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Economie Internationale

Remue-ménage politico-mafieux dans le Sud de l'Espagne: Le Maroc est indirectement concerné

Par L'Economiste | Edition N°:533 Le 21/06/1999 | Partager

· Jesus Gil, le sulfureux politicien de Marbella, veut étendre son influence vers Sebta et Melilia

· Il a fondé un parti qui porte son nom, le GIL: Le Grupo Independiente Liberal


Jesus Gil, qui n'en est pas à son coup d'essai de démêlés judiciaires, n'a pas perdu sa jovialité légendaire. Même si la justice ou l'opposition politique espagnoles lui font barrage, il doit se dire que son pouvoir n'est pas à la veille de s'estomper. Il a même essayé de pousser ses pions à Melilia lors des dernières élections locales (Cf L'Economiste du vendredi 11 juin 1999).
Le tonitruant maire de Marbella, ville qu'il a convertie en centre incontesté du tourisme de luxe (et incidemment en plaque tournante du trafic de drogue), restait un phénomène populiste local, même si ses coups de gueule répétés contre les autres partis politiques espagnols lui permettaient d'occuper régulièrement le devant de la scène médiatique.
Or, voilà que le spectre de ce personnage controversé, tout en gouaille populiste, prend corps.
A l'issue des élections municipales et régionales espagnoles de l'autre dimanche, Jesus Gil a inscrit dans les faits la menace qu'il brandit depuis des années: étendre son influence aux points névralgiques, spécialement dans les deux présides. Les tractations sont allées bon train entre les autres formations pour tenter de faire barrage au parti personnaliste qui porte son nom, le GIL -Grupo Independiente Liberal.
De fait, l'avancée électorale de Jesus Gil est nette. Réélu à Marbella et à Estepona- une ville balnéaire voisine-, dirigée par son propre fils Jesus Gil Marin, son parti réalise les meilleurs scores dans de grosses municipalités andalouses telles que Ronda ou La Linea de la Concepcio.

25 milliards de DH de "transit"


Il a assis une forte présence au sein de la province de Malaga, capitale économique de l'Andalousie et, surtout, s'arroge une forme de leadership dans les deux enclaves espagnoles au Maroc, Sebta et Melilia.
Loin de se cantonner aux édiles locaux, la crainte de la contagion est désormais partagée par le gouvernement central de Madrid, craignant que ces deux centres financiers importants pour l'Espagne ne tombent dans les mains de celui que le monde politique espagnol qualifie de "mafieux". Les deux enclaves marocaines constituent des enjeux de poids. On estime qu'elles représentent 2% des échanges de devises de toute l'Espagne. En outre, de source officielle aussi, les mafias locales y feraient transiter chaque année près de 400 milliards de Pesetas (environs 25 milliards de DH). Crime organisé, immigration clandestine, délinquance active, mafias organisées: Jesus Gil parle d'y implanter le "modèle de Marbella": expulsion des immigrants, police municipale musclée, tourisme de luxe... Gil promet le grand soir pour les deux enclaves et veut les transformer en "grands centres financiers internationaux" et en "paradis fiscaux". Les pouvoirs en place ne prennent pas les choses à la légère. Ignacio Velazquez, le président de Melilia, a refusé net la proposition faite par le GIL d'une alliance: "Je n'ai aucune envie, dit-il, de transformer Melilia en un nouveau Beyrouth". Malgré d'innombrables casseroles et d'affaires en justice, Gil continue de sévir. Il y a une dizaine de jours, le Tribunal anticorruption de Madrid a requis 34 années de prison pour le maire de Marbella, accusé d'avoir détourné, à partir de 1991, quelque 20 millions de Francs des caisses municipales vers celles de l'Atlético Madrid, club de football dont il est le président. Affaire en cours...

François Musseau
Syndication L'Economiste-Liberation





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