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Réforme religieuse: Nouveau coup de pouce royal

Par L'Economiste | Edition N°:2061 Le 11/07/2005 | Partager

. Les fatwas seront réglementées. Gros travail sur le rite malékiteFatwa posthume contre Mehdi Ben Barka, appel au meurtre «d’un débauché», le Maroc a lui aussi été concerné par ces «diatribes», proférées au nom de la religion, qui décrédibilisent les musulmans au lieu de leur rendre service. Le discours de SM le Roi prononcé vendredi dernier devant le Conseil des oulémas a tracé les règles régissant ces «appels» pour «qu’il n’y ait pas de place ni pour les pseudoclercs en matière religieuse, ni pour les incultes et les charlatans effrontés, et encore moins pour les propagateurs autoproclamés d’allégations mystificatrices».Le Souverain a annoncé la création au sein du Conseil supérieur des oulémas, d’une instance académique ayant pour mission de faire des propositions de fatwa. Rappelons que c’est SM le Roi qui décide en sa qualité de président du Conseil des oulémas. La fatwa, dans sa perception moderne, devra «stimuler la dynamique de l’effort jurisprudentiel, avec l’adoption d’une démarche innovante, conciliant les vues doctrinales et la pratique du terrain».Ce rappel royal vise à faire face aux visions obscurantistes. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que la réforme du champ religieux a été précédée par un rajeunissement des cadres. Actuellement, parmi les oulémas, il y a des jeunes et des vieux. Il y a même des femmes versées dans les sciences islamiques. . Des oulémas éclairésCe rajeunissement était de toutes les manières incontournable pour faire admettre la notion de la modernité au sein d’une instance religieuse, introvertie, léthargique et dont le conservatisme risquait de tourner à l’excès. Rappelons-nous les oulémas qui s’étaient élevés contre l’organisation d’une cérémonie œcuménique à Rabat après le drame du 11 septembre. «Il n’y a plus de fatwa que d’oulémas dans cette affaire», avait tranché SM le Roi dans un entretien accordé à Paris Match le 31 octobre 2001, précisant que «les Marocains sont totalement inscrits dans les valeurs universelles d’humanisme et de modernité qui sont le plus largement partagées dans le monde». Il fallait limiter les dégâts. Car tout le monde pouvait se proclamer «mufti» et commencer à prêcher ce qui l’arrange. Le monde musulman pullule de fatwas, les unes plus déconcertantes que les autres. Il y a eu même une fatwa contre les Pokémons! Au Maroc, le plus grave exemple a été fourni par le mouvement «Assirat Al Moustaqim» dont l’émir Miloudi Zakaria, actuellement condamné à mort, avait émis une fatwa contre «un débauché». Et le malheureux a été effectivement assassiné. Une vendetta comme on en a dans les films sur les mafias siciliennes. Le sursaut a été rapide. Qui aurait dit que le Maroc aura des femmes alems et que des formations sur le VIH/sida seront dispensées aux imams? L’islam n’est pas contre l’ouverture sur le monde. Le discours royal devant le Conseil des oulémas a été encore plus tonitruant lorsqu’il a abordé des questions sensibles. C’est le cas notamment du rite malékite. La Commission permanente pour la revivification du patrimoine «soumettra “al-Mowattae”, traité de l’imam Malik ibn Anas, à un travail rigoureux d’authentification scientifique, qui sied à la thématique de l’ouvrage, et qui reflète la place privilégiée que son auteur occupe aux yeux des Marocains». Ce qu’il faut retenir, c’est que cette commission doit rattraper «les omissions» des anciennes éditions du livre, en se référant aux manuscrits inédits de l’ouvrage, disponibles au Maroc. C’est un nouveau pas franchi dans la réforme du champ religieux. Les travaux de cette commission sont très attendus. De quel genre d’omissions s’agit-il? Cette initiative courageuse entraînera certainement un grand débat sur notre pratique de la religion. De toutes les façons, l’enjeu de la réforme est de marquer davantage l’aspect «valeurs humaines». Les penseurs modernes de l’islam avaient d’ailleurs fait remarquer que certaines pratiques étaient trop centrées sur les rites, au détriment des vraies valeurs d’humanisme et de partage. En l’absence de ces valeurs, le champ est libre à tous les excès. «Nous comptons sur votre concours efficace (ndlr: oulémas) pour donner un contenu concret au principe de citoyenneté positive. Pour ce faire, il vous appartient d’inscrire vos efforts jurisprudentiels dans une logique d’ouverture sur les exigences du progrès, tout en demeurant fermement attachés aux constantes de notre identité propre et unanimement soudés autour des valeurs sacrées de notre nation, en l’occurrence la foi pondérée, la monarchie démocratique, ainsi que l’intégrité territoriale», a affirmé le Souverain. N. L.

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