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Relations avec la presse: Le coup de semonce du Premier ministre

Par L'Economiste | Edition N°:647 Le 26/11/1999 | Partager

· Une circulaire demande aux ministres de surveiller les articles de journaux afin de réagir aux comptes rendus
· Réponse tardive à l'ambiance malsaine des listes
· Des observateurs considèrent que c'est une manoeuvre pour limiter la liberté d'expression


M. Abderrahman Youssoufi secoue à nouveau ses ministres. Après le rappel à l'ordre pour qu'ils interdisent aux fonctionnaires le cumul de la fonction publique et des activités commerciales et industrielles, le Premier ministre récidive. Il vient en effet d'adresser la circulaire numéro 29-99 aux membres de son gouvernement. Objectif, surveiller les comptes rendus de la presse sur les activités de l'Administration et des entreprises publiques. Les ministres ou les responsables doivent désormais prendre en considération les articles de journaux qui s'en prennent à leur département.
Pour M. Youssoufi, l'intérêt porté aux critiques de la presse est motivé par le souci de rectifier le tir. Cette attention s'explique également par la volonté de conserver intacte la dignité de l'Administration. Aux yeux du Premier ministre, ces actions visent une interaction positive avec l'opinion publique et les attentes de la société désireuse de changement.
C'est pour cela que toute administration ou entreprise publique concernée par un article dans les journaux est appelée à sortir de sa léthargie. Le ministre ou un responsable est obligé de diligenter une enquête sur le contenu de l'article. Un rapport contenant les clarifications nécessaires est alors transmis à la Primature. Une cellule qui sera prochainement créée et rattachée au Premier ministre devra se pencher sur les différentes facettes de ce rapport. La cellule établira alors un procès verbal au Premier ministre afin de déterminer la position à prendre. La circulaire précise que cette dernière se fera dans le respect total des textes réglementaires.
Le document d'une page est clair: si l'article se focalise sur le ministre ou le responsable d'une administration, l'urgence est de mener les enquêtes nécessaires et transmettre directement au chef du gouvernement les mesures à prendre. S'il s'agit d'une erreur, il faudra la corriger. S'il est question de diffamation, chaque ministre est invité à suivre la procédure. Le délai pour cette opération doit être rapide.
Le Premier ministre avait réuni il y a quelques mois les personnes chargées de la communication dans les différents ministères. Il s'agissait de serrer les coudes pour mieux faire connaître le travail du gouvernement.
Il n'empêche, pour des observateurs, que cette circulaire vient comme une réplique un peu tardive à l'atmosphère malsaine installée par la publication de listes de personnes interdites de quitter le territoire. Elle vise à responsabiliser et à moraliser davantage la presse. Mais surtout remédier à la léthargie de l'administration qui ne réagit pas aux attaques portées contre elle. La meilleure façon de couper court à la rumeur est une réaction rapide, indique M. Larbi Messari, ministre de la Communication, qui rappelle sa démarche. Il réagit systématiquement si son département est concerné ou des journalistes maltraités par exemple. Dans l'affaire de la MAP, le ministre reconnaît n'avoir pas réagi, car il s'agissait d'attaques personnelles et qu'il ne voulait pas faire dévier le débat.
D'autres voient cette circulaire d'un mauvais oeil. Ils considèrent que c'est une attaque en règle à la liberté d'expression et une manoeuvre pour intimider les journalistes.
Pour convaincre, ils rappellent que cette circulaire intervient moins d'un mois après que M. Youssoufi ait abordé la question lors du Conseil de Gouvernement du 28 octobre dernier. Le gouvernement avait été la cible de tirs croisés en provenance notamment de sa majorité plurielle. Chacun scrutait l'horizon pour voir quelles répliques le Premier ministre allait donner à toutes ces rafales. C'en est une réponse.

Mohamed CHAOUI

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