été composé selon la méthode des quotas, déterminée sur la base de critères d’ancienneté, de sexe et à travers 4 grandes régions, entre milieu rural et urbain. Les quotas ont été établis de manière à refléter la structure réelle de la population cible auprès du corps enseignant. Quant au choix des établissements scolaires, il a été fait de manière aléatoire au sein des régions retenues.A. R.

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