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Economie

Rapport sur le climat de l’investissement
Dur, dur de licencier

Par L'Economiste | Edition N°:2220 Le 23/02/2006 | Partager

. 1/3 des sondés voudraient renvoyer: trop compliqué!. Le coût au Maroc plus élevé que les pays voisins . Sous-traitance et informel pour contourner la rigidité de l’emploiPrès de 43% des effectifs permanents des entreprises marocaines sont sans qualification. Le constat est de la Banque mondiale dans son dernier rapport sur le climat de l’investissement (ICA)(1). Les travailleurs non qualifiés ne représentent en revanche que 28% du coût total des salaires. Pour comparaison, il est de 41,7% pour les qualifiés, 11,1% pour les cadres et 13,1% pour la direction. De même, le rapport montre que les salaires des non qualifiés ont baissé de près de 10% en quatre ans! Main-d’oeuvre non qualifiée et peu coûteuse, l’équation semble fonctionner puisque la proportion de ce type d’employé reste pratiquement la même quatre ans après la première enquête FACS (47,6% en 2000)! Comme il fallait s’y attendre, le coût de la main-d’oeuvre varie en fonction des régions et augmente fortement avec la taille de l’entreprise. En moyenne, il est beaucoup plus faible dans des régions comme Nador ou Settat par rapport à Rabat/Salé, Tanger, Fès et Casablanca, dans l’ordre. Le différentiel s’explique par les prix de l’immobilier et des locations qui exercent une pression sur les salaires. A noter que Casablanca occupe une position intermédiaire alors même qu’elle est la plus grande ville du pays. Le coût de la main-d’oeuvre y est inférieur de deux points à la moyenne du pays.Le faible taux d’encadrement des entreprises est également souligné dans l’enquête. A la tête des 587 sociétés sondées, il n’y a souvent qu’un seul membre ou une toute petite équipe. De même, l’encadrement moyen (cadres, agents de maîtrise) est plutôt infime: seulement 4%! Les raisons? Nombre de PME familiales sont dominées par un patron ou un petit groupe de décideurs et la difficulté à trouver du personnel suffisamment qualifié. Par ailleurs, et cela risque de faire grincer des dents des plus féministes: les femmes sont sous-représentées dans les postes de direction et d’encadrement mais sur-représentées dans les industries manufacturières (textile/confection) et dans la catégorie «personnel de soutien». La donne pourrait changer, puisque la proportion de femmes qualifiées augmente de manière significative entre les deux enquêtes... Les travailleurs temporaires, eux, sont presque exclusivement des ouvriers non qualifiés ainsi que des femmes. Pour cette catégorie, l’enquête ne fournit que des chiffres de 2002 et la situation a changé entre temps. Quant au renouvellement de la main-d’oeuvre, il n’est pas négligeable même si la rétention des travailleurs qualifiés n’est pas considérée comme un problème par la majorité des entreprises interrogées, indique le document. Seuls près de 10% d’entre elles disent rencontrer des difficultés à les retenir. Le nombre moyen de nouveaux recrutés par an s’élève à 16, et 13% des travailleurs permanents sont dans la structure depuis moins d’un an. En outre, moins d’une entreprise ICA sur cinq perçoit la législation du travail comme obstacle majeur à son développement. Les méthodes de recrutement se font, par ailleurs, essentiellement via les candidatures spontanées et 9% seulement passent par des annonces média. Paradoxe? 1/3 des sondés déclarent avoir du mal à recruter le personnel avec les atouts qu’ils réclament. Or, «il leur faut seulement 3,5 semaines en moyenne pour trouver un employé avec les qualifications requises». Pour en recruter un sans qualification en revanche, c’est beaucoup plus court: un peu plus d’une semaine!De même, 1/3 des entreprises déclarent avoir des difficultés à licencier. Le nombre d’employés remerciés est jugé faible: 3,2 en moyenne en 2000 et 1,4 en 2004. Un quart des sociétés affirment qu’elles auraient réduit leur effectif si les restrictions sur le renvoi avaient été levées. C’est que le coût du licenciement au Maroc est particulièrement élevé, indique le rapport, si on le compare à d’autre pays, et en particulier ceux du Maghreb. La rigidité de l’emploi au Maroc, c’est-à-dire la combinaison des indices sur la difficulté de recruter, de licencier et sur le temps de travail, est une des plus élevées des pays arabes et européens. Et cela se traduit par le recours massif à la sous-traitance. En effet, afin de tordre le cou à la rigidité de l’emploi, 1/3 des entreprises environ sous-traitent une partie de leur production. La sous-traitance est souvent utilisée pour contourner les restrictions au licenciement, disent les rapporteurs, et correspond à des besoins de qualifications spécifiques. Encore eux. La sous-traitance se manifeste aussi par un transfert d’activité vers le secteur informel, dénonce le rapport. Ce dernier est estimé à 36% du PIB, ce qui a fortement été décrié par les opérateurs lors de la présentation de l’enquête à Casablanca le 14 février 2006, l’assistance s’étant interrogée sur les moyens d’évaluation (www.leconomiste.com). Le niveau de l’informel est supérieur à la moyenne internationale calculée sur les 110 pays qui ont fait l’objet d’une étude de leur secteur.Céline PERROTEY------------------------------------------------------------------------------(1) Etude ICA (Investment climat assessment; 2004), menée conjointement par la Banque mondiale et le ministère de l’Industrie et du Commerce auprès de 587 entreprises en 2004. Elle fait suite à celle appelée FACS (Firm Assessment and competitiveness survey; 2000), qui s’appuyait, elle, sur les réponses de 859 firmes.

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