×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Culture

    Rencontres de Fès
    «L’avenir n’est pas dans la confrontation des fondamentalistes»
    Entretien avec Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre français de l’Intérieur

    Par L'Economiste | Edition N°:2294 Le 09/06/2006 | Partager

    Jean-Pierre Chevènement, l’une des premières personnalités politiques à avoir dit «non à la constitution européenne», participe au Forum de Fès: une âme pour la mondialisation. Il réalise ainsi un vœu ancien de participer au débat sur l’Islam et la globalisation. Il donne des cas concrets.  - L’Economiste: Votre participation au Forum a été vivement sollicitée…- Jean-Pierre Chevènement: Il faut dire que cette participation a un double intérêt pour moi. D’abord, échanger avec des personnalités éminentes sur des thématiques importantes telles que «l’Islam et la globalisation» et le «Pardon». Ensuite, combler un vœu ancien, c’est de pouvoir revisiter Fès que j’avais vue d’en haut, à partir de la terrasse de l’hôtel Mérinides, en 2000, lors d’une visite éclair. Cette magnifique ville de Fès, avec sa médina, son université El Quaraouiyine, son palais royal… tout cela me faisait rêver et je suis heureux de pouvoir visiter ces merveilles de plus près. . Que pensez-vous du Forum?- Au niveau des Rencontres, le musée Batha favorise un échange de points de vue différents sur l’avenir. Disant que l’avenir n’est pas, selon moi, dans la confrontation des fondamentalistes religieux qu’ils soient islamistes, chrétiens ou juifs. Je crois que nous devons être capables de raisonner à partir de principes universels. Des principes s’appliquant à tous les peuples qui ont chacun droit à la vie et à la sécurité. . Et ces conflits qui existent entre les peuples: le problème israélo-palestinien comment peut–il être traité?   - Il est évident que le problème israélo-palestinien est latent depuis trop longtemps. Il faut lui trouver une solution. La thématique du pardon, qu’évoque également le Forum de Fès, est intéressante. Mais je dirais, entre la France et l’Allemagne par exemple, le mot pardon n’aurait pas eu de sens en 1943-1944. C’est ensuite, au fil des décennies, qu’on a pu trouver une étroite coopération et une amitié entre la France et l’Allemagne. A mon sens, il doit en être de même pour Israël et un Etat palestinien qui reste à créer. . Vous êtes l’un des premiers à avoir dit non à la constitution européenne. Est-ce que vos raisons tendent à aider les pays du Sud?- Effectivement. Pour moi, dire non à la constitution européenne était une excellente chose. Il fallait le dire parce qu’il n’y a pas un seul peuple en Europe. Il y en a 30 et, en donnant cette orientation exclusive à toute notre politique, on a oublié la dimension du Sud. C’est-à-dire le Maghreb, l’Afrique, la Méditerranée et le monde arabe auxquels beaucoup de liens nous attachent. Donc, le peuple français a manifesté qu’il entendait continuer parce que l’histoire de la France n’était pas finie et que l’Europe, telle qu’elle se faisait, ne répondait pas à ce que nous attendions du point de vue social. L’Europe a besoin d’une croissance plus forte, d’une grande justice et se doit de combattre plus résolument le chômage. Celui-ci atteint plus de 10% pour toute l’Europe. Ce qui est excessif. Donc, il faut réorienter la Constitution européenne et faire le lien d’un projet qui parle au monde entier mais qui associe aussi les pays du Sud et les pays qui ne sont pas aujourd’hui dans l’Europe des 25.         . Que proposeriez-vous à cet égard?- Je pense que nous devons concevoir un ensemble beaucoup plus vaste que l’Europe des 25. C’est-à-dire un ensemble de prospérité partagée du codéveloppement avec le Sud et, pour cela, il faut une volonté politique dont le siège reste les nations. Une géométrie variable qu’il faut toujours compter avec la démographie et la démocratie. En tout cas, le non à la Constitution a été un moment de réorientation et une pause salutaire pour la réflexion.


    Profil

    Maire actuel de Belfort, Jean-Pierre Chevènement est né en 1939 dans cette même ville. Il adhère au parti socialiste SFIO en décembre 1964. Ministre de l’Intérieur du gouvernement de Lionel Jospin, il démissionne le 29 août 2000 pour s’opposer au projet de loi régionaliste du Premier ministre sur la Corse. C’est lui également qui est l’initiateur du Conseil français du culte musulman (CFCM). Venant d’éditer un ouvrage intitulé «Défis républicains», Chevènement prépare d’autres ouvrages qui doivent sortir très prochainement dont «La République de l’Europe».Propos recueillis parYouness SAAD ALAMI

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc