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    Economie

    Reprise des cours mondiaux : Mines: Les nouvelles donnes de l'exploration nécessitent le recours à l'investissement privé

    Par L'Economiste | Edition N°:156 Le 01/12/1994 | Partager

    La reprise des cours des produits miniers est à l'ordre du jour, stimulée par la conjoncture économique favorable. Pour une nouvelle dynamique du secteur, la Direction des Mines tente de définir un environnement adapté, le but étant d'encourager l'investissement privé au niveau de l'exploration, l'exploitation et la valorisation.

    Les cours des métaux ferreux, dont le plomb, le cuivre et le zinc ainsi que les métaux précieux, l'or et l'argent, ont été globalement en hausse durant l'année 1994. L'amélioration des cours a particulièrement porté sur le cuivre et le plomb.

    Cette amélioration des cours et notamment ceux du plomb qui sont passés de 340 à 680 Dollars la tonne remet à l'ordre du jour la fermeture de la mine de Djbel Aouam. Au niveau du Ministère de l'Energie et des Mines, des professionnels étrangers ont manifesté leur intérêt à reprendre la mine en association avec des privés marocains. La réouverture de la mine dans une conjoncture de cours élevés pourrait générer un cash-flow suffisant qui faciliterait le redémarrage de l'activité. Mais la procédure judiciaire traîne encore.

    Pour ce qui est des phosphates en roches, les ventes ont connu une évolution plus favorable en volume qu'en valeur, car les cours du phosphate brut sont encore à un niveau bas. En effet, la concurrence acharnée à laquelle se livrent les différents producteurs se traduit par une légère baisse des prix.

    Pour les produits dérivés, la reprise se manifeste aussi bien en volume qu'en valeur et particulièrement pour ce qui est de l'acide phosphorique. Les producteurs de cette matière font tourner actuellement leurs installations à pleine capacité. Ainsi, "l'OCP doit être en mesure de maintenir sa part de marché sur l'acide phosphorique où l'entreprise détient actuellement 50%. La réalisation de Maroc Phosphore 5 et 6 y contribuerait fortement. Ce projet devra aussi conférer à l'OCP une plus grande souplesse dans sa stratégie commerciale", avance Mlle Amina Benkhadra, directeur des Mines.

    Rendre le secteur attractif

    Le projet Maroc Phosphore 5 et 6 a été présenté il y a près de quatre ans, mais soulève des problèmes de financement. Le montant du projet, 12 milliard de DH, peut être financé par des crédits étrangers, sous condition de la garantie de l'Etat. Néanmoins, "il n'est pas exclu que nous puissions trouver des solutions à ce problème de financement", affirme Mlle Benkhadra.

    Globalement, une nouvelle stratégie est en cours d'élaboration au Ministère de l'Energie et des Mines afin de dynamiser le secteur. Pour cela, une étude, financée par la BAD, et qui nécessitera un délai d'une année, portera aussi bien sur "le diagnostic de la situation actuelle que sur le cadre institutionnel et réglementaire à mettre en place pour accompagner l'évolution du secteur", précise Mlle Benkhadra.

    Il s'agit de faire du secteur minier un secteur attractif pour l'investissement aussi bien marocain qu'étranger et d'organiser des opérations de promotion afin de diffuser les potentialités minières de certaines zones. Le partenariat avec des professionnels étrangers est qualifié de fructueux: en plus des idées nouvelles, il peut favoriser des liens en matière de valorisation ou de commercialisation.

    Les investissements privés sont désormais appelés à participer de manière accrue à l'exploration. "Nous ne devons plus attendre que le gisement soit découvert pour faire appel aux professionnels du secteur", explique le directeur des mines.

    D'autant plus que la découverte de nouveaux gisements pose aujourd'hui des difficultés: ils sont de plus en plus profonds et nécessitent donc des moyens techniques plus sophistiqués et financiers plus importants.

    Nouvelle formule pour l'exploration

    Par ailleurs, les ressources du BRPM sont appelées à s'amoindrir avec les privatisations des mines où il est actionnaire.

    Le produit de son portefeuille lui rapporte entre 20 et 40 millions de DH annuellement, selon la conjoncture. Ceci représente un montant non négligeable comparativement à la dotation budgétaire de 100 millions de DH par an fixée dans le cadre de l'actuel protocole d'accord.

    A la Direction des Mines , aucune allusion n'est faite au sujet d'un BRPM privé, mais "nous devons aujourd'hui penser une nouvelle stratégie pour dynamiser la recherche dans le secteur", déclare Mlle Benkhadra. Ainsi, l'Administration des Mines a entrepris une série de mesures afin d'améliorer l'environnement minier. Le règlement minier a, alors, fait l'objet d'une refonte visant entre autre à y introduire les substances utiles (sable siliceux, calcite, perlite...). Ce projet prévoit également l'institution d'une autorisation de reconnaissance minière générale qui offre la possibilité de réaliser des programmes de prospections sur des domaines plus vastes avant le stade du permis de reconnaissance.

    Au niveau fiscal, le projet de la Loi de Finances 1995 prévoit des aménagements au niveau de la PGR (Provision pour Reconstitution de Gisement). Le code des investissements miniers autorise les entreprises minières à constituer des provisions à hauteur de 50% de leur bénéfice, plafonnées à 15% de leur chiffre d'affaires.

    Le projet de Loi de Finances prévoit de porter le plafond à 30% du chiffre d'affaires. Le but étant d'encourager les entreprises à entreprendre des opérations de prospection au-delà du périmètre de leur gisement.

    Cependant, des domaines d'actions demeurent du ressort du service public. Il s'agit notamment de la mise en place d'une infrastructure géologique (cartographie...) couvrant tout le territoire national. "C'est une étape nécessaire et indispensable pour tout investissement ultérieur", précise Mlle Benkhadra.

    Laïla TRIKI

    3,2 milliards d'investissements prévus en 1995

    LE secteur des mines contribue, en fonction des cours sur les marchés étrangers entre 4 et 7% du PIB. Le chiffre d'affaires global atteindra en 1994 12,3 milliards de DH, en hausse de 15% par rapport à 1993, dont 9,9 milliards de DH pour les phosphates et dérivés. Les recettes d'exportation ont

    atteint, en 1994, près de 11,1 milliards de DH. L'activité minière est hautement capitalistique. L'investissement peut être variable en fonction de la taille et de la nature du gisement, de la nature du produit et de la localisation de la mine. A titre d'exemple, la mine Hajar de Guemassa a nécessité pour sa mise en exploitation 800 millions de DH et celle d'Imiter 300 millions.

    Durant l'année 1994, l'investissement du secteur s'est élevé à 1,9 milliard de DH et porte sur la recherche, l'exploitation et la valorisation des minerais. En 1995 et d'après les chiffres recueillis auprès du secteur, l'investissement sera plus important puisqu'il devra atteindre 3,2 milliards de DH avec une participation prépondérante de l'OCP (2,7 milliards de DH).

    Le secteur des mines est particulièrement caractérisé par des fluctuations très importantes des cours sur les marchés internationaux. Ces fluctuations sont essentiellement dues à une inélasticité de l'offre par rapport aux prix : les producteurs ont des difficultés à réduire leurs capacités de production.

    "Les entreprises minières qui parviennent à faire face à ces crises cycliques sont celles qui bénéficient de rentes absolues (conditions avantageuses de gisement)", précise Mlle Benkhadra. Vient ensuite en ligne de compte la qualité de gestion qui détermine leur compétitivité par rapport à leurs concurrentes. La libéralisation des changes offrirait éventuellement aux entreprises minières marocaines de se couvrir contre les risques de cours et de change à travers les marchés à terme. "Ces opérations doivent être néanmoins manipulées avec beaucoup de prudence", précise le directeur des mines qui cite l'exemple de Codelco Chili (cuivre) qui s'est trouvé avec des pertes très lourdes à la suite d'opérations de couverture qui ont pris l'aspect d'opérations de spéculation.

    De plus , la hausse des coûts de certains facteurs de production (énergie, consommables, biens d'équipement, transport...) grève la productivité des entreprises marocaines. A titre d'exemple, entre 1980 et 1993, le coût de l'énergie a été multiplié par 3,2 et celui des consommables par 2,5.

    L.T.

    LA RECONVERSION DES CITES MINIERES

    "L'activité minière contribue particulièrement au développement régional du pays par le désenclavement des régions, la création d'emplois dans les régions les plus reculées du pays où n'existe dans la plupart des cas aucune activité industrielle ou de service", précise Mlle Amina Benkhadra, directeur des Mines. Mais la spécificité fondamentale d'une mine est qu'elle naît, se développe et meurt. "Cette spécificité, si elle est bien assimilée par les acteurs du secteur, le demeure moins par les autres intervenants", avance le directeur des Mines.

    "Nous pourrons envisager dans ce sens que les entreprises minières puissent provisionner pour les indemnités de licenciement lorsque le gisement est épuisé", ajoute-t-elle.

    Par ailleurs, le problème de reconversion des effectifs et des cités minières est actuellement à l'ordre du jour avec la fermeture prévue dans 10 ans de la mine de Jérada. Un programme de reconversion de la ville de Jérada devra être défini par une Commission Nationale multipartite.

    Les programmes devront porter sur une reconversion du personnel à l'extérieur de la région par une réadaptation à de nouveaux postes de travail ou à l'intérieur par la création de nouvelles industries et des infrastructures nécessaires.

    Par ailleurs, l'activité minière offre près de 60.000 postes d'emplois directs. Par ses effets induits, elle emploie près de 2 millions de personnes. La masse salariale distribuée, hors avantages et charges, est de 1,7 milliard de DH.

    Le personnel bénéficie d'autre primes et indemnités diverses liées à la production, l'éloignement, la responsabilité, représentant une majoration du salaire de base de 20 à 50%.

    Les autres avantages dont bénéficie le personnel ont trait à l'habitat. Le patrimoine actuel des entreprises minières en logements permet de loger près de 45% de l'effectif. Les entreprises minières tentent actuellement de favoriser l'accès à la propriété au personnel du secteur minier. Ceci permet de réduire les coûts de gestion très importants des cités minières.

    L'exemple est la mine de Guemassa qui a préféré assurer le transport des mineurs de Marrakech à Hajar au lieu de construire une cité. En revanche, l'entreprise dispose d'un programme d'accès à la propriété au niveau de Marrakech moyennant des conditions avantageuses.

    L.T.

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