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    Ramadan des Autres
    Egypte: L’indélébile empreinte des Fatimides

    Par L'Economiste | Edition N°:2371 Le 28/09/2006 | Partager

    A l’occasion du mois de Ramadan, L’Economiste publie une série d’articles sur cette période spéciale. Chaque jour, un pays est à l’honneur. Des mythes aux rites en passant par la spiritualité, l’animation et la cuisine… Un voyage ramadanesque. . «Al Fawaniss», une vieille tradition qui persiste. L’animation bat son plein à Khan Al Khalili. Ramadan, c’est d’abord le vieux CaireLE Caire ne cesse de cultiver les paradoxes. L’ancrage traditionnel y est tout aussi fort que l’ambition moderniste. Le mois sacré révèle en grandeur nature cette tendance ambivalente. Entre les quartiers résidentiels et le vieux Caire, il n’y a pas photo durant le mois sacré. Autant c’est le calme plat et le vide le jour et le soir à Zamalek, Al Mouhandissine et Al Maadi (quartiers huppés de nantis et d’expatriés), autant Khan Al Khalili et le vieux Caire grouillent d’une animation haute en couleur. Khan Al Khalili Khan, c’est aussi le grand souk du Caire, mondialement connu. En plein cœur du Caire islamique, il est délimité au sud par Al-Azhar, avec sa mosquée et celle de Al-Hussein, et au nord par la mosquée Al-Hakim.Incontournable pendant le mois sacré, le quartier mythique d’Al Khalili ne désemplit pratiquement pas de jour comme de nuit. . Les tables du MiséricordieuxL’animation monte d’un cran après la rupture du jeûne. C’est une nouvelle journée qui s’annonce, tant il y a d’éclairage et d’animation le soir. Les terrasses de ses cafés sont bondées de 21 heures jusqu’au… s’hour. Le célébressime Café Al Fishaoui reste l’un des lieux les plus réputés et les plus prisés de la capitale égyptienne pendant le mois sacré. Et pour cause: il tient lieu de cénacle pour artistes et autres intellectuels égyptiens. Feu Naguib Mahfouz, Prix Nobel, était l’un des habitués de l’établissement. Thè, café, limonades et sucreries y sont servis à volonté. L’incontournable chicha n’est pas en reste. D’ailleurs, cette tendance gagne de plus en plus du terrain en Egypte. «Depuis quelques années, c’est devenu à la mode, tout le monde en consomme dans les cafés, y compris des jeunes filles voilées», souligne Abir Saad Omar, une jeune cairote cadre en communication.Les animations, jeux de société, chants, joie de vivre et dégustations… font l’essentiel des activités nocturnes.Des tentes et des chapiteaux sont dressés dès les premiers jours du mois sacré dans les cafés et les hôtels. Elles commencent à vibrer à partir de 22 heures aux rythmes de chants folkloriques et orchestres. Il y en a pour toutes les bourses. Les Cairotes qui aiment faire la fête réservent leurs places dès les premiers jours du mois sacré. Dans les vieux quartiers du Caire (Al Harates) par exemple, l’ambiance est pratiquement la même. L’on installe de grandes lanternes (Al Fawaniss) pour la circonstance. La tradition veut que les enfants portent de petites lanternes et scandent en refrain: «Wahawy ya wahawy». Selon les responsables du service Information de l’ambassade d’Egypte, c’est une tradition, un rituel qui remonte à l’époque fatimide.Dans un autre registre, la spiritualité occupe une place importante au pays des pharaons. «C’est le mois où les fidèles essaient d’être le plus proches possible de Dieu et de l’islam», explique Nagwa Badrane, responsable de l’information auprès de l’ambassade d’Egypte à Rabat. Que ce soit au Caire, à Assouan, à Alexandrie ou encore à Assiout… les mosquées sont bondées le soir. A la mosquée Al Azhar, (à la fois mosquée et université coranique de réputation mondiale située au centre du Caire près du célèbre marché Khan el-Khalili), la ferveur atteint son summum. C’est l’une des plus anciennes mosquées (fondée en 970) et qui abrite l’Université du même nom (la plus ancienne université encore opérationnelle dont un centre coranique qui enseigne à quelque 20.000 étudiants dont 5.000 étrangers). Les fidèles s’y bousculent pour les tarawihs (prières du soir). Outre le recueillement, de multiples activités à caractère religieux sont organisées à la mosquée d’Al Azhar Al Charif. On l’appelle aussi «la Sorbonne de l’islam». Les centres culturels concoctent à leur tour des programmes spirituels pour la circonstance: débats, prêches, psalmodies, chant religieux, prières… Ce sont autant d’activités prisées aussi par les lieux de culte et les émissions de télévision.De leur côté, les nantis et autres notables, dont de nombreuses vedettes du cinéma et du théâtre, ont pris l’habitude depuis quelques années d’organiser des f’tours collectifs. Connue sous l’apellation Mawaid Arrahmane (n.d.l.r.: les tables du Miséricordieux), «cette opération est un gage de solidarité. Elle est organisée dans différents quartiers et consiste à préparer des milliers de f’tours pour les démunis ainsi que pour tous ceux qui ne peuvent être chez eux lors de la rupture du jeûne», exlique Nagwa Badrane. Selon elle, «cet élan de solidarité s’exporte bien. Il a gagné plusieurs pays musulmans ces dernières années». Et Badrane d’ajouter que la tradition en Egypte se caractérise aussi par les invitations durant le f’tour: «Il est rare de trouver une famille qui prend son f’tour sans inviter des proches, des voisins ou des nécessiteux». D’ailleurs, les visites deviennent nombreuses entre les familles durant la première et la dernière semaine du mois sacré.. Ragoût de fêvesAuprès des familles égyptiennes, le f’tour est un événement à part entière. Dîner et f’tour sont servis d’un seul coup. En sus des incontournables lait et dattes, la table de la rupture du jeûne comporte des jus, particulièrement «Kamar Al Dine»: un remontant à base d’abricots secs. Autre plat incontournable durant le f’tour, le «foul moudammass», un ragoût de fêves. Il en est de même pour la soupe. Les Egyptiens raffolent également d’ «el khochaf», mets traditionnel prisé lors du mois sacré. C’est une sorte de salade à base de fruits secs (pruneaux, noix, amandes, raisins, dattes…) avec un peu de sucre mélangé à de l’eau de rose. Il est souvent servi lors de la rupture du jeûne avec du jus d’orange.D’habitude, les Egyptiens évitent de manger le poisson durant le mois sacré. Après le f’tour et le dîner, cap sur les sucreries: «oum Ali» et «katayef». Mais en matière de dessert, les Cairotes préfèrent la «konafa» ou encore la «mahallabia» (flan). Après ces excès, le sohour est plutôt raisonnable. Il se réduit aux incontournables fêves, zabadi (yaourts) et fromages blancs.


    Mahfoud, l’enfant de Khan Al Khalili

    Naguib Mahfoud reste l’une des figures égyptiennes emblématiques qui ont mis sous les feux de la rampe le quartier de Khan Al Khalili. Décédé le 30 aût dernier, Mahfoud était l’intellectuel et écrivain égyptien contemporain le plus célèbre. Lauréat du prix Nobel de littérature en 1988, Mahfoud voit sa carrière littéraire se confondre largement avec l’histoire du roman moderne dans le monde arabe. L’écrivain reste l’un des rares égyptiens et arabes à approuver les accords de paix entre l’Égypte et Israël en 1979, tout en se déclarant totalement solidaire des Palestiniens. Une position qui lui vaut alors d’être boycotté dans de nombreux pays arabes. En 2001, il soutient, cette fois, un dramaturge égyptien exclu de l’Union des écrivains parce que favorable, lui aussi, à la normalisation avec Israël. Le prix Nobel qui lui est décerné le 13 octobre 1988 va bousculer sa routine de retraité, pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur: ce prix, le premier attribué à un écrivain arabe, lui donne accès au marché mondial (ses traductions se comptent aujourd’hui par centaines, dans plusieurs dizaines de langues). Dans un contexte d’affrontement violent entre le pouvoir et la fraction radicale de l’opposition islamiste, mais aussi de raidissement moral et religieux qui touche peu ou prou toutes les couches de la société égyptienne, la polémique autour de «Awlâd hâratinâ» refait surface et Naguib Mahfouz survit miraculeusement à une tentative d’assassinat à l’arme blanche en 1994, perpétrée par deux jeunes fanatiques islamistes membres de la Jama’a Al Islameya, qui ont reconnu au procès ne pas avoir lu une seule ligne de son œuvre. Dès lors paralysé de la main droite, Mahfoud cesse d’écrire, contraint de dicter ses textes. Croyant toujours au grand pouvoir de la littérature, il déclare au lendemain de l’agression : «L’écriture a beaucoup d’effets sur la culture et sur toutes les valeurs civilisationnelles».«Dans son dernier rapport «Doing Business», la Banque mondiale classe l’Egypte parmi les 12 Etats les plus réformateurs aux côtés du Vietnam, de la Roumanie et des Pays-Bas. Le rapport classe l’Egypte au 1er rang en matière de réforme du système douanier. Désormais, une société étrangère peut s’installer en 72 heures en Egypte. En revanche, le pays reste en proie à de grandes difficultés économiques. Autrefois essentiellement agraire, l’économie égyptienne tente désormais de se diversifier, allant vers des domaines comme le tourisme ou l’industrie. Les principaux partenaires économiques de l’Égypte (2004) sont les États-Unis, l’Union européenne, et le Japon. Les principales ressources économiques de l’Égypte sont le pétrole, les métaux, le tourisme, et l’agriculture (surtout le coton).Le pays des pharaons poursuit depuis quelques années une politique économique de libéralisation. L’objectif étant d’atteindre un taux de croissance de 6%, nécessaire pour absorber l’arrivée de 600.000 jeunes sur le marché du travail chaque année. Ce taux a été de 4,8% au cours de l’année fiscale allant de juillet 2004 à juin 2005 contre 4,1% l’année précédente. Le programme de privatisation a été enclenché, mais les retombées financières sont encore modestes: 806.000 euros. Au total, quelque 92 entreprises devraient être cédées le printemps dernier. D’autres lois sont en préparation pour améliorer les conditions d’investissement et l’environnement des entreprises. Sur le plan politique, le Parti national démocrate (PND) du Raïs domine le Parlement. Les élections législatives, organisées il y a quelques mois, ont confirmé la suprématie du parti présidentiel, mais elles ont aussi marqué une nette percée des Frères musulmans. Officielement interdite, mais tolérée, la confrérie des Frères musulmans avait présenté moins de 150 candidats sur les 450 postes à pourvoir. Elle a obtenu un taux de réussite impressionnant: puisque 88 ont été élus, soit plus d’un candidat sur deux.«Amin RBOUB

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