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ReportageIran interdit: Un pas en arrière... pour mieux sauter!

Par L'Economiste | Edition N°:961 Le 20/02/2001 | Partager

De notre envoyé spécial, Anouar ZYNE. Voie express, gros chantiers, publicités... Téhéran corrige rapidement toutes les idées préconçues sur l'Iran. Une incertaine évolution fait place à la révolution: La crème caramel est servie au dessert! La la question: Quel est le nombre d'habitants à Téhéran? Un guide iranien répond spontanément: 12 millions le jour et 8 millions la nuit! Téhéran est une ville qui a la taille des plus grandes mégalopoles du monde: New York par exemple. Oui, New York! Pour une société qui se dit anti-américaine, l'illusion est totale: Zam-Zam Cola, une boisson gazeuse clonée sur Coca-Cola, autoroutes, publicité, affichage, Marlboro... et crème caramel au dessert. Le pays glisse dans la mondialisation jusque dans sa gastronomie. Les plus orgueilleux diront que «toutes ces nouvelles choses ont été iranisées, tout comme l'islam». Question: Qui a fait la révolution islamique?Cela s'est passé en 1979. L'Iran a changé de main. Le pouvoir islamique révolutionnaire a pris les commandes d'un pays affaibli par les émeutes sanglantes. Le mouvement de révolte avait commencé au début de 1978 dans la ville de Qom. La monarchie des Pahlavi a disparu sous la pression de la rue et la détermination inébranlable de l'ayatollah Khomeyni. Celui-ci dirigeait la révolution depuis Neauphle-Le-Château en France, où il était en exil. Après quinze ans d'exil et trois années de cassettes, le 1er février 1979, l'ayatollah Khomeyni, qualifié d'imam, est reçu en héros dans son pays. Des procès expéditifs dans les tribunaux islamiques émettent des jugements sommaires contre les hommes de l'ancien régime: ministres, hauts fonctionnaires et chefs militaires sont exécutés. Dans la panique, les hommes d'affaires iraniens ont commencé à exporter leurs capitaux au rythme de 50 millions de Dollars par jour selon le journal de l'Année édité par Larousse. La famille impériale est soumise à enquête. A l'issue d'un référendum-plébiscite, la République islamique est proclamée le 2 avril marquant ainsi la fin d'une dynastie qui venait de fêter ses mille ans, mais aussi celle de la «révolution de Bakhtiar» qui n'aura duré que quelques semaines. Le Shah et l'impératrice Farah avaient déjà quitté l'Iran le 16 janvier de l'aéroport de Téhéran, appelé Mehrabad, ce qui signifie soleil levant...A l'atterrissage, les invités officiels seront accueillis par de la musique, des mots de bienvenue en perse, des hommes rasés de près, des Mercedes noires... Où sont donc passés les hommes barbus jusqu'à la taille? la salle d'ablutions? l'imam pour rappeler à la mémoire de chacun les préceptes de l'islam: ne jamais lorgner les femmes, ne pas contracter de crédit à intérêt en Iran?! Rien de cela. De l'aéroport à l'hôtel, une voie express pour arriver jusqu'à bon port. Très peu de feux de signalisation, bien qu'il faille rouler quelque 30 minutes à une vitesse moyenne de 60 km/h. C'est long, c'est loin.Etonnement, les circulations périurbaine et urbaine sont structurées par des autoroutes et des voies express. Rien à voir avec les villes marocaines. Rien à voir non plus avec ce que l'on voit dans les reportages télévisés sur l'Iran.Ces artères datent du temps du Shah. Elles ont été très bien entretenues par la République islamique.Les Iraniens de la révolution sont toujours là, mais ne contrôlent plus les choses comme dans les années 80. Une sorte de revirement s'opère en douceur. Ni trop discret, ni trop apparent, l'Iran du libéralisme, de l'Internet, des péchés et des libertés s'impose petit à petit.Téhéran est surprenante. Quand on roule en taxi, aucune secousse ne vient interrompre la contemplation des hauts immeubles en construction ou des nombreux panneaux publicitaires. Le nombre d'affiches sur les boulevards indique-t-il que la société iranienne est devenue une société de consommation? Oui, un peu, sinon pourquoi les annonceurs payeraient-ils ces affiches? Mais, il n'y a pas de publicité dans les journaux. Bizarre! Bizarre aussi le fait que l'on ne voie pas dans la rue de Peugeot 206, qui sont en grandeur nature sur les panneaux le long des autoroutes.Bizarre aussi mais pas étonnant. Pour la publicité d'un sac à main, les créatifs se débrouillent pour ne pas montrer le visage du «mannequin», dont le corps couvert d'un manteau en cuir a été... dessiné! Dans le pays des tapis, la route est lisse, large et coulante. Les chaussées sont bien faites; rien à voir avec le Maroc qui, pourtant, sait faire des tapis aussi. Cela doit être un plaisir de conduire une voiture, même de technologie moyenne en Iran.Les Iraniens fabriquent une petite voiture d'inspiration russe. Elle est de vilaine apparence et le nom de la marque n'est pas accrocheur, il est même difficile à retenir. Cette voiture est très utilisée à Téhéran. Normale, elle coûte environ 40.000 DH et est climatisée. Dans cette ville, «la clim« n'est pas une option. Téhéran est entourée de montagnes et l'hiver y est très très froid et l'été, très chaud.Les constructions sont faites pour la plupart en fer. Elles devraient résister aux tremblements de terre. Elles montent vers le ciel car c'est le seul sens où il y a encore du vide. Le terrain est une denrée rare; on voit rarement un terrain vague. A coup de dynamite et de bulldozers, les Iraniens creusent les montagnes et y aménagent des espaces. Normal, déjà au IIème siècle, ils avaient contribué à créer la légendaire route de la Soie depuis la Chine jusqu'à la Méditerranée en passant par la Perse. Aujourd'hui, ils arrivent à monter des avions localement et affichent des intentions sérieuses pour devenir un pôle industriel dans la région. C'est clair, les Iraniens ne dessinent pas leur chemin, ils le marchent...

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