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    Economie

    Recensement 1994 : Même en recul, la croissance démographique reste forte

    Par L'Economiste | Edition N°:167 Le 16/02/1995 | Partager

    Les résultats définitifs du recensement devraient être connus d'ici la fin de l'année. Les premières tendances indiquent le ralentissement de l'accroissement annuel moyen de la population avec une vive pression de migrants ruraux vers les villes.

    EN passant de 20.419.555 en 1982 à 26.073.593 d'habitants selon les premières indications du recensement 94, le Maroc aura gagné, en presque une décennie, 1/2 point sur son taux d'accroissement démographique annuel. Les résultats préliminaires du recensement montrent que le taux moyen de croissance démographique entre 1982 et 1994 se fixe à 2,06% contre 2,60% sur la période 1971-82. En valeur absolue, la population marocaine croît annuellement de 520.000 personnes.

    Il faut cependant tempérer la portée de ce ralentissement de l'accroissement moyen de la population. Entre 1982 et 1994, la croissance démographique globale, qui s'établit à 5.654.038 de personnes, soit une variation brute de 27,7%, reste à un niveau somme toute très élevé.

    A 2,06%, l'indice annuel d'accroissement moyen de la population, reconnaît M. Omar Kabbaj, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de l'Incitation de l'Economie, demeure assez haut même s'il se situe autour de la moyenne de celui des pays en développement pour l'année 1994 (1,9%). Si ce rythme se maintenait, la population marocaine doublerait alors tous les 35 ans. Ce qui nécessiterait également une croissance du P.I.B. dans la même proportion, ne serait-ce que pour préserver le niveau de vie actuel de la population. Les projections de l'évolution de la population indiquent que celle-ci continuera d'augmenter et ne devrait se stabiliser qu'aux alentours de l'an 2067. Dans les grandes villes, la pression démographique ne se relâche pas. Plus de la moitié de la population (51,4%) réside en milieu urbain. C'est une première, et sans doute l'un des principaux enseignements de ce recensement. Les citadins supplantent dorénavant les ruraux en nombre. Ceci laisse entrevoir l'accentuation des problèmes traditionnels en ville (demande supplémentaire en infrastructures de base, transports en commun, habitat, pression de demandeurs d'emploi, etc...)

    Avec 3,1 millions d'habitants, Casablanca demeure la cité la plus peuplée du Royaume en concentrant près de 12% de la population totale.

    En revanche, c'est la ville d'Agadir qui réalise le plus fort taux de croissance démographique (+3,7%). En 12 ans, sa population est passée de 581.284 à 898.855 habitants, soit un accroissement global de 54,6%. Les villes de Laâyoune, Rabat-Salé et Fès se distinguent également par l'accélération de leur croissance démographique avec des taux de variation globale respectifs de 44,1, 45,2 et 41%.

    Il est néanmoins intéressant de relever l'apparition d'un phénomène nouveau: les centres urbains moyens tendent à relayer les grandes agglomérations dans l'accueil des populations rurales qui émigrent vers les villes à la recherche d'un emploi. Ceci transparaît à travers le taux d'accroissement démographique moyen de Casablanca, jusqu'alors pôle d'attraction numéro un et destination de prédilection, qui se situe légèrement en dessous de la moyenne nationale (2%). Selon M. Omar Kabbaj, ceci serait attribuable au nouveau découpage administratif qui a entraîné dans son sillage l'éclosion de plusieurs villes moyennes qui, auparavant, étaient des communes rurales. Le nombre de ces villes moyennes a connu un essor considérable en l'espace de 12 ans; elles concentrent à elles seules près de 45% des citadins. A ce propos, il est à noter que le nombre des communes urbaines de 100.000 habitants est passé de 31 en 1982 à 110 en 1994 et pendant que celui des circonscriptions rurales de même importance se réduisait à une seule contre 9 en 1982.

    Par ailleurs, les premières données du recensement indiquent que l'accroissement moyen de la population en milieu urbain est supérieur au taux national; celui-ci se fixe à 3,60% annuellement, soit un écart de 1,54%. Ceci semble donc confirmer que les flux de migrants ruraux vers les villes sont loin de se tarir. Ils constituent au demeurant la composante essentielle de la croissance démographique en milieu urbain. Une enquête de 1987 révélait déjà que 271.000 personnes avaient quitté la campagne pour s'installer en ville au cours de cette année. Selon les prévisions, ce mouvement irait en s'amplifiant au cours des prochaines années.

    Il ressort également du recensement que la taille des ménages continue à baisser en milieu urbain. Un ménage citadin hébergeait en moyenne 5,32 personnes en 1994 contre 5,48 en 1982. En revanche, dans le milieu rural, la taille moyenne des ménages suit le sens inverse en passant à 6,59 individus en 1994 contre 6,36 en 1982. IL faudrait ici souligner l'incidence de l'extension de l'utilisation des méthodes de planning familial. En 1992, le taux de prévalence contraceptive atteignait respectivement 54,4% et 31,5% chez les femmes urbaines et rurales.

    A.S.

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