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    Règles prudentielles : Les banques s'adaptent et retrouvent les bénéfices

    Par L'Economiste | Edition N°:181 Le 25/05/1995 | Partager

    La prudence est la règle d'or des banquiers. Mais l'institution des règles prudentielles devrait les y pousser davantage. Le temps d'adaptation n'aura pas duré. Après deux ans de stagnation, les bénéfices repartent à la hausse.


    Même en temps de crise, les banques affichent des résultats en hausse. La banque est en effet l'une des rares activités qui prospèrent en période de basse conjoncture.
    Les mesures prudentielles instituant le coefficient maximum de division des risques et le coefficient minimum de solvabilité ainsi que celles portant sur la classification des créances en souffrance rentrent en leur troisième année d'application. Si elles les ont contraintes à revoir leur politique de crédits et d'appréciation des risques sur leurs engagements, ces mesures n'auront pas pour autant, entamé la capacité bénéficiaire des banques. C'est un des constats que l'on peut faire des résultats de 1994 communiqués par certains établissements bancaires.
    En effet, tout porte à croire que les banques semblent avoir intégré cette contrainte dans leur gestion.

    Correction du tassement des bénéfices


    En 1992 et 1993, pour se conformer alors aux critères de classification des créances plus rigoureux, les banques avaient vu gonfler leurs provisions sur les créances en souffrance. Ceci s'était aussitôt traduit par un tassement, voire une diminution des résultats. Manifestement, elles étaient allées beaucoup plus loin que les instructions réglementaires ne le suggéraient.
    Plus de deux ans après l'institution de ces mesures, il s'est opéré une sorte correction technique, certes encore limitée, de ce mouvement de baisse.
    A tour de rôle, les banquiers annoncent l'amélioration, et au pire, le maintien des bénéfices par rapport à 1993.
    Ainsi, la Société Générale a réalisé un résultat net de 150,7 millions de DH en 1994, en progression de 19% par rapport à 1993. Selon la direction de la banque, "cette reprise fait suite à une stagnation de résultats en 1992 et 1993 consécutive à l'entrée en vigueur de nouvelles règles de provisionnement de créances en souffrance". Elle l'attribue en outre à la bonne tenue générale de l'activité de la banque.

    Chez Wafabank en revanche, les profits se maintiennent presqu'au même niveau qu'en 1993: 176,5 7 millions de DH contre 175,26 millions. Parallèlement, avec près de 8,55 milliards de DH engagés, les crédits enregistrent une hausse de plus d'un tiers par rapport à la moyenne du marché, soit 18 contre 12%.
    Pour certains experts(1), l'obligation faite aux banques d'observer un rapport minimum de 8% entre les fonds propres et le total de l'actif et des engagements par signature (le ratio Cooke) devait les inciter à plus de rigueur. Il en est de même pour le coefficient de division des risques (selon lequel les banques doivent respecter en permanence une proportion maximale de 7% entre les fonds propres nets et le total des risques encourus sur un client). Certaines d'entre elles avaient du reste procédé à des augmentations de capital en vue de s'adapter à cette nouvelle contrainte.

    La sélection de risque plus sévères


    Traditionnellement, note M. Zaïdi, les établissements bancaires surveillaient surtout leurs engagements au bilan, poussés en cela soit par les mesures d'encadrement de crédit, soit par l'état de leur trésorerie. Du fait qu'ils passaient sous les mailles du filet des autorités monétaires, les engagements hors bilan représentaient une activité prisée par les banques.
    Par ailleurs, et afin de rester dans la norme établie par le ratio Cooke, l'on devrait s'attendre en principe à ce que les critères de sélection de risques encourus par les banques dans ou en dehors du bilan se fassent plus sévères. A en juger par l'accroissement des engagements de crédits, il n'est pas sûr que le changement se soit mécaniquement manifesté.
    Tout en reconnaissant la portée de ces mesures prudentielles sur le plan de la sécurisation des opérations bancaires et de la protection des déposants, certaines voix(2) se sont élevées pour en souligner les limites. L'une de celles qui reviennent le plus souvent considère que la sévérité du ratio de solvabilité telle que définie par ces mesures prudentielles réduit la capacité des banques à financer l'économie, en même temps qu'elles les défavorisent par rapport à leurs concurrents étrangers.
    De même, il est enfin estimé que les éléments d'appréciation de la capacité de remboursement du débiteur ne relèvent plus de la seule discrétion de la banque.

    Abashi SHAMAMBA

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