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Economie

R&D: Universités et entreprises s’ignorent

Par L'Economiste | Edition N°:2635 Le 22/10/2007 | Partager

. Absence de structures communes. Les entreprises ne font appel aux universités que dans 5% des cas. Les universités occultées par les chercheursLes universités devraient en principe être le berceau de la R&D. Dans les pays occidentaux, elles assurent une grande partie de la recherche et de l’innovation. Elles déposent des brevets et en tirent des revenus qui réalimentent leurs recherches. Au Maroc, ceci relève de l’inhabituel. Même si plusieurs s’adonnent à la recherche, souvent avec les moyens du bord, rares sont celles qui recourent à la protection par le système des brevets. Un système qui permettrait de protéger les inventions, de les rentabiliser et de diffuser des informations précieuses, sur lesquelles d’autres entités ou personnes pourraient se baser pour développer leurs recherches. D’après l’Ompic, la plupart des dépôts de brevets d’inventions du milieu universitaire sont le fait d’enseignants-chercheurs. Certains spécialistes dénoncent le comportement de ces derniers. «Ils entreprennent des recherches subventionnées par l’Etat, dans le cadre de l’université, mais au final, ils enregistrent les résultats en leur nom propre, et en tirent tous les bénéfices», disent-ils. «Même les entreprises adoptent cette stratégie pour échapper à l’impôt. C’est aussi pour cette raison que les principaux déposants nationaux des brevets sont des particuliers et non des personnes morales» ajoutent t-ils. Aussi une grande partie de ces enseignants-chercheurs se trouve dans un état de torpeur intellectuelle totale. «Il y en a beaucoup qui après leur thèse de doctorat n’ont produit aucune publication», s’indigne un professeur universitaire. Manque de motivation, ou manque d’intérêt? Une question à gratter! Mais il faut dire que beaucoup d’entre eux se plaignent du manque de valorisation de leur activité et du manque de reconnaissance de leurs efforts. Publier des articles ou des recherches ne change rien à leur carrière. Contrairement à d’autres pays, comme la France, où les publications d’articles ou d’ouvrages changent leur carrière du tout au tout. Les universités marocaines reçoivent des budgets annuels selon leurs tailles et leurs effectifs. En plus d’un budget de fonctionnement, elles peuvent recevoir des fonds pour leurs projets de nouvelles créations. Aucune mention n’est faite concernant un budget spécial pour la R&D. Les universités se chargent elles-mêmes d’y affecter une partie du montant général qui leur est accordé. Et là, il est difficile de savoir la part qu’elles y consacrent. D’un autre côté, personne ne leur demande des comptes. Parmi les universités les mieux dotées en termes de budget de fonctionnement, celle de Aïn Chock de Casablanca (près de 28 millions de DH en 2006), celle de Rabat Agdal (aux alentours de 27 millions de DH), celle de Fès (près de 26 millions de DH), celle de Marrakech (environ 23 millions de DH), et celle de Meknès (18 millions de DH). Par contre, un fonds spécial, annuel, d’environ 45 millions de DH, est réservé à leurs laboratoires, ainsi qu’aux centres de recherche. Il est dédié à la fourniture d’équipements, entretien et frais divers. Actuellement, les universités sont en pleine restructuration. Elles essayent d’adopter un nouveau management et un nouveau positionnement dans le contexte socio-économique, avec un statut plus autonome. Mais elles n’ont toujours pas de réelle dynamique avec le secteur privé en matière de R&D. Cela dit, certaines universités, à l’instar de l’université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès, commencent à créer des centres de services, avec des équipements lourds, qui vont servir de plate-forme de recherche, ouverte aux entreprises régionales. . Projets R&D: Non merci…Les entreprises au Maroc n’ont qu’un faible intérêt pour la R&D. Leur part dans son financement n’est que de près de 12%, soit près de 400 millions de DH. Le reste est financé par l’Etat (près de 85%), ainsi que par la coopération internationale (3%). Dans d’autres pays, la participation des entreprises est très importante. Comme celle de la France (54%) ou du Japon (73%).D’après une étude réalisée en 2005 par l’association R&D Maroc auprès de 283 unités industrielles, la faiblesse de l’engagement des entreprises dans des projets de R&D est dû à trois principales difficultés. Il s’agit du coût élevé de ces projets, du manque de compétences (et là on retrouve tout l’intérêt des partenariats avec les universités) et de l’absence de structures d’accompagnement et de soutien. L’étude a aussi révélé que les entreprises les plus dynamiques dans le domaine sont de taille moyenne, et oeuvrent en majorité dans le domaine du textile/cuir, l’agroalimentaire et l’électrique/électronique. Des entreprises qui sont obligées, par la force de la concurrence, à développer des atouts et à innover, que ce soit sur le plan du produit, des procédés ou de l’organisation. Pour la réalisation de leurs travaux, ces entreprises font appel à des sous-traitants (85% des cas) ou bien développent des cellules internes. Mais ne recourent aux universités qu’à hauteur de 5%. Pourquoi une telle distance vis-à-vis des universités? Cela serait le fait de l’inexistence de ponts de communication ou de mécanismes qui permettent d’établir des partenariats. «On ne peut pas demander aux entreprises et aux universités de coopérer sans qu’il y ait de mécanismes ou de plates-formes communes. Il faut d’abord les créer», indique Mohamed Smani, directeur de R&D Maroc. La perte liée au manque de coopération entre universités et entreprises est considérable. Les entreprises pourraient apporter l’argent, et les universités les compétences nécessaires. Comme cela est le cas dans beaucoup de pays. Encore faut-il qu’il y ait une réelle volonté étatique, accompagnée de mécanismes adéquats et d’un suivi permanent.


Beaucoup d’organismes et peu de résultats

L’activité de la R&D au Maroc est assurée principalement par le public. On compte 16 universités, dont une privée (Al Akhawayne), avec pas moins de 96 établissements d’enseignement supérieur et/ou de recherche scientifique, 61 établissements de formation des cadres, 13 établissements publics de recherche (dont l’INRA, le CNRST et l’INRH), et quelques établissements publics (dont l’Onep, l’Onhym, l’ONE, Maroc Telecom et Méditel). Toutefois, les moyens dont ils disposent ne sont pas toujours suffisants. Aussi leur reproche-t-on souvent la rareté de leurs publications et de leur demande de brevets. «Il existe beaucoup d’organismes et autant de chercheurs, mais nous n’en entendons jamais parler», disent certains. Il existe également quelques centres privés de R&D, comme le centre ST-Microélectronics, celui de Cerphos ou Reminex. Les entreprises privées ont pour leur part peut d’intérêt pour la R&D. Outre les coûts que cela engendre, elles déplorent le manque de mécanismes de soutien et d’accompagnement. Par ailleurs, on compte plus de 17.000 enseignants-chercheurs et chercheurs dans toutes les disciplines. D’après Mohamed Smani, le nombre de chercheurs dont dispose le Maroc est largement suffisant. «Nous disposons même de plus qu’il n’en faut, si nous arrivons à les mobiliser, les sensibiliser et les motiver», affirme-t-il. Ahlam NAZIH

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