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    Politique Internationale

    Ramadan au fil des jours : Attention à l'érosion de la vigilance!

    Par L'Economiste | Edition N°:215 Le 01/02/1996 | Partager

    De nombreuses études se sont intéressées à l'influence du Ramadan sur la santé des jeûneurs. Dans de nombreux cas, des perturbations du fonctionnement de l'organisme ont été citées. Ces troubles sont davantage dus aux comportements des individus qu'à l'action du jeûne.

    Les enquêtes menées sur les conséquences médicales du jeûne du Ramadan sont rares et ne concordent pas toujours. En revanche, des études conviennent de l'impact que peuvent avoir certains comportements sur la santé du jeûneur. En effet, perturbée par le changement du nombre de repas, par leurs horaires et par leur qualité ainsi que par la réduction et l'interruption de la durée de sommeil, la santé des jeûneurs peut être altérée pendant ce mois. "La règle vaut aussi bien pour les bien-portants que pour les malades", estime le Pr F. Hakou, président de la Fondation Hassan II pour la Recherche Scientifique.

    Premier indice des effets du Ramadan sur la santé des bien-portants: la vigilance.

    Celle-ci se retrouve sensiblement diminuée si l'on tient compte de deux études effectuées en 1988 et 1989 respectivement par le service du Pr Hakkou et le Dr Fares. Les auteurs ont procédé principalement par tests de performance, moyens utilisés habituellement pour détecter les effets sédatifs (calmants) des médicaments. La première étude menée en 1988 a concerné un échantillon de 19 étudiants en bonne santé suivis la dernière semaine de Ramadan et un mois après le Ramadan.

    Les auteurs ont constaté une altération modérée des fonctions psychomotrices -vigilance et mémoire- et une altération plus marquée de la mémoire à la fin du Ramadan. La seconde étude a porté sur 46 employés en bonne santé d'une usine pétrochimique. Dans ce cas, une diminution significative de la vigilance la première semaine du Ramadan et une disparition des troubles la quatrième semaine ont été observées.

    Autre étude menée chez les bien-portants, celle initiée en 1991 par le service du Pr Hakkou sur "la survenue de symptômes digestifs pendant le Ramadan". L'étude a été menée à Casablanca auprès d'un échantillon représentatif de 1.923 individus suivis avant et après le Ramadan. Vers la fin du mois du jeûne, il s'était avéré que plus de 10 des jeûneurs présentaient des troubles digestifs qui vont du pyrosis aux régurgitations, aigreurs, brûleurs épigastriques, nausées, vomissements, ballonnements et sensations de plénitude. Comme recommandations, les enquêteurs préconisaient des "règles hygiéno-diététiques pendant le Ramadan, à savoir des repas espacés, équilibrés sans excès de graisse ou de sucre et contenant des légumes, des fruits et un apport hydrique suffisant".

    Les malades et le jeûne

    L'Islam prévoit l'exemption du jeûne pour les malades. Toutefois, certains d'entre eux persistent à jeûner avec tout ce que cela suppose comme conséquences sur leur santé. Premiers concernés, les diabétiques. Un colloque international de consensus, organisé par la FRSMR au mois de janvier 1995, avait été entièrement consacré à ce sujet. Chez les diabétiques insulino-dépendants, les avis étaient unanimes. En raison des risques de complications qui planent sur ces malades, le jeûne leur est déconseillé.

    En revanche, pour le diabète non insulino-dépendant, le consensus a estimé qu'il leur était possible de jeûner, obèses ou de poids normal, traités par le régime seul ou qui est associé à des médicaments et indemnes de toute affection intercurrente ou complication dégénérative.

    Autre type de malade concerné par l'exemption de jeûne: l'ulcéreux gastro-duodénal.

    L'enquête, qui a porté, entre autres, sur ce type de pathologie, est celle du Dr Hamdaoui. L'enquête, réalisée en 1989 auprès de 50 ulcéreux et 27 praticiens marocains, a montré que la moitié des ulcéreux ne pratiquaient pas le jeûne alors que l'autre moitié jeûnait de façon régulière ou de façon irrégulière contre l'avis de leur médecin. Chez ceux qui jeûnaient, des vomissements et des nausées ont été signalés dans 78% des cas et des douleurs atypiques dans 28% des cas.

    Enfin, l'incidence du Ramadan sur la santé de la femme enceinte ou allaitante a également fait l'objet de certaines investigations. Une des études qui a porté sur le sujet est "La pratique du jeûne de Ramadan par la femme enceinte: influence sur le nouveau-né". L'étude a été présentée en 1994 à l'occasion du premier congrès international sur la Santé et le Ramadan. Les auteurs de l'enquête, le Dr Tazi et le Pr Hakou, ont choisi un échantillon de 250 femmes enceintes appartenant à 5 groupes de 50 chacun. Quatre groupes ont pratiqué le jeûne du Ramadan respectivement lors des 6ème, 7ème, 8ème et 9ème mois de grossesse. Le cinquième groupe, composé de femmes qui n'ont volontairement pas jeûné, a servi de groupe-témoin. Lorsque le jeûne s'est déroulé durant les 8ème et 9ème mois, les complications néonatales ont été plus importantes.

    M.B.

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