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R&D: Comment Motorola colle à son marché
De notre envoyé spécial à Saclay, Mohamed BENABID

Par L'Economiste | Edition N°:1669 Le 24/12/2003 | Partager

. Le groupe de télécoms américain parie sur des centres de recherche à la pointe des technologies de demain. 330 dépôts de brevets pour la seule année 2002!. Visite guidéeBébé sourit: il voit apparaître le visage radieux de maman. Maman est bloquée dans un bouchon. Elle fait actionner à distance, via son GSM, un écran pour vérifier si tout se passe bien à la maison. Un clic sur un bouton et le nounours qui parle est enclenché. Nouveau clic et la ventilation est activée.Ce scénario peut paraître futuriste mais pas irréaliste pour les chercheurs de Motorola qui travaillent déjà sur ce que seront demain les attentes des consommateurs. C’est ce que les experts désignent sous le nom de nouveaux enjeux de la connectivité, c’est-à-dire pouvoir communiquer avec plusieurs personnes où qu’elles se trouvent, ou plusieurs appareils à la fois. La déclinaison savante de ces produits est moins évidente pour les béotiens. Au centre de recherche de Motorola, en tout cas, le jargon à la mode c’est: technologies au-delà de la 3G, nanotechnologies, réseaux personnels (PAN) et réseaux locaux (LAN)… Nous sommes à Saclay dans le département de l’Essonne. La sécurité est particulièrement renforcée. Ce n’est pas Fort Knox mais un contrôle d’identité rigoureux ainsi que des portes, accessibles par carte magnétique seulement (y compris pour aller aux toilettes!), semblent indiquer que des travaux hautement stratégiques sont menés dans cet endroit. A l’intérieur, des ingénieurs, dont beaucoup au visage d’adolescent, tenue décontractée: jean, pull… On se croirait dans une cour de lycée. Un semblant de nonchalance qui tranche avec la réputation dont jouissent les centres de recherche de Motorola dans le monde. Pour la seule année 2002, les Motorola labs (il y en a aux Etats-Unis, au Japon, en Chine, Australie, Grande-Bretagne, Allemagne et France) ont été à l’origine de 330 dépôts de brevets. Le centre de Saclay jouit tout de même d’un statut particulier. Le site multiplie les réussites depuis son inauguration en 1996: plus de 100 inventions et innovations, participation à 15 programmes de recherche européens et 4 RNRT, développement d’une nouvelle méthodologie pour évaluer l’interférence entre différents systèmes sans fil, développement de nouveaux algorithmes pour améliorer les performances des systèmes de communication 2G et 3G (GSM, UMTS).La R&D est un paramètre incontournable dans la stratégie du groupe de télécoms américain qui y consacre en moyenne 10% de son chiffre d’affaires (le groupe a réalisé un CA de 27,3 milliards de $ en 2002, soit près de 1,5 fois le PIB du Maroc)Le choix du site de Saclay n’est pas fortuit. L’île-de-France est réputée pour la qualité de ses ingénieurs et informaticiens. Saclay présente aussi l’avantage de la proximité par rapport aux grands clients (France Télécoms par exemple se trouve à quelques kilomètres seulement) et des universités. Les synergies développées avec les universités constituent d’ailleurs une des forces de frappe du centre de recherche, qui coopère aujourd’hui avec plus de 30 universités dans 8 pays et conduit des projets pluridisciplinaires, en participant à de nombreux programmes de recherche européens. Les travaux ciblent notamment les domaines de l’Internet sans fil et les communications radio large bande, mais le groupe américain parie surtout sur l’avenir de l’Internet: sa mobilité. Organisé en trois laboratoires à la pointe des technologies de demain, le CRM mène des programmes de recherche permettant de préparer Motorola aux ruptures technologiques en cours: réseaux locaux sans fil de type Wi-Fi, systèmes de communication mobiles au-delà de la 3G et Internet mobile.Mais attention, les préoccupations ne sont pas seulement d’ordre technique. Tous les brevets n’ont pas une issue commerciale. Et c’est sans doute Nicolas Demassieux, directeur du Centre européen de recherche en communication du groupe qui résume assez bien les enjeux: “Notre plus grand challenge est de faire des arbitrages entre la valeur ajoutée des inventions sur le plan économique et leur utilité pour leur consommateur”. Dans le secteur des télécoms, tous les ingénieurs vous le diront: il faut s’inscrire dans le bon business model. Ou en changer sans attendre. C’est aujourd’hui un peu plus vrai qu’avant, surtout pour un secteur qui commence à peine à reprendre des couleurs après la traversée du désert de l’après-bulle.

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