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Politique Internationale

Réquisitoire contre l'intégrisme

Par L'Economiste | Edition N°:41 Le 06/08/1992 | Partager

Qu'est-ce que ce parti qui se réclame de l'Islam et de la charia, le droit canon musulman? Pourquoi le plus moderne des pays arabes s'est-il retrouvé dans cette situation? Quelles sont les causes de cette dérive?"
Telles sont les questions essentielles que pose Rachid Mimouni, écrivain algérien de langue française, auteur de "L'honneur de la tribu", de "La ceinture de l'Ogresse" (Grand prix de l'Académie française), et plus récemment de "Une peine à vivre", après les élections de Décembre 1991 en Algérie.
Sa réponse est un livre: De la barbarie en général et de l'intégrisme en particulier. Plus qu'une réponse, il constitue un véritable réquisitoire: contre le FIS d'abord, accusé d'archaïsme. Incapable de comprendre ni le message coranique ni le modèle prophétique, et dont la plus grande barbarie consiste, dit l'auteur, "à réduire les femmes à une condition infra-humaine", à l'aide de complicités internationales. Contre ses partenaires ensuite: le pouvoir politique, dont la mégalomanie ignore la dégradation des conditions de vie des citoyens, enrégimente la pensée, permet au luxe interdit de côtoyer la misère; mais aussi l'absence dramatique des intellectuels, ou plutôt "leur manque de combativité".

Ainsi, les conditions étaient réunies pour le raz de marée intégriste de Décembre 1991: l'incertitude quotidienne de la survie, le règne de l'arbitraire, le recul de l'enseignement, le mépris de la culture, une démographie galopante, fournissent le terreau où les masses intégristes se lèvent. Peut-on sur ces fondements invoquer légalité et démocratie? La démocratie ne s'improvise pas, elle naît d'une éducation et d'une habitude que la colonisation française, gardienne de ses valeurs, s'est bien gardée d'inculquer aux ressortissants algériens, qui restent à 46% analphabètes (chiffres de 1989). C'est la raison pour laquelle les Européens ne peuvent (ou ne veulent) pas comprendre le piège du vote démocratique en Algérie, rappelant pour l'auteur celui de l'Allemagne élisant Hitler comme chancelier du Reich en 1933. En fait, fascisme, national-socialisme et république intégriste se rapprochent dans le même genre de solidarité et les mêmes obscurs désirs de revanche: de loin; il faut faire un effort pour saisir que l'intégrisme, dit Rachid Mimouni, est une "imposture" religieuse et humaine. Rachid Mimouni dénonce, dans ce livre décapant, les "sources du mal". Dans une écriture incisive, agressive. Avec courage, lucidité, une sorte de rage, mais aussi sans nuances. Il est vrai que dans la violence d'une situation prise entre "l'intolérance et l'absence de consensus", quand un pouvoir indépendant reprend les méthodes du colonisateur, quand on décroche les tapisseries de Pablo Picasso exposées au Palais de la Culture d'Alger dans la salle où le Président Benjdid va décorer les intellectuels les plus en vue, le sarcasme a tendance à éclabousser la révolte.

Rachid Mimouni, écrivant son texte, se demandait, avec une lueur d'espoir, si le Président Boudiaf réussirait "à tempérer la fièvre islamiste en Algérie". L'histoire, grande ou petite, a répondu.

T.B.

Rachid Mimouni
"De la barbarie en général
et de l'intégrisme en particulier"
Eddif Maroc 1992 - 70DH

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