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Société

Rapport annuel de Human Rights Watch
Petites bonnes: “A l’intérieur des maisons, mais en marge de la loi”

Par L'Economiste | Edition N°:2196 Le 19/01/2006 | Partager

. Un rapport de 60 pages dénonce ce drame vécu au quotidien Le Maroc est le champion du travail des mineurs dans la région Mena (Moyen-Orient et Afrique du Nord). Ce constat, relevé à maintes reprises par les ONG locales, n’a rien de nouveau. Mais cette fois-ci, il s’agit d’un travail de terrain, effectué par une ONG américaine Human Rights Watch (HRW), avec témoignages et recommandations à l’appui (voir également notre édition du 21/12/2005). Les résultats de l’enquête menée par Clarisa Bencomo, chercheur à la division des Droits de l’enfant auprès de HRW, viennent d’être rendus publics intégralement le 18 janvier. Parsemé de témoignages poignants, ce document de 60 pages brosse un sombre tableau sur la situation des enfants travailleurs, notamment des petites filles qui triment dans les foyers marocains. Intitulé “A la maison, en marge de la loi: le cas des enfants domestiques maltraités au Maroc” (inside the home, outside the law: abuse of child domestic workers in Morocco), le rapport n’est disponible pour le moment qu’en anglais (www.hrw.org).L’enquête, menée entre mai et novembre 2005 dans les villes de Casablanca, Rabat et Tanger, s’est basée notamment sur des interviews avec des enfants, des membres d’ONG locales ainsi que des instances gouvernementales. En l’absence de réglementation régissant ce type de travail, le phénomène des “petites bonnes” prend de l’ampleur, notamment à cause des intermédiaires (samsar), avides de gains faciles, constate le rapport. Quasiment vendues par leurs parents, ces petites filles, placées dans des familles dès l’âge de 4/5 ans parfois, se retrouvent victimes de toute sorte d’abus: maltraitance, violence, intimidation… Acculées à travailler jusqu’à 100 heures par semaine, elles doivent trimer sans rechigner. Dans leurs témoignages, les enfants qui travaillent ou ont travaillé comme domestiques décrivent des abus physiques et verbaux fréquents, refus d’éducation, de nourriture et de soins médicaux appropriés, et harcèlement sexuel de la part d’employeurs ou de membres de la famille de leurs employeurs. Certains domestiques ont dit que les employeurs les forçaient à travailler contre leur gré en les battant, en les enfermant ou en refusant de payer ceux qui voulaient abandonner.  Et comble de malheur, les travailleurs domestiques, exclus du code du travail, n’ont pas de recours contre ce genre d’abus, selon HRW. Les inspecteurs du travail ne peuvent violer l’intimité des foyers pour constater les violations de la loi. De même, l’isolation par rapport au milieu familial et leur jeune âge n’encouragent pas ces enfants à porter plainte. Seule lueur d’espoir: les récentes déclarations de Yasmina Baddou, secrétaire d’Etat chargée de la famille, de l’enfance et des personnes handicapées. Elle a effectivement annoncé, début janvier, que son département se penchait sur l’élaboration d’un projet de loi portant sur l’interdiction du travail domestique des enfants. Outre le volet légal, des actions de sensibilisation et de prévention seront également menées, selon la secrétaire d’Etat, qui n’a pas manqué de souligner que les données du rapport de HRW se réfèrent à des “recherches très limitées qui ne peuvent être généralisées”. HRW relève pour sa part le manque de coordination entre les différents départements gouvernementaux et les ONG spécialisées ainsi que le peu de ressources humaines et financières dédiées à l’enfance. Selon les statistiques citées dans le rapport, ce sont pas moins de 600.000 enfants âgés de 7 à 15 ans (soit 11% des enfants du même groupe d’âge), qui accèdent prématurément au marché du travail. L’ONG américaine met en cause la situation précaire des familles rurales dont ces filles sont souvent originaires. En effet, près de 19% des enfants ruraux, âgés de 7 à 15 ans, travaillent contre 3% des citadins de la même tranche d’âge. Douze parmi les quinze petites bonnes interviewées étaient d’origine rurale. Pauvreté, manque d’accès à l’éducation et distension des liens familiaux sont parmi les principaux facteurs incriminés. Le niveau d’instruction des parents et l’accès à l’eau et l’électricité sont également déterminants dans la décision d’envoyer sa progéniture en ville.


Les USA, des hypocrites!

L’organisation de défense des droits de l’homme, Human Rights Watch (HRW), a publié mercredi 18 janvier son 16e rapport annuel dans lequel elle dénonce notamment la politique des Etats-Unis et de certains de leurs alliés, accusés de prôner les droits de l’homme sans les respecter. Le rapport de plus de 500 pages se penche sur des questions liées aux droits de l’homme dans 68 pays. Il met toutefois particulièrement l’accent, dès son introduction, sur l’«hypocrisie» du discours des Etats-Unis. Pour l’ONG, dont le siège est à New York, «le recours à la torture et la défense (de celle-ci) par le gouvernement américain», ont joué un rôle très important dans la perte de crédibilité de ce pays en matière de promotion des droits de l’homme. En outre, «au cours de l’année 2005, il est devenu incontestable que les mauvais traitements infligés par les Etats-Unis à des prisonniers n’étaient pas le fait de quelques mauvais éléments en bas de l’échelle» hiérarchique. Parmi les alliés des Etats-Unis, la Grande-Bretagne est également critiquée, notamment pour son souhait de renvoyer des personnes soupçonnées de terrorisme dans des pays pratiquant la torture. Face à l’absence des Etats-Unis, l’UE n’a pas comblé le vide, estime encore HRW, qui attribue ce manque à la règle de l’unanimité des 25, à un processus de décision «opaque». Elle a en outre montré qu’elle privilégiait encore commerce et diplomatie discrète au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, selon l’organisation. Aziza EL AFFAS

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