×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Dossiers

Reportage: Qu'est-ce qu'on se sent bien ? Moulay Yaâcoub !

Par L'Economiste | Edition N°:805 Le 07/07/2000 | Partager

• Deux stations, pas les mêmes sensations• Avant l'odeur du soufre, vous êtes envahis par les «Mssali Alik ya Rassoul Allah« provenant des établissements de bain de la station traditionnelle• Pour une cure de jouvence à la nouvelle station thermaleLe chauffeur de taxi conduisait calmement sa Mercedes 220, modèle 1978. Encore en bon état, l'automobile parcourt, quotidiennement, une vingtaine de fois le trajet qui sépare Fès du village de Moulay Yaâcoub. Des baffles de la voiture provenaient la voix d'Oum Kalthoum chantant «Nissit Allil«. Les collines prérifaines à la couleur ocre sont l'unique paysage qui accompagne le voyageur durant tout le trajet. Seule exception, le lac qui avoisine les Domaines Royaux juste au bas de la colline.Après près d'une demi-heure de route, les premières demeures du village de Moulay Yaâcoub surgissent. Quelques maisons au creux d'une vallée parmi des montagnes dénudées qui modèlent vigoureusement un paysage lunaire. Le Djbel Tratt-Zalagh et le Djbel Zerhoun, derniers contreforts méridionaux du Rif, semblent les gardiens du village. Maisons, souks, bains et hôtels font tous face au tombeau de Lalla Chafia. La légende raconte que c'est une princesse morte désespérée après que son père ait voulu la marier contre son gré. «Les anges auraient emporté le corps de la jeune vierge au sommet de la montagne«, raconte-t-on (voir encadré sur les légendes).Tout en effectuant la descente des deux cent marches pour atteindre la station thermale traditionnelle, des femmes du «deuxième âge«, pour la plupart d'entre elles, vous proposent des maisons en location.Bien avant que l'odeur du soufre ne vous enveloppe, les «Mssali Alik Ya Rassoul Allah« (prières de Dieu sur le Prophète) traversant les murs de la station vous accueillent à l'entrée. Plus vous avancez et plus la teneur de l'air en soufre augmente.Acte de mariageA la porte, des hommes et femmes qui n'ont pas voulu se baigner attendent la sortie de leurs compagnons. A l'intérieur, un climat de détente règne. Les bords de la piscine sont envahis. Plusieurs clients ont abandonné leur corps à des masseurs. «Il y en a pour près de soixante à la station de Moulay Yaâcoub«, explique Mostapha qui vous proposera des photos souvenirs à 20 DH. Mais les 60 masseurs ne travaillent pas tous en même temps. Ils sont répartis en trois équipes, de vingt chacune. Vu le nombre de visiteurs qu'accueille la station et atteignant parfois, particulièrement durant les vacances, 7.000 par jour, ils ne risquent pas de se disputer les clients.Vivre du tourismeMostapha doit payer 20 DH pour avoir accès, toute la journée, à la station. Etudiant en troisième cycle, option électronique, à la Faculté des Sciences de Fès, il profite des jours fériés pour gagner sa vie.Toute l'économie du village tourne autour de la station. Commerces, hôtels et restaurants sont tributaires de cette source. Leur prolifération est cependant l'indice de la prospérité de leurs activités. D'autres entreprennent des travaux de rénovation ou d'extension et croient en l'avenir de la région. 'Tout le monde à Moulay Yaâcoub vit des rentrées du tourisme. Seuls les mois d'hiver, où le nombre des visiteurs chute fortement, sont difficiles à vivre. Mais les recettes de la haute saison nous permettent de compenser ces pertes«, explique un gérant de restaurant Les prix, notamment des hôtels, ne font l'objet d'aucune référence. Peut-être en raison de l'abondance de la demande en cette période estivale.A quelques minutes de marche de la station traditionnelle, une autre station d'un genre particulier fait sa renommée. Mais attention, les chauffeurs de taxi profitent de l'ignorance des visiteurs pour proposer une course à 60 DH aller et retour!La création de «Thermes de Moulay Yaâcoub« depuis 1990 a donné à la région la dimension de site de cure. La science et la médecine sont ainsi exploitées dans un environnement agréable. La liste des prestations de la station laisse le visiteur perplexe. Les noms de produits méconnus, pour la plupart, annoncent la couleur: c'est une station pour guérir des maladies ORL, gynécologiques et épidermiques. «Le docteur de la station reçoit des malades sur prescription de leur médecin traitant«, explique l'un des responsables de la station. Les cures durent une semaine à trois. Ce faisant, le client peut héberger à l'hôtel des Thermes Moulay Yaâcoub.D'autres clients cherchent la détente, un massage s'impose. Mais avant tout, le réceptionniste vous propose un «aérobain« à 80 DH. Après le passage au vestiaire, vous vous retrouvez dans une baignoire remplie d'eau minéralisée effervescente.Un quart d'heure écoulé, une dame souriante vous prie de passer à une salle de détente, le temps de reprendre votre souffle et vous enchaînez par la séance de massage. A la première touche, le savoir-faire de la masseuse vous transporte. «Il est loin le stress casablancais avec ses coups de klaxons et son air pollué«, vous vous dites.«Où est-ce que vous avez appris à faire cela?«.«J'ai suivi des séances de formation à la station«.La formation en interne dure six mois. Les 23.000 clients (90% des clients sont des Marocains) qui réclament les soins des 45 employés de la station en ont pour leur argent. En tout et pour tout, la station a réalisé en 1999 un chiffre d'affaires de 4 millions de DH, en progression de 50% par rapport à l'année précédente. Cependant, le seuil de rentabilité n'est pas encore atteint. «20% de la TVA est une aberration«, déplorent les responsables des Thermes de Moulay Yaâcoub. Cette imposition grève les recettes de l'affaire. Pour faire mieux, les promoteurs souhaitent une taxation similaire à celle du tourisme (7%).En attendant que les autorités réagissent à cette requête, les gestionnaires de la station veulent élargir la gamme de leurs services. Aussi, est-il prévu la réalisation d'une piscine pour les moins de 18 ans et des activités d'animation dont des restaurants.«C'est fini Monsieur«, chuchote la voix de la masseuse vous ramenant à la réalité: le temps de la détente est terminé. Sur le chemin du retour à Fès, les mains de la dame sont toujours là, mémorisées profondément en vous. Leur souvenir vous rappelle souvent cette montagne aride d'apparence, mais féconde de sensations... Aniss MAGHRI et Khalid TRITKI


Légendes royalesPlus de quatre légendes expliquent l'appellation de la station. Cette reprise le plus par la population raconte que «il y a bien longtemps« régnait sur les régions de Fès et de Marrakech. le Sultan Moalay Yaâcoub Ben Mansour qui fut frappé d'une grave maladie. Jour et nuit, la fièvre le brûlait et le corps consumé se couvrait de plaies bientôt transformées en ulcères. Les médecins les plus réputés du Maroc et de l'Andalousie furent mandés au royal chevet sans qu'aucun puisse arrêter la marche du redoutable mal. Désespéré, le sultan appela une sorcière berbère de l'Atlas. Celle-ci lui conseilla des immersions dans une source chaude née au flanc de la vallée, au haut de la montagne sacrée du Zeriioun. Moulay Yaâcoub entreprit le voyage et à l'emplacement du sanctuaire d'aujourd'hui, ses serviteurs montèrent la tente royale. Au premier bain, le sultan sentit un soulagement et à la fin de la semaine, il était guéri.Il repartit aussitôt vers son palais. Mais quelque temps après, il perdit sa fille Lalla Chafia. Cette dernière mourut désespérée après que son père ait voulu la marier contre son gré. Les anges emportèrent alors te corps de la jeune vierge au sommet de la montagne qui domine le vallon de Moulay Yaâcoub.

Acte de mariage...Ceux qui préfèrent ne pas se mêler à la foule de la piscine peuvent très bien opter pour les douches. Le même prix est pratiqué. Vous pouvez y aller à deux. Cependant, il faudrait respecter l'écriteau à la réception : «Le caissier peut réclamer l'acte de mariage à tout couple désirant prendre une douche commune!« Tout dépendra donc de l'humeur du caissier et de l'impression que vous dégagerez, vous et votre compagne ou votre compagnon.

Maisons d'h^tes et petits hôtelsA combien louez-vous la chambre?«, demande un client. Après avoir bien réfléchi, le réceptionniste du «Grand Hôtel« avance le prix de 400 DH. «Vous êtes donc un hôtel classé?« «Oui«, répond après une certaine hésitation l'employé «Combien d'étoiles?«, continua le client dont les questions devenaient agaçantes pour l'employé. Trois«. Il fallait bien sûr chercher une catégorie dont la fourchette des prix se rapprochait des 400 DH!L'établissement n'est apparemment qu'une ancienne demeure construite sous la forme des maisons fassies re reconverties en hôtel. Ni l'ameublement, ni l'équipement, ni le standing ou encore moins le service ne sont ceux d'un hôtel classé. Ce-pendant, vous auriez peu de d'y trouver une chambre libre.Une femme de service expliqua que l'hôtel appartient à un certain Kadiri dont le frère serait un banquier à Rabat, mais allez savoir ce que vaut l'information. En face du Grand Hôtel, se tient celui des «Lamrani«, le plus célèbre de Moulay Yaâcoub. La population raconte que Feu Sa Majesté Mohammed V y a séjourné à plusieurs reprises à l'occasion de ses visites à la station.L'hôtel semble toutefois avoir perdu le prestige de ses années de gloire et est aujourd'hui fréquenté par une clientèle moyenne.
  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc