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    Economie

    Réexportation ou incinération : Blé contaminé: Le MAMVA maintient la pression

    Par L'Economiste | Edition N°:238 Le 11/07/1996 | Partager


    Le "blé indien" appartenant à l'Etablissement Benzidia attend toujours au port de Casablanca. En cas de non-réexportation, l'incinération devrait commencer le 10 juillet. L'incident survient au moment où la libéralisation devient effective suite à la publication du décret d'application de la loi relative à l'ONICL et à l'organisation du marché des céréales. Le point sur le conflit.


    Le dossier du blé indien jugé dangereux pour les cultures n'est pas encore totalement clos. Si la cargaison de 24.000 tonnes, dont 1.200 incinérées, appartenant aux Etablissements Kraïmi a trouvé preneur au prix de 140 Dollars/tonne, le suspense demeure entier quant aux 21.000 tonnes importées par l'Etablissement Benzidia. Par lettre datée du 3 juillet 1996, le Ministère de l'Agriculture et de la Mise en Valeur Agricole informe le président de la FNAC (Fédération Nationale des Activités Céréalières) que l'incinération de cette cargaison de blé actuellement au port de Casablanca et "reconnu atteint de la maladie dite de carie de Kernal" sera entamée le mercredi 10 juillet à "un rythme accéléré" en cas de non-réexportation. Dans cette même missive, le MAMVA somme la FNAC de lui communiquer la décision prise et relative à ladite marchandise avant le 10 juillet.

    ONICL, "il" du MAMVA


    Au moment où nous mettions sous presse, il semble que l'ONICL (Office National Interprofessionnel des Céréales et des Légumineuses) ait trouvé un acquéreur, mais l'importateur attend encore une confirmation par accréditif de l'acheteur potentiel avant de pouvoir se prononcer. Ce double-incident est le tout premier qui survient juste après la libéralisation de la filière céréalière. Il constitue un test aussi bien pour la FNAC, créée il y a quelques mois, que pour l'Office dont les nouvelles attributions viennent d'être précisées par le décret n°2-96-35 du 13 juin 1996 pris pour l'application de la loi 12-94 (Loi relative à l'ONICL et à l'organisation du marché des céréales).

    L'ONICL reste en effet "l'il et le bras" des pouvoirs publics sur toute la filière. La loi stipule qu'il "est chargé de suivre l'état de l'approvisionnement du pays en céréales et légumineuses et leurs dérivés et, en cas de situations exceptionnelles, de procéder ou faire procéder à des achats et cessions, à des importations et exportations ainsi qu'à la détention, au transport et à la transformation des produits" précédemment indiqués. Outre cette mission d'organisateur, l'Office est tenu d'assurer la gestion et l'exploitation des silos à céréales portuaires. Les textes l'obligent par ailleurs à constituer ou à faire constituer un stock de sécurité, à mettre en place un système d'information sur le marché des céréales et à apporter l'assistance technique et l'information dont ont besoin les opérateurs. La base du partenariat avec ces derniers, qui sont d'ailleurs tous représentés au Conseil d'Administration par leurs associations respectives, est ainsi élargie. Mais d'ores et déjà, tous les intervenants sont prévenus. Les importateurs qui redoutaient l'entrée en lice de nouveaux opérateurs à la faveur de la libéralisation doivent maintenant se rassurer.
    En adoptant une position ferme vis-à-vis d'importateurs pourtant rompus à la tâche, le MAMVA a annoncé la couleur pour ce qui concerne le contrôle des importations et appuyé l'ONICL dans son nouveau rôle d'organisateur du marché des céréales.

    Intransigeance


    Dans cette affaire, la FNAC n'a pas tiré sur la corde. Deux contraintes majeures s'opposaient à elle: "gérer un problème arrivé à une situation de non-retour et montrer aux partenaires étrangers que le Maroc n'est pas une destination difficile", explique M. Ghali Sebti, président de l'Association. Et de préciser que son organisation "respecte la position de l'Administration, même si le rapport de contre-expertise indique que le blé peut être transformé sans danger pour le consommateur et les cultures". Il se félicite en outre de la manière dont l'association a géré le premier volet du dossier et de l'issue heureuse de l'appel d'offres qui a permis aux Etablissements Kraïmi de récupérer une bonne partie des sommes engagées dans cette opération. En dehors des 1.200 tonnes déjà incinérées, cet importateur a perdu, d'après les estimations de quelques professionnels, près de 60 Dollars par tonne par rapport à son prix d'achat, soit pas moins de 14 millions de Dirhams au total. Cette ardoise aurait pu être plus importante si la cargaison avait été cédée à 125 Dollars/tonne au premier acheteur présenté par l'Office. Vu l'intransigeance des autorités de tutelle, les Etablissements Benzidia sont donc obligés de trouver rapidement un acquéreur pour sauver l'essentiel. A la date du 8 juillet, la FNAC attendait toujours leurs propositions de solution avant d'entreprendre de nouvelles démarches auprès de l'Administration. Ils sont tenus de faire vite avant que les centrales de l'ONE ne bénéficient de "l'aubaine".

    Alié Dior NDOUR

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