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    Economie

    Rapport de Bank Al-Maghrib:

    Par L'Economiste | Edition N°:804 Le 06/07/2000 | Partager

    La demande étrangère est devenue capitale• La croissance non agricole a été soutenue par l'extérieur:Exportation et tourisme• La manne du GSM n'a pas été utilisée au mieux 4• Les entreprises se punissent elles-mêmes de leur manque de transparenceAvec le nouveau Règne, la présentation du rapport de Bank Al-Maghrib, moment fort de la politique économique nationale, est revenue à son bon calendrier. Elle a même été cette année un peu en avance, puisque M. Seqat a été reçu par le Souverain, à Tanger, dès lundi et que la tradition admettait que cela se fasse dans la première semaine de juillet.Traditionnel aussi a été le large usage de formules diplomatiques pour envelopper les inquiétudes de la Banque centrale, qui se font jour sur une toile de fond financière où les clignotants sont largement au vert.La maîtrise de l'inflation et le niveau de maîtrise des équilibres fondamentaux, tant budgétaire qu'extérieur, sont autant de motifs de satisfaction. Le rapport de Bank Al-Maghrib pour l'exercice 1999 le souligne fortement.Quant aux mauvais résultats de la campagne agricole 1998- 1999, ayant lourdement pesé sur les résultats globaux du pays pour l'exercice 1999 et sur le début de cette année, le rapport les enregistre comme une donnée. Donnée qui fait re-culer la consommation, «surtout en milieu rural«. De même, cette «mauvaise conjoncture s'est traduite (...) par une aggravation du chômage«, souligne la lettre de présentation du gouverneur de Bank Al-Maghrib. Notons néanmoins que ce chômage a régressé au premier trimestre de l'an 2000, mais au prix d'une forte précarisation des emplois (Cf. L'Economiste du 20 juin 2000) et ce, avec un maintien du chômage des diplômés.La valeur ajoutée des secteurs non agricoles n'a pas été suffisante pour redresser la barre mais, annonce le rapport de Bank Al-Maghrib, les investissements sont en forte progression. La Banque centrale en attend «des perspectives de croissance plus élevée«. En faisant cette remarque sur les investissements, les autorités monétaires s'inscrivent en faux contre l'ambiance en vogue chez les banquiers durant l'année 1999 et au début de 2000. Ceux-ci se plaignaient fortement du manque de projets. Or, ce qui leur arrivait ne venait pas du manque de demandes mais c'était peut-être plus grave: ils ont failli être étouffés sous les excédents de liquidités à cause de la stratégie de désendettement du Trésor (voir ci-dessous). La Banque centrale met des gants diplomatiques pour critiquer le manque de compréhension des phénomènes de marchés dont a fait preuve le Ministère des Finances sur ce dossier.Elle en a pourtant tiré un avantage institutionnel. Puisque c'est elle qui a volé au secours du marché, elle a marqué son territoire de compétences: la politique monétaire, c'est elle et plus le Ministère des Finances. Naturellement, elle s'abstient de l'écrire noir sur blanc, mais le style même de la rédaction du rapport concernant les questions monétaires a pris une autorité et une fermeté qui n'étaient pas si fortes autrefois. Même s'il n'a pas été voulu de cette manière, ni aussi vite, il y a sans doute là franchissement de seuil pour la modernisation du système financier marocain . Inversement, le Ministère des Finances a abandonné, peut-être sans le vouloir, une petite partie des prérogatives dont il jouissait de fait en matière monétaire.Bank Al-Maghrib relève aussi la progression des exportations de biens et services de 8%, un point de plus que les importations. Même si cette remarque est rassurante dans le concert des critiques sur le comportement du commerce extérieur, elle n'est pas innocente: elle sert au passage d'argument supplémentaire contre la dévaluation du Dirham (voir ci-contre). La balance des biens et services comme la balance des opérations courante résistent à la surévaluation du DH face à l'Euro. La demande étrangère, soit par les marchés à l'ex-port, soit par le tourisme, a été le facteur principal de la croissance locale, souligne Bank Al-Maghrib. Elle apporte ainsi sa pierre en faveur de la globalisation, tout en soulignant qu'il est urgent que les stratégies économiques publiques et privées se mettent au niveau de cette globalisation.Ainsi la Banque centrale attribue-t-elle un mauvais point aux entreprises qui n'ont pas fait l'effort de transparence et qui se privent elles-mêmes des possibilités d'avoir des crédits à bon marché pour leur mise à niveau.Le rapport donne aussi un mauvais point, en termes beaucoup plus enveloppés que pour les entreprises, au gouvernement: si les rentrées de la licence GSM montrent la confiance des investisseurs étrangers, le Trésor n'a pas utilisé au mieux cette manne inespérée. Rappelons en effet que l'excédent devait aller à des projets capables de donner un retour sur investissement et devaient aussi se faire en joint-venture avec les entreprises privées et publiques. La liste des programmes à financer par le Fonds Hassan n, liste qui a été préparée par les administrations au moment de l'avènement de Mohammed VI, répond peu aux critères de rentabilité et pas au critère de joint-venture. La seule exception reste la recapitalisation de la société des Autoroutes du Maroc. En matière de politique publique d'investissement, la déception est donc très grande.N.S.Une sotte opération?RESULTAT d'une conversion de dette intempestive et très critiquée, la Banque centrale a dû voler au secours du système bancaire marocain (Cf. L'Economiste des 10 et 18 novembre 1999: (www.leconomiste.com): Banque Al-Maghrib a pendant 2 mois ramassé l'excès de liquidités du marché. C'est un phénomène historiquement très rare à cause de sa dangerosité et, semble-t-il, une première au Maroc.Fort de ses liquidités obtenues grâce au GSM, le Trésor (qui ne levait plus de fonds depuis plusieurs semaines) a entrepris de convertir ou de racheter une partie de ses dettes, y compris des dettes à court terme, qui ont donc été remboursées par anticipation.En conséquence, les taux interbancaires ont fortement chuté, signal d'une menace très forte sur les banques elles-mêmes.Bank Al-Maghrib a donc été obligée de venir à leur secours en ramassant une partie des excédents.Le coût de cette opération est de l'ordre de 120 millions de DH, estime-t-on dans les milieux financiers qui brocardent la politique du Ministère des Finances: le prix du sauvetage du marché vient en effet en déduction des dividendes que verse la Banque centrale au Trésor. Or, il n'est pas sûr que les économies réalisées avec le rachat de la dette arrivent à cette somme. Il est très difficile de le savoir exactement, compte tenu de l'opacité qui entoure la gestion financière du Ministère de l'Economie et des Finances.Deuxième conséquence de ce grave accident monétaire: le marché national est devenu incapable de faire des prévisions raisonnables sur les taux d'intérêt. Il se montre donc hésitant sur les produits à taux fixe. Le virus de l'hésitation a aussi contaminé les autres placements, comme ceux de la Bourse, laquelle n'avait vraiment pas besoin d'un facteur supplémentaire de désintérêt, fin 1999 et au premier semestre 2000.L'analyse s'est imposé que l'Etat est devenu capable de jouer frontalement contre l'intérêt national, même s'il ne l'a fait que par inadvertance (ou, pire, par «incompétence« comme le disent fort méchamment des financiers locaux et étrangers). Le Ministère des Finances s'est abstenu de faire connaître son point de vue sur l'opération de rachat, malgré les multiples demandes dont il a été saisi.Erreur stratégique plus renforcement de l'opacité, il n'en fallait pas plus pour que cette désastreuse conclusion soit tirée et le gouvernement encore une fois accusé d'entretenir le manque de visibilité.N.S.

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