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    Economie

    Rencontre avec le ministre des Finances
    “Une logique globale dans la réforme financière”

    Par L'Economiste | Edition N°:1678 Le 07/01/2004 | Partager

    . Permettre à l'épargnant de faire des arbitrages avant le placement de son épargne. La CDG sera soumise pour la première fois au respect des règles prudentiellesLe ministre des Finances et de la Privatisation a décidément pris de la bouteille, comme on dit, en matière financière. Il avait impressionné les experts de l'information financière en décembre à Casablanca, par sa façon d'intégrer les problèmes et de leur offrir une solution globale. En expliquant les objectifs des textes qu'il vient de faire passer au Parlement, il suit cette même démarche.. L'Economiste: La vision développée par la CDG est axée de la politique d'investissement. Cela est-il conforme à votre politique ou elle outrepasse ses compétences et sa zone d'action?- Fathallah Oualalou: Elle est totalement conforme. Elle nous aide à résoudre les problèmes des caisses de retraite. Elle est aussi un vecteur essentiel qui accompagne la politique de l'Etat, notamment dans le logement et la promotion du tourisme. Avec tout cela, nous constatons qu'elle gère cette possibilité avec beaucoup de prudence. La CDG sera, pour la première fois, soumise au respect des règles prudentielles dans le cadre de la nouvelle réforme des statuts de Bank Al-Maghrib. Dans ce sens, à partir de la promulgation de cette loi, Bank Al-Maghrib élargira son intervention à la CDG, au microcrédit, aux sociétés de financement en plus des banques et des ex-organismes financiers spécialisés. La CDG se prépare à cette nouvelle situation.. L'activité retraite de la CDG sera-t-elle contrôlée aussi par Bank Al-Maghrib?- Non, pour la partie prévoyance, la CDG doit appliquer les règles du code des assurances. Cela relève de la tutelle de la direction des assurances du ministère des Finances.. Quelles sont les nouveautés pour le secteur financier?- Nous assistons à la réforme de trois grands chantiers qui s'interfèrent. Le premier est le code des assurances qui sera mis en oeuvre après la mise en place des décrets d'application. Le deuxième concerne le secteur bancaire avec la loi bancaire et les statuts de Bank Al-Maghrib. Le troisième porte sur le marché financier. Ainsi, les six textes adoptés par le Parlement visent à renforcer le rôle de contrôle du CDVM et créer les conditions de transparence du secteur. Il s'agit d'améliorer le degré de confiance de l'épargnant pour que la Bourse puisse s'ouvrir à d'autres entreprises, une chose que nous n'avions pas réussi jusqu'à maintenant. L'idée principale de la logique globale de la réforme est de permettre à l'épargnant marocain de faire des arbitrages dans le placement de son épargne. Cela permettra à l'économie financière d'être au service de l'économie réelle.


    Enorme dette intérieure

    . Oualalou le promet: “Pas d'inflation pour effacer les dettes de l'Etat”. Celles-ci, certes, diminuent par rapport au PIB, et la gestion active les rend moins chères. Mais la dette intérieure grimpe fortement, même si elle reste silencieuse…. La dette extérieure?- Elle baisse. Une réduction qui provient en partie de la baisse de la dette extérieure des établissements publics. Cela améliore leurs performances et leur permet de se réendetter pour s'équiper. C'est le cas l'ONE, l'Odep… Notre politique en la matière est de les pousser à rembourser d'une façon anticipée leurs dettes chères à l'extérieur et en même temps s'endetter ici sur le marché local, d'autant plus qu'il y a de la liquidité et les conditions sont bonnes. . Mais la dette intérieure est devenue énorme?!- Elle est gérable. L'important est le stock de la dette globale qui a baissé. En plus, la structure de la dette s'améliore, en termes de taux d'intérêt et de périodes d'exigibilité. Par conséquent, son augmentation n'est pas gênante puisqu'elle se substitue à une dette ancienne et donc chère.. Autrefois, lorsqu'un Etat était très endetté vis-à-vis de ses citoyens, il faisait un peu d'inflation pour réduire les remboursements. Est-ce que cela marche encore comme cela?- Non! Nous sommes dans une situation mondiale et nationale de maîtrise de l'inflation. Elle est devenue un des éléments pour maîtriser la compétitivité de notre pays et protéger le pouvoir d'achat. Par conséquent, il faut rester ferme sur ce plan-là.


    Repopulariser la Bourse

    Après la promulgation des six textes relatifs aux marchés financiers, un travail d'information sur le terrain sera nécessaire. Oualalou s'y engage: “Je pourrais aller avec les dirigeants du CDVM et de la Bourse pour animer des réunions. Il ne s'agit pas de se limiter à Casablanca, mais aller à Marrakech, Fès, Tanger et Agadir”. Pour lui, il est impératif de populariser la culture de la Bourse. Ce n'est pas bon qu'elle reste un monopole d'un petit monde à Casablanca.


    Sécurité financière et zones d'influence
    Trouver une “certaine autonomie”

    . Au niveau de la sécurité financière, vous dites que le “Maroc adhère aux normes internationales”, mais lesquelles? Celle de l'UE, des Etats-Unis ou celle que la Banque Mondiale est en train de préparer? - En général, dans nos textes, l'UE a été toujours une référence. Notre prétention de demander à l'Europe le statut avancé en tenant en compte de la nouvelle politique de voisinage nous pousse à moderniser notre législation. L'UE adhère à des règles universelles qui sont de plus en plus américanisées. Il est certain que nous sommes en retard mais de moins en moins. Sur certains aspects du projet de loi relatif au CDVM par exemple, nous sommes en avance par rapport aux Européens. Nous avons opté pour une approche américaine sur certains aspects. Mais pour l'essentiel, la référence européenne prédomine.. Depuis la faillite d'Enron, les Etats-Unis ont mis en place des systèmes de surveillance financiers extrêmement sévères. Par moments, il y a l'extraterritorialité. Est-ce que vous trouvez normal que la loi américaine s'applique aux professionnels marocains? Est-ce que vous avez l'intention de soutenir les professionnels lorsqu'ils auront des différends avec des entreprises américaines?- Avec l'ouverture des secteurs, il y a un processus de régulation qui s'impose dans plusieurs secteurs. Nous l'avons commencé avec les télécoms. Il existe dans le secteur bancaire via Bank Al-Maghrib. Il est en train de se faire dans le marché financier par le CDVM. Il se fera dans le secteur des assurances. Par conséquent, la relation de tutelle du ministère évolue vers une relation d'accompagnement et de surveillance. Nous sommes en train de le sentir dans les discussions que nous avons avec l'UE et les Etats-Unis dans le contexte de la mise en place du cadre de la zone de libre-échange. Celle-ci ne concernera pas que le commerce mais s'étendra aux services et aux normes. En ce sens, nous négocions une certaine autonomie de notre législation qui est nécessairement transitoire. Dans des secteurs, nous sommes prêts à faire évoluer notre législation mais après en avoir maîtrisé la gestion. C'est le cas pour l'eau, le transport et l'énergie. Nous sommes interpellés par l'ouverture. L'essentiel est de maîtriser la réforme des textes et celle du secteur. Les discussions que nous avons avec les instances financières internationales ou avec nos grands partenaires comme l'UE nous permettent de maîtriser et d'arbitrer entre les deux cheminements. Propos recueillis par Mohamed CHAOUI

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